Les Îles Samoa

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Lagon aux îles Samoa

Les Îles Samoa : Bien souvent, seuls les amoureux de l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson (1850-1894) connaissent les îles Samoa. C’est là, dans un décor d’une invraisemblable prodigalité tropicale, entre plages coralliennes et vieux volcans, chutes d’eau et lagons peuplés de tortues, que l’auteur de l’Île au Trésor (1883) est venu finir ses jours. Sa tombe, régulièrement entretenue, coiffe une montagne dominant Apia, la capitale, et l’océan qui la prolonge.
Sans doute l’archipel et l’homme étaient-ils faits pour s’entendre. Quel trésor, en effet, que ces terres riches recouvertes d’une profusion de cocotiers, de pandanus et de corpulents ma trees (*), flottant en plein Pacifique Sud, dans les brumes des mythes. Les Samoa, c’est un peu le rêve éternel de l’île vierge et généreuse – à cela près que les deux grandes Samoa Occidentales et leur cortège d’îlots sont bien habités.
(*) Ma trees : les ma trees sont des arbres très étonnants de la forêt tropicale des îles Samoa, présentant une sorte de mur fait de structures racinaires qui semblent s’évaporer du tronc principal.

Les Samoans ne sont pas riches mais, si on leur en fait la remarque, ils n’hésitent pas à affirmer qu’ils possèdent bien assez. Rare sagesse. L’important, aux Samoa, est d’avoir une famille et les terres qui vont avec. Ses fruits, son taro, ses cocos produisent, semble-t-il, de quoi aborder l’avenir avec sérénité.
Pour le reste, il y a le rugby, l’église et le fa’a samoa, la sacro-sainte coutume. Elle découle d’une tradition vieille de 3 000 ans, issue des premiers navigateurs qui abordèrent ces rivages avant d’en faire l’épicentre politique et culturel du monde polynésien.

La cuisine aux Samoa : Aux Samoa comme presque partout ailleurs, le repas est une des pierres angulaires de la vie sociale, qui réunit les familles au sens large. Une tradition s’impose ici d’emblée : le umu. Commun à toute l’aire polynésienne, ce festin est, dans beaucoup d’archipels, préparé dans un « four » creusé à même le sol où sont disposées des pierres chaudes. Ici, c’est un peu différent : les pierres sont chauffées à blanc dans un foyer, les braises et les cendres retirées, la nourriture disposée dessus, recouverte d’autres pierres brûlantes, puis de deux couches de feuilles de bananiers et enfin de nattes mouillées. Le but : enfermer la chaleur pour que porc, poulet, poissons et poulpe nappés de crème de coco, bananes plantains et taro cuisent à l’étouffée.
La plupart des hôtels touristiques de l’archipel organisent au moins une fois par semaine un fiafia (soirée traditionnelle avec danses) avec umu.

Parmi les autre spécialités samoanes, il faut mentionner les incontournables palusami (jeunes feuilles de taro à la crème de coco) et oka (poisson cru à la crème de coco), le poulet grillé, la viande au barbecue et, classique qui ne plaira pas à tous, le lupulu : du corned-beef aux feuilles du taro (depuis la Seconde Guerre mondiale, les Polynésiens adorent le corned-beef
Les feuilles du taro évoquent assez les épinards, mais son tubercule prend, à la cuisson, un goût de colle assez bizarre. On mange aussi de l’igname, de la citrouille et des pommes de terre… le plus souvent aussi préparés avec de la crème de coco. Le fruit de l’arbre à pain est proposé juste grillé puis pelé.

Aux étals du marché aux poissons, on trouve du masimasi (mahimahi ou dorade coryphène), du thon jaune (thon albacore), de la bonite, du barracuda, du vivaneau (red snapper), du poisson-perroquet, du poisson-licorne, des grosses tranches d’espadon ou de thazard noir (wahoo, nom scientifique :  Acanthocybium solandri) préemballées, etc.
Tout cela se retrouve naturellement dans les assiettes des restaurant, le plus souvent grillé ou… en crème de coco.

Le marché aux fruits et légumes, l’endroit parfait pour faire réserve de mangues, papayes, bananes, ananas, caramboles, corossols et cocos présentés sur les étals ou dans des paniers en palmes tressées (en un tour de main).
Pour ceux qui voudraient un « vrai » dessert samoan, il y a le pudding, les panipopo (petits-pains au coco), panikeke (beignets ronds), masi samoa (gros biscuits au beurre et… coco) et autres paifala (sortes de chaussons fourrés à la crème ou à l’ananas).

Les boissons samoanes : Souvenir du temps où les Samoa furent une colonie allemande, l’archipel possède deux brasseries : Vailima, la plus ancienne et appréciée, et la Taula.
Note : l’alcool est interdit de vente le dimanche en dehors des hôtels, restaurants et bars. Ces derniers ferment leurs portes à minuit au plus tard.

Le 'Ava, boisson de Dieu

La boisson ‘Ava, que l’on connait davantage sous le nom de kava : une légende polynésienne évoque l’apparition de cette boisson couleur de terre, servie au premier homme par le Créateur lui-même. Symbole de respect, de sociabilité, de communion avec les autres, le ‘ava est indissociable du fa’a samoa, qui est le le mode de vie sociopolitique, traditionnel et coutumier de la culture samoane : on le consomme encore de manière rituelle lors des réunions publiques entre matai (chefs), à l’occasion des cérémonies politiques nationales, des rencontres religieuses, ou lors de la visite d’un dignitaire par exemple.
L’étiquette est essentielle : non pas celle sur la bouteille, mais l’ordre dans lequel le breuvage est servi, qui doit refléter le statut social de chacun.
Le ‘ava est tiré d’une espèce locale de poivrier (nom botanique : Piper methysticum). Sa racine est séchée et longuement pilée, puis arrosée d’eau, donnant un liquide un peu gluant, filtré à travers des fibres d’hibiscus avant d’être versé dans le tanoa (bol commun). Il est ensuite servi dans des demies noix de coco (ipu tau) selon l’ordre protocolaire, avec une bonne rasade de discours de bienvenue et de remerciements appuyés.
Est-ce bon ? Pas vraiment. Est-ce mauvais ? Pas davantage. Le ‘ava a indéniablement une saveur végétale, un peu poivrée (rien d’étonnant…). Légèrement euphorisant, il engourdit les lèvres, la langue, la tête aussi si l’on en consomme trop. Il aidait autrefois les hommes à communiquer avec les esprits et les prêtres à entrer en transe – raison pour laquelle les missionnaires firent de leur mieux pour l’interdire.

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