Tannat

Tannat : Le tannat N est un cépage noir de raisin de cuve. Ce cépage noir est probablement issu du Béarn. D’après Guy Lavignac, il appartient à la famille des cotoïdes (Cot, Négrette…) qui est présente dans le sud-ouest depuis les Romains, peut-être même avant. En 1783-17842, il est mentionné dans le Gers par l’intendant de Guyenne Dupré de St-Maur comme récemment cultivé et correspondant mieux aux labours et d’un meilleur rapport. En 18412, des plants de tannat sont expédiés pour la collection du Jardin des plantes de Paris.
Il est présent sur plus de 3000 ha dans plusieurs vignoble: Madiran, Cahors, Floc de Gascogne, Côtes du Brulhois, Irouléguy, Tursan, Côtes de Saint-Mont…
Il est plus cultivé en Argentine et en Uruguay que dans le Sud-Ouest de la France. Il y est arrivé au XIXe siècle, et il s’y nomme Harriague. (du nom de Pascual Harriague qui l’a amené du Pays basque en 1870). Il est aussi cultivé au Brésil.
Cep de tannat, près de Marciac, dans le Gers. Le terme Tannat vient de la langue d’oc Tanat, de tan tanin, c’est-à-dire « tanné », ce qui s’explique soit par sa richesse en tannin, soit par la couleur violacée des baies, soit encore par l’aspect basané du feuillage.

Cépage tannat

Tannat

Tannat  : Le tannat est un cépage noir emblématique du Madiran * en association avec le cabernet franc et le fer-sirvadou. Il est par excellence un cépage typiquement gascon (du piedmont pyrénéen). Son nom d’ailleurs vient de la langue d’oc signifiant tanné, un terme parfaitement adapté à la vue de son extraordinaire richesse en tannin, de la couleur violacée de ses baies ou encore de l’aspect basané de son feuillage.

* Mais aussi des vins de Béarn, Cahors, Côtes du Brulhois, Irouléguy, Tursan, Saint-Mont.

Le tannat est un cépage vigoureux, tardif et productif. Il aime les sols graveleux et sableux. Il est conduit habituellement en hautains et en taille longue. On lui prête une sensibilité aux acariens et aux cicadelles ainsi qu’à la pourriture grise. Ses grappes sont grosses alors que ses baies bleues-noires à peau épaisse, sont petites à moyennes. Il donne des vins colorés, très tanniques, nerveux, astringent (avec une acidité dure, voire agressive). En contrepartie, le tannat permet d’élaborer des vins rouges fruités (framboise), puissants, charpentés et aptes au vieillissement (indispensable !) qu’il convient souvent d’assembler avec notamment le merlot pour réussir à le dompter et l’assouplir. A boire à partir de 5 à 10 ans d’âge. Faut-il sans doute rajouter à ses nombreuses qualités que sa richesse en tannins confère à ses vins des propriétés anti-oxydantes reconnues contre les maladies cardio-vasculaires.
Là où il s’exprime le mieux est le Madiran. Il représente dans cette appellation du sud-ouest, de 40 à 60 % de l’encépagement dont il en fait toute l’originalité. C’est à ce point que des 100% tannat sont mêmes tolérés pour les grands crus destinés au vieillissement en barriques. Un comble quand on sait qu’il fut quelque peu méprisé au moment de la création de l’AOC ; en cause, sa rusticité ! Aujourd’hui grâce aux progrès de la viticulture et de l’œnologie, au travail de certins viticulteurs, le tannat a gagné partout  ses lettres de noblesse. Il représentait en 2011 près de 3000 ha.

Durant la décennie 80, Alain Brumont fût le premier vigneron en France à imposer ses cépages locaux dans la cours des grands et notamment le tannat. Il sut l’amadouer en le ramassant à maturité et en disciplinant ses tannins par un élevage judicieux en fût. Grâce au tannat le mal aimé d’hier, cépage aujourd’hui star un peu partout dans le monde, Alain Brumont, propriétaire du château Bouscassé (passé de 17 à 112 ha) et du château Montus (quasi à l’abandon lors de son achat, il s’étend maintenant sur 106 ha) est devenu le roi du Madiran. Il est à la tête, avec 335 ha, de 90 % des meilleurs terroirs de l’appellation. Il restera dans l’histoire comme ce vigneron génial qui a su redécouvrir le tannat tout en conférant à l’appellation Madiran son rang de très grand vin.

Alors que la France grâce au Madiran redécouvre le tannat, il est à l’autre bout du monde, le cépage national de l’Uruguay, avec une production supérieure à celle de la France. Son introduction en Uruguay date des années 1870 par des immigrants Basques dont Pascual Harriague d’où son nom là-bas d’harriague. A croire que ce sol volcanique au sud du Brésil et le climat très clément, notamment les brises maritimes, lui conviennent parfaitement.