Trousseau

Trousseau : Le trousseau est un cépage noir cultivé en France et au Portugal où il est connu sous le nom de Bastardo.
Ce cépage originaire du Jura, est d’après les analyses génétiques réalisées à Montpellier, probablement un descendant du Savagnin. Selon Guy Lavignac, de nombreux échanges de cépages ont eu lieu au cours du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. On en trouve quelques parcelles en Galice où il est nommé Bastardo, Merenzano ou María Ordoña. Les vignobles du Jura et de porto sont aux antipodes de cette route.

Sa présence est attestée en Franche-Comté dès 1731.
En France, il est cultivé quasi exclusivement dans le vignoble du Jura.
En Galice on en trouve quelques rares parcelles.
Ce cépage est utilisé au Portugal dans l’élaboration du porto et du madère.
Il se développe aussi en Australie méridionale où son moût est vinifié en vin de dessert.

Le Trousseau Gris est une mutation rose, que l’on retrouve occasionnellement dans le Jura et assez répandue en Californie sous le nom de « Riesling Gris ».
Le terme « trousseau » proviendrait de l’aspect « troussé » ou ramassé de son raisin. Quelques vignerons facétieux lui trouvent une toute autre origine en disant qu’il donne un vin de garde que l’on conservait autrefois pour financer le « trousseau » des filles à marier.
– Caractères ampélographiques : L’extrémité du jeune rameau est cotonneuse. Les feuilles adultes sont orbiculaires, à cinq lobes, sinus pétiolaire peu ouvert ou à bords légèrement chevauchants, des sinus latéraux profonds, des dents courtes à profil convexes, un limbe tourmenté un peu gaufré et plissé près du point pétiolaire.
Les grappes sont petites et les baies de taille moyenne et de forme légèrement elliptiques.
C’est un cépage assez précoce et exigeant. Il requiert des sols graveleux assez chauds ou des marnes peu profondes et a besoin davantage de soleil que les autres cépages jurassiens.
Sensibilité aux maladies : Il est assez sensible aux maladies cryptogamiques, en particulier à la pourriture grise. (Botrytis cinerea).

Si on se penche sur son ADN, le trousseau ne serait pas totalement comtois mais le fruit d’un croisement entre le très gaillacois duras (dans le Gers) et le petit verdot du bordelais (d’autres disent qu’il serait probablement un descendant du savagnin). Il serait donc né quelque part dans le sud-ouest sans doute au moment du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle pour gagner ensuite le Jura où il a pour capitale Montigny-lès-Arsures (qui organise tous les 2 ans, fin août, la fête du trousseau)  et… la région de Porto (On le surnomme bastardo au Portugal. Il est connu pour entrer dans la composition du Porto et dans certains assemblages de Dao, province de Beira Alta, au centre du Portugal).
Il est souvent associé au Poulsard et au Pinot noir dans les appellations Côtes du Jura et Arbois. Il donne des vins à robe rubis, corsés, charpentés et chaleureux, qui se distinguent au nez par des notes de fruits rouges mais de couleur peu soutenue si les rendements sont élevés. Le potentiel d’accumulation des sucres de ce cépage est élevé. Ces vins ont souvent une longueur en bouche étonnante. On peut conserver certaines bouteilles plus de dix ans. Montigny-lès-Arsures détient le titre de capitale du Trousseau et le fête chaque année fin juillet.

Au Portugal, il entre dans l’assemblage des vins de porto et du Madère.
Le trousseau est connu sous le nom de bastardinho, bastardo (au Portugal), bastardo dos Frados, bolonio, capbreton rouge, chauche noir, cruchenton rouge, donzelino de Castille, gros cabernet, malvoisie noire, Maria Ardoña, brancellao, merenzao et maturana tinta (en Espagne), merenzao, pardinho, pinot gris de Rio Negro (en Argentine), sémillon rouge, tresseau, tressot, triffault, troussé, trousseau noir, troussot, trusseau.