Effluents vinicoles

Effluents vinicoles : La viticulture produit des rejets de diverses natures, la plupart sont issus du raisin ou du vin. Ces polluants sont constitués de molécules organiques (sucres, acides, alcools) qui rejetées dans le milieu naturel risquent d’occasionner des dommages aux cours d’eau (eutrophisation).
Sources de pollution : Les sources de pollutions sont :
– Pressurage : bourbes
– Soutirage : les lies
– Filtration sur Kieselguhr (terre diatomée, compostant de restes fossilisés) : gâteaux de filtration
– Détartrage : cristaux de bitartrate de potassium.
A cela, il faut ajouter les différentes et importantes eaux de rinçage des cuves et des équipements.
Réglementation : En France, les caves sont soumises à une réglementation :
– de 500 hl à 20 000 hl par an : déclaration à la préfecture ;
– au-delà de 20 000 hl : autorisation par la préfecture : des limites de rejet sont imposées, aboutissant souvent à la mise en place de systèmes de retraitement.
Gestion des effluents vinicoles : La gestion de l’eau et son recyclage pour limiter l’impact de ses rejets sur l’environnement et le réseau hydrographique, surtout pendant la période des vendanges, est une obligation pour les caves de vinification.
En France, cette gestion est structurée autour de six bassins hydrographiques : Loire-Bretagne, Artois-Picardie, Seine-Normandie, Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée-Corse et Adour-Garonne. Les maîtres d’œuvre sont les Agences de l’eau. Elles perçoivent une redevance pollution de la part des chais vinicoles, producteurs d’effluents, quand ils dépassent 1 500 hl par an. Celle-ci est évaluée forfaitairement entre 0,4 et 1,2 €/hectolitre produit annuellement. Lorsqu’un dispositif d’épuration est mis en place par un chai, l’Agence de l’eau lui verse une prime. Cette taxe peut être réduite si la cave est équipée d’un système de dépollution. En cas d’accident de pollution, les viticulteurs sont responsables, des amendes et des mises en examen de petits viticulteurs se sont déjà produites.
Sachant que le volume d’eau nécessaire à la production d’un hectolitre de vin se situe entre 30 à 250 litres, la limitation des effluents passe par une conception plus rationnelle des chais (écoulement, matériaux facilement lavables), et la limitation des pertes (détection des fuites, dispositif d’arrêt automatique). De plus, la récupération des bourbes et des lies permet leur valorisation en distillerie, de même celle des tartres qui est recyclée pour récupérer l’acide tartrique. Enfin chaque chai possède un bac de décantation qui lui permet d’éliminer les résidus grossiers.

Systèmes de traitements :
– évaporation naturelle : le dimensionnement est fonction du volume total annuel de rejet divisé par le déficit hydrique annuel moyen de la zone d’implantation (zone méditerranéenne 0,4 m3/m²/an).
– évaporation forcée : en Languedoc prévoir une surface de 700 m2 pour évaporer 3 000 m3, dégrillage préalable.
– épandage.
– traitements biologiques : Il en existe trois types :
1. Stockage aéré : pour les petites structures, par aération, de 2 à 8 semaines de traitement dans une cuve profonde (4 à 6 m), en pente pour faciliter la   décantation des boues, dégrillage préalable.
Les boues obtenues peuvent être épandues, après analyse, pour vérifier le bon état de fonctionnement, le surnageant peut être rejeté dans le milieu ou vers une station d’épuration selon son niveau de pollution (98 % de rendement d’épuration pour les rejets directs, 80 % pour les rejets vers les égouts).
2. Boues activées : même fonctionnement que les stations d’épurations mais de taille réduites, à réserver aux grandes structures ou à des systèmes communaux. Cette technique permet des rejets directs dans le milieu mais nécessite des investissements coûteux et une main d’œuvre qualifiée

3.Méthanisation : ce système permet de produire du biogaz (énergie) mais il est coûteux à mettre en place et la gestion du gaz et du « process » nécessite une main d’œuvre et des installations adaptées.