Thé vert – Intérêt du thé vert pour la santé

Intérêt du thé vert pour la santé : Les propriétés du thé vert sont multiples : riche en tanins, ce sont ces polyphénols antioxydants qui donnent au thé son arôme et son goût amer particulier. Le thé vert contient également de la vitamine C. Mais ce qui démarque le thé vert des autres, c’est qu’il contient une catéchine nommée épigallocatéchine EPGC ou encore épigallocatéchine-3-gallate (EGCG). L’EPGC possède des propriétés bien plus puissantes que celles d’un simple antioxydant. Le thé vert (vert car non fermenté) contient dix fois plus d’EPGC que le thé noir et 2,5 fois plus que le thé Oolong (type de thé à oxydation incomplète).
Quant au taux de caféine, il est semblable à celui du thé noir soit 20-90 mg par tasse mais ses effets excitants sont atténués par la présence des tanins. Le thé contient également de la théanine, un acide aminé analogue au glutamate, qui a un effet apaisant qui inhibe l’effet hypertenseur de la caféine. Il est reconnu comme un des composés responsables du goût umami et de la réduction de leur amertume. L’activité de la théanine sur le cerveau a montré une réduction du stress mental et physique, un effet relaxant et augmente la production du rythme alpha dans le cerveau.
Le thé vert est inscrit à la Pharmacopée française 11ème édition où il est défini comme : « Feuille, jeune, non fermentée, soumise à une dessiccation rapide à chaud, de Camellia sinensis L. Kuntze et ses variétés cultivées. Teneur : au minimum 2,0 pour cent de caféine (C8H10N4O2, Mr 194,2) (drogue desséchée). »
L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) donne la composition suivante pour le thé vert : jusqu’à 20 % de composés phénoliques, soit environ 400 mg (de polyphénols totaux) dans une tasse de thé vert :
– acides phénols (acide caféique, acide chlorogénique) ;
– des tanins « galliques » (esters du glucose et de l’acide gallique) ;
-des flavonols (O-hétérosides et C-hétérosides) ;
– principalement dans ce groupe de composés phénoliques, des composés flavaniques : 5-12 % de EGCG [[[Gallate d’épigallocatéchine|gallate du (-)-épigallocatéchol]]] ; 1-5 % de ECG [gallate du (-)-épicatéchol], et le 3,5 digallate des mêmes, 0,2-2 % de EC [(-)-épicatéchol], du (+)-galocatéchol et du (+)-catéchol ;
– des proanthocyanidols : gallates et digallates de prodelphinidols, de procyanidols, des théasinensines ;
– et des formes dimériques, les assamicaïnes ;
– des protéines (15-20 %), des acides aminés (3 % dont surtout l’éthylamide de l’acide glutamique, dénommé théanine) ;
– des glucides (5 %) et des polysaccharides (13 %) ;
– des saponines triterpéniques ou théasaponines, très solubles dans l’eau (et dans les premiers infusats) et donc susceptibles de modifier la disponibilité d’autres composants ;
– de l’acide ascorbique, des vitamines du groupe B ;
– 2 à 4 % de bases puriques (constituant majoritaire : la caféine) ;
– des hétérosides d’alcools aromatiques, aliphatiques et terpéniques, odorants et libérés lors de l’infusion ;
– des matières minérales, dont des fluorures (130 à 160 mg/kg).

Réduction du stress : Des travaux menés par une équipe japonaise suggèrent que les consommateurs de thé vert ont un niveau de stress moins élevé. Atsushi Hozawa et ses collègues de l’université de Tohoku ont suivi plus de 42 000 Japonais dont plus de 2 774 souffraient de stress psychologique.
En regardant de plus près leur consommation de thé vert, les chercheurs se sont aperçus que ceux qui en buvaient entre cinq tasses et plus par jour avaient 20 % de risque en moins de souffrir de stress par rapport à ceux qui en buvaient moins de deux tasses par jour (attention, au Japon, une tasse de thé vert fait 100ml et est réalisée par une infusion d’en moyenne 1 minute de 5 grammes de thé vert japonais, type Sencha par exemple).
À noter que dans cette étude, les personnes qui consomment le plus de thé vert ont également un risque de pneumonie diminué de 47 % et de cancer du sang de 42 %.Enfin, une autre analyse ayant porté sur des sujets de plus de 70 ans, montre une diminution de 44 % du risque de dépression modérée chez les amateurs de thé vert à hauteur de quatre tasses par jour.
Attention cependant, comme dans beaucoup d’études, il ne s’agit là que de corrélations, aucun rapport de cause à effet n’ayant été démontré. Par exemple, il est possible que les consommateurs de thé vert aient un mode de vie différent qui impactent ces résultats, et rien ne permet de savoir ce qui est dû au thé vert ou au mode de vie de buveur de thé.
Maladies cardiovasculaires : Le thé vert contient un certain nombre de polyphénols, dont l’abondance peut atteindre 20 % de la matière sèche, jouant le rôle d’antioxydant. Plusieurs études semblent démontrer une certaine efficacité de sa consommation dans la diminution du risque de contracter une maladie cardiovasculaire. Il diminuerait également le taux de cholestérol sanguin. Ces antioxydants pourraient être cependant neutralisés par la caséine présente dans le lait.
Cancers : Son rôle dans la prévention des cancers est beaucoup plus controversé. Les cultures cellulaires et les modèles animaux montrent que l’épigallocatéchine-3-gallate (EGCG), le principal polyphénol présent dans le thé vert, possède une puissante activité anti-inflammatoire et antiproliférative capable d’inhiber sélectivement la croissance cellulaire et d’induire l’apoptose dans les cellules cancéreuses sans affecter les cellules normales. Ce seraient les propriétés pro-oxydantes des dérivés galliques du thé vert, en particulier de l’EGCG, responsables à certaines doses de leur hépatotoxicité, mais aussi pro-oxydants sur des lignées cancéreuses qui auraient fait attribuer au thé vert des propriétés anticancéreuses, antiradicalaires, mais uniquement sur la base d’extrapolation d’effets observés in vitro. Par contre, l’efficacité réelle est loin d’être prouvée chez l’être humain, même s’il est largement utilisé dans cette indication (notamment dans la prévention du cancer du sein au Canada).
Une étude présentée le 11 janvier 2010 lors d’une conférence parrainée par l’American Association for Cancer Research (AACR) et l’International Association for the Study of Lung Cancer (IASLC) tendrait à démontrer que le thé vert, dans une certaine mesure, protégerait les fumeurs du cancer des poumons. Le Dr Lin Hsin-I, de Chung Shan Medical University à Taïwan, et ses collègues ont recruté 170 personnes souffrant de cancer du poumon et 340 patients sains comme témoins. Les participants ont rempli des questionnaires concernant leurs habitudes de vie : le nombre de cigarettes fumées par jour, le nombre de tasses de thé vert consommées par jour, leur apport alimentaire en fruits et de légumes, les modes de cuisson et les antécédents familiaux de cancer du poumon. Les résultats montrent que les fumeurs et les non-fumeurs qui ne boivent pas de thé vert sont cinq fois plus susceptibles de développer un cancer du poumon que ceux qui boivent au moins une tasse de thé vert par jour. Les fumeurs qui ne boivent pas de thé vert sont douze fois plus susceptibles d’être diagnostiqués d’un cancer du poumon que ceux qui boivent au moins une tasse de thé vert par jour.
Maladies neuro-dégénératives : Après 70 ans, les buveurs de thé vert, riche en catéchines, ont de meilleures capacités cérébrales que les buveurs de café ou de thé noir et sont « une cible moins fragile pour les maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson ». La consommation de thé réduirait le risque d’être atteint de démence et d’autres maladies neuro-dégénératives comme le Parkinson et l’Alzheimer.
Maladies ophtalmiques : Récemment, des chercheurs de l’université chinoise de Hong Kong ont rapporté un autre avantage du thé vert pour la santé : il protégerait contre les maladies oculaires courantes, comme le glaucome.
Si la recherche avait découvert que les catéchines étaient absorbées par le système gastro-intestinal, il apparaîtrait, selon cette étude, qu’elles sont aussi absorbées par les tissus de l’œil. D’autres études seront nécessaires pour confirmer l’effet protecteur chez les humains.
Pour leur étude, Chi Pui Pang et ses collègues ont administré des extraits de thé vert à des rats de laboratoire, ils ont ensuite analysé leur tissu oculaire. Les chercheurs ont constaté que les différentes parties de l’œil absorbaient des quantités variables de catéchines, des antioxydants supposés prévenir les dommages causés par l’oxydation. La rétine, la partie de l’œil responsable de la détection de la lumière, a affiché la plus forte concentration d’antioxydants, alors que le minimum a été retrouvé dans la cornée, la couche extérieure de l’œil.
L’effet antioxydant a duré jusqu’à 20 heures après la consommation d’extrait de thé vert. « Nos résultats indiquent que la consommation de thé vert pourrait agir positivement sur l’œil contre le stress oxydatif », concluent les auteurs. Le stress oxydatif entraîne des maladies de la rétine comme le glaucome et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Toxicité potentielle du thé vert : Malgré les propriétés bénéfiques du thé vert, des études ont confirmé qu’à des doses excédant la DJA, les catéchols, et principalement l’EGCG (épigallocatéchine-3-gallate) sont hépatotoxiques. Cette DJA a été établie par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) en 2009 à 0,5/mg/kg/j pour l’EGCG.
À noter que cette valeur pourrait être dépassée avec une seule infusette de thé vert et, a fortiori, avec des extraits. En effet, des teneurs de 398 à 1 127 mg/l de catéchols totaux dont 117 à 442 mg/l d’EGCG ont été mesurées dans des infusions de thé vert.
Néanmoins, chez l’Homme, les quelques études épidémiologiques ne rapportent pas d’effet indésirable notable.
Quelques cas d’effets graves ont été rapportés parmi les gros consommateurs de préparations à base de thé vert. Les effets jugés les plus graves sont les effets hépatiques. Certaines préparations ou compléments alimentaires à base de thé vert, ont dû être retirés du marché à la suite de telles notifications.
Si l’implication des catéchols et plus particulièrement de l’EGCG semble avérée dans la toxicité d’extraits de thé vert in vitro, celle-ci n’est pas forcément directe et le mécanisme en est mal compris. L’influence du jeûne sur les concentrations plasmatiques des diverses catéchines est montrée de manière très significative chez le chien et trouve également une répercussion chez le consommateur de thé vert. En cas de prise à jeun de l’EGCG, les concentrations maximales peuvent être augmentées d’un facteur 5 par rapport à une même dose absorbée en présence d’aliments. Le jeûne augmentant ainsi potentiellement sa toxicité, la pratique de cures d’amaigrissement associant la consommation répétée de thé vert ou de ses extraits à un régime restrictif, semble à déconseiller.
Le thé vert est beaucoup plus riche en catéchols (13 %) que le thé noir qui, après fermentation, n’en renferme que 2 %. Le thé noir ne présente donc pas le même risque hépatotoxique que le thé vert.