Vin blanc – Historique – production et généralités du vin blanc

Historique du vin blanc :
Antiquité : La première trace de vin découverte date de 7 500 ans environ, dans l’actuel Iran mais les résultats des fouilles archéologiques ne permettent pas de déterminer à partir de quelle époque le vin blanc a commencé à être produit.
L’épigraphie nous renseigne sur la présence du vin au Proche-Orient : il est produit dans le « Haut-Pays » (montagnes des confins entre l’Anatolie et l’Arménie) puis importé en Mésopotamie surtout à partir du IIIe millénaire av. J.-C. Les tablettes d’Hattusha désignent le vin par le terme wiyana en langue hittite, GEŠTIN en sumérien et karânu en akkadien. Il peut être rouge (SA5 GEŠTIN), clair (peut-être blanc : KÙ.BABBAR GEŠTIN), bon vin (DUG.GA GEŠTIN), miellé (LÀL GEŠTIN), nouveau (GIBIL) ou piqué (GEŠTIN EMSA).
Dans la Grèce antique, le vin blanc est déjà élaboré et consommé, puisque Hippocrate, médecin né vers 460 av. J.-C., en prescrit couramment à ses patients. Le « vin blanc vineux » et le « vin blanc âpre » sont cités parmi ses remèdes, signe d’une diversité dans la production dès cette époque.
Chez les Romains, le mode de viticulture pratiqué par les Grecs sert longtemps de modèle et la production inclut le vin blanc. Les riches patriciens romains organisent des banquets où le prix des denrées est un gage de prestige ; dans ces produits coûteux, le vin prend une place prépondérante. Les citoyens les plus riches créent des villas somptueuses dans la baie de Naples, où la vigne était cultivée depuis son introduction par les Grecs. L’aminum, cépage antique, produit un vin blanc doux : produit comme le vin cuit, il ressemblait au madère actuel. La conquête de régions de plus en plus septentrionales incite les Romains à y cultiver la vigne et à y produire des vins plus légers et moins sucrés. Cela les encourage aussi à chercher de nouvelles variétés sauvages adaptables dans ces contrées lointaines, là où les cépages méditerranéens montrent leurs limites. Par exemple, des vignes sont plantées sur les bords du Rhin, donnant aux légionnaires une boisson saine, par opposition à l’eau rarement potable. Le vin est bu frais l’été et chaud l’hiver, pratique qui a encore cours au XXIe siècle.
Moyen Âge : Le raisin blanc à la fin du Moyen Âge.
Le négoce de vin ne parvient pas à survivre à la chute de l’Empire romain d’Occident, et la viticulture recule énormément. Les tribus germaniques qui buvaient préférentiellement de la bière ne voient pas l’intérêt du commerce du vin et les Vikings coupent les routes maritimes de la façade Atlantique. Au sud, les Sarrasins effectuent des razzias ; les campagnes du sud de l’Europe (Languedoc, Provence, Italie du Sud et vallée du Douro) se dépeuplent, les habitants étant emmenés en esclavage ou fuyant la menace.
Le savoir sur la culture de la vigne est conservé par l’Église catholique : le vin étant nécessaire à la célébration de la messe, les religieux vont planter de la vigne à de très hautes latitudes et les domaines monastiques vont augmenter les surfaces cultivées. Difficile à transporter et à conserver, le vin reste longtemps un produit de consommation locale. Le commerce n’en est réellement initié qu’après l’enrichissement de nobles et de prélats car, comme chez les Romains, l’art de la table assoit la réputation de l’hôte qui reçoit.
Le commerce fluvial a une grande importance dans le développement de la vigne. Les pays germaniques profitent de la navigabilité du Rhin et du Danube pour exporter leur production ; Charlemagne contribue à cet essor en promulguant son capitulaire de villis, comprenant un ensemble de règles sur la culture de la vigne dans tous ses domaines. C’est une époque de grand développement de la culture du vin blanc en Allemagne et en Autriche. Le vignoble d’Europe centrale atteint 100 000 hectares, soit trois fois et demi la surface des années 1990. À partir du XIIIe siècle, les commerçants distinguent le vinum hunicum, vin des Huns, le vin bu par le peuple, du vinum francium, vin des Francs, destiné à la riche aristocratie. La reconnaissance des cépages riesling ou sylvaner date de la fin du Moyen Âge.
Une partie du commerce européen se fait par voie maritime sur la côte atlantique. Les Anglais, puis les Hollandais et les Scandinaves créent, par leur demande, un engouement pour la plantation entre Bordeaux et La Rochelle. Des petits vins blancs acides sont produits pour l’exportation autour du port charentais, alors que Bordeaux exporte essentiellement les vins du haut-pays qui lui parviennent par la Garonne. Les vins blancs charentais vont donner naissance au cognac, lorsque l’alambic est introduit sur les rives de la Charente, au XVIIe siècle. À cette même époque, les vins blancs secs prisés par les Hollandais vont être produits plus au nord, autour du port de Nantes, dans le vignoble actuel du muscadet et du gros-plant-du-pays-nantais. Les vignobles ligériens et du Sud-Ouest bénéficient du réseau commercial grâce à la navigabilité de la Loire et de la Garonne.
Dans le bassin méditerranéen, les croisades enrichissent considérablement les républiques rivales de Venise et de Gênes. Pour ravitailler les troupes des riches seigneurs francs, les républiques précitées se fournissent en vin de Grèce. Le port de Monemvasia, qui exporte beaucoup de vin blanc, va donner son nom au cépage malvoisie. Les Croisés découvrent aussi les vins de muscat. Une fois rentrés chez eux, les souverains et riches aristocrates cherchent à acheter les vins doux qu’ils ont appréciés en Orient. Ils font venir des pieds de vigne qui feront souche dans le vignoble du Languedoc-Roussillon et en Espagne. Le commerce de ces vins est facilité par leur fort degré alcoolique, garantie de conservation lors du long transport vers l’Europe du Nord.
Époque moderne : En 1453, l’Empire ottoman prend Constantinople et la situation des Vénitiens et Génois se dégrade ; le commerce du vin entre la Méditerranée orientale et l’Europe du Nord diminue fortement. À ce même moment, l’Espagne vient de finir sa reconquista et remplace le vin méditerranéen par le sien, notamment auprès des consommateurs anglais et hollandais. Le port de Sanlucar de Barrameda commence à exporter de grandes quantités de vin blanc, l’ancêtre de l’actuel xérès. Ce vin, appelé sack, fait fureur en Angleterre. Même au pire moment des relations diplomatiques entre les deux pays (comme lors de l’épisode de l’invincible Armada en 1588), le commerce perdure, assuré parfois par les corsaires qui viennent voler ce qu’ils ne peuvent acheter. Entre 40 et 60 000 barriques de 500 litres quittent annuellement les côtes espagnoles pour l’Angleterre et les Pays-Bas (ce volume de quelque 300 000 hectolitres représente les 2/3 de la production actuelle).
À partir du XVIe siècle, les premières vignes européennes sont plantées en Amérique : au Mexique, puis au Pérou, en Bolivie, en Argentine6 ou au Chili7. Elles viennent s’ajouter aux vignes indigènes déjà cultivées au Mexique ; cependant, cette production précolombienne n’est pas destinée à la production de vin, le raisin étant trop acide. Elle sert à produire l’acachul, une boisson adoucie par des fruits et du miel8.
Le petit âge glaciaire sonne le glas des viticultures septentrionales. La vigne disparaît du nord de l’Allemagne et, en pays de Bade, l’altitude maximale de culture de la vigne descend de 220 mètres. Hans-Jürgen Otto signale que « partout le vignoble souffrit et diminua en surface9. » En Angleterre10, la vigne disparaît aussi. Les vignobles les moins précoces sélectionnent préférentiellement des cépages blancs ; même insuffisamment mûrs, les raisins permettent de donner un petit vin aigrelet encore consommable, alors que les raisins rouges ne donnent pas suffisamment de couleur et que les tanins verts confèrent de l’amertume au vin. L’interruption de la fermentation par le froid de l’hiver favorise la découverte de la prise de mousse du champagne11.
Fortement enfouies dans les plis d’un vallon herbeux, quatre petites bâtisses en pierres irrégulières maçonnées, aux toits plats ou en pente, aux portes grillagées, constituent l’entrée des caves creusées dans le sol. À l’arrière-plan, le terrain buissonneux s’élève en pente douce jusqu’à la colline boisée qui se détache sur un ciel uniformément bleu.
L’enrichissement d’une partie de la population crée un engouement pour les vins rares. Ce phénomène, déjà à l’origine de l’essor du xérès en Angleterre, se reproduit en Europe centrale. La découverte des bienfaits de la pourriture noble sur le raisin blanc aurait eu lieu vers 1650, en Hongrie pour l’élaboration du vin de tokay. Hugh Johnson déclare que « le tokay d’il y a trois siècles était le meilleur vin doux du monde, hérité d’une tradition viticole déjà ancienne ». Élaboré avec un raisin dont la maturité exceptionnelle est due à un secret de fabrication, ce vin développe aussi ses qualités grâce à un élevage lui aussi resté longtemps un secret, dans les caves souterraines du vignoble. Prisé par la Maison des Habsbourg, le tokay va connaître un commerce fructueux. La tentative d’imitation sera longue à aboutir, l’usage de la pourriture noble restant un secret. Ce n’est que 120 ans plus tard que ce mode de vendange très tardif fut expérimenté sur les rives escarpées du Rhin. Son usage à Sauternes es attesté en 1836, au Château La Tour Blanche, mais un siècle plus tôt, des vendanges très tardives donnaient un vin très riche qui demandait à vieillir plusieurs années en barrique.
D’autres régions découvrent le secret de ce qui va faire leur richesse. Ainsi, dom Pérignon est-il le légendaire créateur du champagne. Dans un vignoble septentrional, il élabore un vin spécial qui va faire naître un engouement exceptionnel pour un vin produit sous un climat où l’on ne pouvait espérer ni maturité ni couleur suffisantes.
La mode de boire du vin blanc sec et bon marché commence à Paris au XVIIIe siècle : pour échapper aux taxes de l’octroi, les Parisiens prennent l’habitude d’aller consommer leur vin chez le producteur, hors des murs de la ville. Des cabarets ouvrent leurs portes au bord de la rivière, devenant des guinguettes : le vin qu’on y boit alors est appelé le « guinguet ». C’est un vin des coteaux de la Seine ou de la Marne, aigrelet, mais que les conditions de transport de l’époque n’ont pas usé prématurément.

Époque contemporaine : Le champagne a été créé au XVIIIe siècle, mais c’est au siècle suivant que son essor mondial va se produire. Les têtes couronnées européennes mettent rapidement ce vin à la mode de leur cour bien que sa production, nécessairement en bouteille, en fasse un produit extrêmement coûteux. Hugh Johnson attribue un rôle diplomatique important au champagne : Talleyrand aurait offert de ce vin à la table des négociateurs du congrès de Vienne, l’utilisant pour détendre ses interlocuteurs dans les discussions. L’occupation de la Champagne par des troupes russes en 1815 fait connaître le vin moussant à l’aristocratie russe. La veuve Clicquot livre son vin aux occupants en disant « aujourd’hui ils boivent, demain ils paieront… »
Les progrès de l’industrie du verre (grâce au charbon notamment) permettent de démocratiser l’usage de la bouteille. La production de vin effervescent augmente considérablement et gagne le continent américain. La technique de fabrication s’industrialise et d’autres régions s’en inspirent, sans que la réputation du champagne n’ait à en souffrir. L’envolée commerciale du champagne est un produit de la révolution industrielle qui permet de le mettre à la portée financière de la classe moyenne en plein essor.
La période du XIXe siècle qui précède l’arrivée du phylloxera est un véritable âge d’or de la viticulture. La révolution industrielle enrichit une bourgeoisie cliente des meilleurs vins, et l’exode rural vers les usines crée un vaste marché pour les vins de production de masse. Un exemple marquant pour les vins blancs est celui de la viticulture en Allemagne. Le sentiment de liberté insufflé aux vignerons allemands par l’occupation française au cours du Premier Empire empêche l’aristocratie et le clergé de récupérer tous les vignobles dont ils avaient été dépossédés. La pratique de la vendange tardive se généralise et les vins plus ou moins sucrés gagnent en équilibre face à leur acidité toujours vive. En 1872, est créé l’institut d’œnologie de Geisenheim ; il sera à l’origine d’un grand nombre de métissages, donnant de nouveaux cépages, dont le plus connu d’entre eux est le müller-thurgau. À la même époque, la Suisse se dote, le long des berges du lac Léman, d’un vignoble majoritairement à vins blancs.
Au cours du XXe siècle, la plantation de vignes dans les pays où elle était inconnue est en plein essor. Elle se heurte toutefois aux températures élevées, lors de la fermentation. L’usage de contenants plus grands crée des problèmes de fermentation : les levures produisent une chaleur qui ne peut s’évacuer ; au-delà de 35 °C, les micro-organismes commencent à souffrir et la fermentation se ralentit, puis s’arrête : après refroidissement du vin, un nouveau levurage s’impose pour reprendre la fermentation (sans parler des effets néfastes sur les arômes du vin et le risque de piqûre lactique). En Californie, les recherches pour maîtriser la température de fermentation arrivent à maturité. Appliquées au vin blanc, elles révolutionnent le type du vin. Les vins européens, marqués par leur élevage qui écrase le fruité du vin, sont aux antipodes de ces vins très fruités marqués par une vivacité rafraîchissante. Au cours des années 1960-1990, ces méthodes de vinification gagnent l’Europe et l’usage de matériel de réfrigération est aujourd’hui généralisé à presque toutes les régions productrices de vin blanc.

Répartition géographique :
Production
Zones climatiques : De nombreux pays viticoles produisent du vin blanc, cependant, dans le détail, le raisin blanc a besoin de moins de chaleur que le raisin rouge pour mûrir : le manque de maturité des tanins ne pose pas problème dans la mesure où ces derniers ne sont pas extraits au pressurage. De plus, l’équilibre gustatif repose sur une vivacité importante due à l’acidité. Le raisin destiné à la production de vin blanc sec est donc récolté un peu avant maturité. De ces conditions de production découle une localisation plus septentrionale ou montagnarde du vignoble de production des vins blancs secs.
En Europe, le vignoble allemand est majoritairement blanc (61 % de la production en 2001), comme le vignoble suisse (plus de 50 % de la surface en raisin blanc) ou le vignoble luxembourgeois (93 % de la surface en raisin blancs ou gris). En France, la moitié nord produit majoritairement des vins blancs (Alsace, Jura, Champagne ou vallée de Loire). En Espagne, paradoxalement, la Castille-La Manche représente 50 % du vignoble espagnol, majoritairement blanc sur une surface très importante en zone chaude. La Catalogne produit beaucoup de raisin blanc transformé en vin mousseux, le cava ; la surface destinée à ce dernier vin représente 45 000 ha sur 65 600 ha.
Le continent américain élabore vins blancs et vins rouges dont certains sont à présent reconnus à travers le monde. Les vins blancs ont permis de conquérir des contrées hostiles au vin rouge comme les montagnes Rocheuses ou le Canada. Dans ce dernier pays, la technique du vin de glace permet de produire des vins d’exception sous un climat à priori défavorable ; le Canada est le premier producteur mondial de vin de glace.
Les zones méridionales plus chaudes produisent aussi du vin blanc, mais en plus faible proportion. De plus, ce sont plus souvent des vins doux ou liquoreux, des vins doux naturels ou des vins « vinés », comme dans le cas des vignobles du pourtour méditerranéen (muscats, madère, marsala entre autres).
Zones géologiques : Selon Claude et Lydia Bourguignon, les vins rouges conviennent bien aux sols qui reposent sur une roche calcaire, alors que les meilleurs vins blancs sont produits sur des sols reposant sur une roche métamorphique (Alsace, Moselle, Anjou) ou volcanique (Tokay de Hongrie et Slovaquie). Or, ces agronomes microbiologistes mentionnent que les terres émergées de notre planète comprennent 90 % de roches métamorphiques, 7 % de roches sédimentaires, majoritairement calcaires, et 3 % de roches volcaniques ; le potentiel de développement du vin blanc est donc très important.
Par ailleurs, de grands vins blancs sont aussi produits sur des terrains à sous-sol calcaire : la base crayeuse du vignoble de Champagne ou le calcaire à marne siliceuse du chassagne-montrachet servent d’écrin à quelques vins parmi les plus prestigieux au monde.

Ampélographie (*), viticulture et cépages (**) :
Cépages à vin blanc : De très nombreux cépages blancs peuvent être utilisés pour élaborer du vin blanc.
Certains ont acquis une forte notoriété grâce à leur commercialisation en vin de cépage :
(*) Ampélographie : Étude de la vigne.
(**)  Le code international d’écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.

Cépage chardonnay B : il vient de Bourgogne. Longtemps vendu sous cette appellation, sous celle des AOC communales ou de premiers et grands crus, il a conquis de nombreux pays nouveaux producteurs qui le vendent sous le nom du cépage. Il doit sa diffusion mondiale à sa qualité dans des régions très diverses sur le plan climatique et géologique, en France, aux États-Unis d’Amérique, en Australie ou en Afrique du Sud ;
Cépage sauvignon B : il vient du centre de la France ou du vignoble de Bordeaux ; il a ensuite conquis les vignobles du Sud-Ouest et de la vallée de la Loire. Remarqué par les consommateurs anglo-saxons, il gagne en surface aux États-Unis d’Amérique, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou en Afrique du Sud. Il est remarquable par ses arômes typiques végétaux et/ou minéraux ;
Cépage riesling B : il vient des vignobles germaniques (Allemagne, Alsace, Suisse). C’est un cépage qui peut être très qualitatif sur des sols variés, à condition d’être à rendement limité et en climat à tendance continentalea ;
Cépage müller-thurgau B : c’est le cépage le plus cultivé en Allemagne ; il donne un vin fruité et bien équilibré, mais qui ne se conserve pas très longtempsa  ;
Cépage muscat B, Rs ou N : c’est un groupe de cépages (plus de 150 selon Pierre Galet qui présente une palette aromatique spécifique.
D’autres sont moins connus, car commercialisés sous le nom d’une appellation ou assemblés avec d’autres cépages :
Cépage airén B : cépage peu connu, c’est pourtant le cépage de cuve le plus planté au monde avec 390 000 ha. Il n’est devancé que par la sultanine, cépage du raisin sec. Cultivé quasi exclusivement en Espagne, il est planté à faible densité, produisant un vin blanc sec consommé localement ;
Cépage catarratto bianco comune B : cépage du sud de l’Italie, il donne des vins aromatiques et alcoolisés (14 % de volume). Il fait partie des cépages servant à produire les vins de marsala et madère ;
Cépage chenin B : cépage français de la vallée de la Loire, il a aussi conquis l’Afrique du Sud. Il donne un vin très fruité, parfois minéral, sec ou doux selon le terroir. Il peut se conserver longtemps et prendre la pourriture noble ;
Cépage maccabeu B : cépage espagnol, il sert à élaborer des vins effervescents (cava) ; en France, il est cultivé dans le vignoble du Languedoc-Roussillon. Son vin est sec et fruité ou donne un vin doux nature ;
Cépage sémillon B : cépage originaire du vignoble de Bordeaux, c’est le cépage principal des vins liquoreux de Bordeaux et de Bergerac, grâce à son aptitude à prendre la pourriture noble ;
Cépage trebbiano bianco ou ugni blanc B : c’est un cépage italien donnant un vin assez neutre ; en France, son vin est généralement distillé pour donner le cognac ou l’armagnac ;
Cépage viognier B : cépage français de la vallée du Rhône, il est planté en Californie depuis les années 2000. Il donne un vin très fruité et complexe ;
Cépage grenache blanc B : il est la forme blanche du grenache noir N. Cépage de qualité, il donne des vins secs fins et amples, quoique avec une acidité parfois déficiente. Il donne également des vins doux naturels de grande qualité.
Quelques cépages à pellicule colorée sont également utilisés pour produire des vins blancs :
Cépage gewurztraminer Rs : il a une peau rose. Vinifié en blanc, c’est un cépage très aromatique ; ses arômes typiques rappellent la fleur de rose et le litchi. Il est cultivé tout autour du massif alpin. Il s’agit d’une mutation aromatique du traminer (en allemand, gewürzt signifie « épicé ») ;
Cépage pinot noir N et le pinot meunier N : ils sont utilisés pour l’élaboration de champagne blanc et rosés ;
Cépage sauvignon gris G : forme rosée du sauvignon blanc, il présente une richesse supérieure en sucre et des arômes plus lourds. Il est particulièrement bien adapté à la production de vins liquoreux ;
Cépage grenache gris G : c’est la forme rosée du grenache. Il est utilisé dans les versions ambrées du grenache de Rivesaltes, un vin doux naturel blanc à la couleur foncée par l’oxydation.

Constituants du raisin et du moût :
Rafle : La rafle est la branche herbacée qui porte les grains de raisins. Elle est constituée de près de 80 % d’eau, de minéraux solubles (près de 3 % dont la moitié de potassium) et de polyphénols. Ces derniers, essentiellement des tanins, sont responsables de la saveur amère et de la sensation d’astringence. Dans l’élaboration du vin blanc, la rafle ne contient aucun élément recherché : la teneur en eau ne peut que provoquer une dilution et la présence des tanins n’est pas souhaitée dans le vin. C’est la raison pour laquelle elle est rapidement isolée du reste de la vendange, soit par l’éraflage soit par le pressurage.
Baie : La baie de raisin est constitué d’une peau (la pellicule), de chair (la pulpe) et de graines (les pépins). Ces derniers sont durs et représentent 2 à 5 % du poids de la baie. Ils contiennent 25-45 % d’eau, 34-36 % de glucides, 13-20 % de matière grasse (l’huile de pépins de raisin), 4-6 % de tanins, 4-6,5 % de protéines, 2-4 % de minéraux et 1 % d’acides gras35. Leur apport dans le vin blanc est nul puisqu’ils sont éliminés dès le pressurage ; de plus, la pression exercée ne permet pas d’en extraire quoi que ce soit.
La pellicule représente 6 à 12 % du poids du raisin. Elle est recouverte, en surface, de pruine, une couche cireuse qui donne une teinte mate à la couleur du raisin et contient des levures responsables de la fermentation alcoolique. La pellicule du raisin contient également, dans ses couches plus profondes, des composés volatils. Ils sont responsables de l’arôme du raisin et des molécules qui deviendront les arômes du vin lors de la fermentation ; ce sont les « précurseurs d’arômes ». Pour les raisins rouges, la pellicule contient aussi les anthocyanes, matière colorante, de couleur rouge vif à rouge violacé. Pour produire du vin blanc avec du raisin rouge, il est nécessaire de ne pas faire macérer le raisin, ni de presser trop fort la vendange pour éviter une dissolution d’anthocyanes dans le jus de raisin. La pellicule contient beaucoup de cellulose, de pectines insolubles et des protéines, des acides organiques : acide citrique, malique et tartrique. La pellicule du sauvignon blanc B a un pH d’environ.
Elle contient également entre 2 et 3 % de tanins.
La pulpe du raisin est la partie la plus importante ; elle représente entre 75 et 85 % du poids du grain de raisin. Elle est constituée de cellules polygonales de grande taille à paroi très fine. À la moindre pression, les cellules laissent échapper leur contenu : le moût. La chair du grain de raisin contient essentiellement de l’eau. Les constituants organiques sont des sucres fermentescibles (entre 170-230 grammes pour un vin sec et entre 200 et 300 grammes par litre, voire beaucoup plus pour les vins liquoreux) et des acides organiques, surtout des acides malique et tartrique35. Les acides sont en quantité plus importante au centre de la baie, alors que les sucres sont en quantité supérieure en périphérie. Cette hétérogénéité dans la distribution des sucres, acides et composés minéraux dans la baie est exploitée lors du pressurage, en particulier le pressurage champenois qui sépare au fur et à mesure de l’avancement la « cuvée », les premières et deuxièmes « tailles » et enfin les « rebêches » de qualité insuffisante pour être vinifiées en AOC.
La pulpe constitue l’élément majeur du vin, puisque c’est la partie qui contient la plus forte proportion de liquide. Les arômes y sont beaucoup moins présents que dans la pellicule.
Moût : Dans le cas de la vinification en blanc, le moût est simplement du jus de raisin issu du pressurage des baies de raisin.
Sucres : Les sucres sont des glucides issus de la photosynthèse. Le saccharose, fabriqué par les feuilles, circule dans la plante et se trouve décomposé en glucose et fructose accumulés dans les baies, ce qui est caractéristique de la maturation du raisin. Des nombreux sucres différents cohabitent : les plus fréquents sont le glucose et le fructose qui vont être consommés par les levures en anaérobie pour donner de l’alcool lors de la fermentation alcoolique. Ils sont en quantité sensiblement égales. Pour vérifier l’achèvement de la fermentation, ils peuvent être quantifiés par un dosage chimique (glucose et fructose sont des sucres « réducteurs » qui réagissent avec une solution cupro-alcaline dans la réaction de Fehling), une méthode enzymatique ou par spectroscopie infrarouge.
Les autres sucres ne sont pas tous fermentescibles. Après leur consommation par les levures, le taux de sucres non fermentescibles (qui ne peuvent être consommés par les levures : arabinose et xylose) est compris entre 0,5 et 1,7 gramme par litre. Les sucres ont un pouvoir gustatif, ils équilibrent le piquant de l’acidité et le brûlant de l’alcool.
Acides organiques : La forme « L » de l’acide tartrique est le principal acide organique du vin.
Les acides organiques sont essentiellement les acides malique et tartrique. L’acide tartrique est caractéristique du raisin ; issu des feuilles, sa teneur oscille entre 5 et 7 grammes par litre. L’acide malique est présent dans les raisins verts et son taux diminue avec la maturation pour donner entre 2 et 7 grammes par litre à la récolte ; la fourchette est très large selon le cépage, le terroir, les climats chauds donnant des taux plus faibles, sa dégradation étant accélérée. Il en existe bien d’autres, en faible quantité : les acides citrique, ascorbique, α-cétoglutarique, fumarique, galacturonique, coumarique, etc. Leur quantité variable fait varier le pH du moût. Le moût de vin blanc est généralement plus acide que le moût de raisin rouge, simplement parce que la maturité du raisin est moins poussée.
Vitamines : La vitamine C (ou acide ascorbique) est présente dans le raisin et le moût à hauteur de 50 milligrammes par litre. Elle constitue un élément protecteur du moût contre les phénomènes d’oxydation. En présence d’oxygène, elle produit de l’eau oxygénée ; par cette réaction, elle prive les enzymes du moût de l’oxygène qui leur est nécessaire pour oxyder le vin. Depuis 1962, l’ajout de vitamine C dans le vin est autorisé, dans une limite de 15 grammes par hectolitre, au moment du conditionnement pour stabiliser le vin. Des expériences, à la fin des années 2000, tentent de déterminer les modalités de son ajout sur vendange fraîche ou dans le moût.
La vitamine B1 ou thiamine, est présente entre 0,2 et 0,5 milligramme par litre. Cette vitamine est nécessaire au bon développement des levures qui assureront la fermentation alcoolique. Sur un moût de raisin sain, la quantité naturelle est suffisante pour les levures. En revanche, sur de la vendange altérée (pourriture grise), la dégradation de cette vitamine conduit le vinificateur à en ajouter dans le moût pour assurer une fermentation sans problèmes. Dans le cas d’une vinification avec un moût très clair et à basse température, les levures travaillent en conditions limitantes et un ajout de thiamine peut aider à éviter une fin de fermentation difficile. La législation en limite l’emploi à 60 milligrammes par hectolitre.
Oligo-éléments : Le moût contient également des oligo-éléments : sodium, magnésium, potassium, calcium… Ces deux derniers peuvent former des sels avec l’acide tartrique : bitartrate de potassium et du tartrate neutre de calcium, au pH du vin. Ces derniers, lorsque leur seuil de solubilité est atteint, se déposent et contribuent à désacidifier le moût. Dans les régions méridionales où l’acidité est parfois un peu déficiente, ce phénomène peut être une cause de défaut d’acidité supplémentaire.
Vendange : La maturité du raisin dépend du produit qui doit être élaboré. Pour un vin blanc doux, liquoreux ou un vin doux naturel, le taux de sucre est un critère fondamental. Pour un vin blanc sec, la maturité technologique est recherchée et l’on récolte le fruit un peu avant (généralement huit jours) la maturité des sucres. À ce stade, le rapport entre sucre et acide est optimal. Au-delà, l’acidité baisse et le futur vin est déséquilibré par l’excès d’alcool et le manque de vivacité. De plus, les arômes seront moins frais et moins vifs.
La récolte traditionnelle à la main en grappes entières est de plus en plus concurrencée par la machine à vendanger pour les vins blancs secs, un choix économique à défaut d’être toujours qualitatif. La fragilité du raisin nécessite soit un transfert rapide de la vigne au chai, soit de le protéger de l’oxygène. Lorsque la durée du transport entre vigne et chai est longue, la vendange peut être réfrigérée et maintenue à l’abri de l’oxygène de l’air par de l’azote ou de la neige carbonique.
En revanche, pour certains vins liquoreux, la récolte en tries successives nécessite la récolte manuelle et une formation des vendangeurs pour ne ramasser que les grappes, voire les grains ayant atteint l’optimum de maturité ou touchés par la pourriture noble (c’est la sélection de grains nobles). Pour les vins effervescents de qualité, la vendange manuelle est recommandée ; elle est absolument nécessaire pour les vins blancs issus de raisins à pellicule colorée.
Une fois vendangés, les raisins sont pressés et on en récupère uniquement le jus, appelé moût, qui est mis en cuve pour la fermentation alcoolique, où le sucre se transforme en alcool grâce aux levures présentes sur les baies de raisin.

Viniculture :
Foulage et éraflage : La première étape du traitement des raisins arrivés au chai consiste à séparer les constituants du moût que l’on souhaite conserver, des éléments indésirables. De la bonne conduite de cette étape dépend en grande partie la qualité future du vin. Pour cela, les grappes sont généralement foulées et éraflées. La pratique du foulage (modéré) permet de faire éclater les grains, libérant ainsi le jus et la pulpe (elle n’est pas applicable au vin blanc de raisin noir, l’éclatement prématuré des baies colorerait le moût). Celle de l’éraflage, ou égrappage, a l’avantage de séparer la rafle, ensemble des pédoncules de la grappe, des grains de raisin et d’éviter de donner au vin des goûts herbacés au pressurage. La peau ne macérant pas, la couleur jaune transparent est conservée.
Le vinificateur peut faire macérer les pellicules des raisins blancs et pratiquer ainsi la macération pelliculaire. Cette macération pré-fermentaire est en règle générale réalisée à température maîtrisée pour retarder le départ en fermentation. Cette technique améliore l’extraction des arômes variétaux et de leurs précurseurs, principalement situés dans la pellicule. L’acidité diminue, ainsi que le taux de colloïdes (molécules de grosse taille de type pectines), et l’aptitude au vieillissement. Pour être mise en œuvre, cette opération exige un égrappage parfait, un foulage modéré et un sulfitage destiné à protéger le moût de l’oxydation. Sa durée (généralement de 5 à 18 heures à 18 °C) dépend du cépage, de la température de macération, de la maturité du raisin ou encore de la qualité du terroir.
Pressurage : Les baies de raisin sont ensuite pressurées. Le type de pressoir à vin conditionne une partie du potentiel qualitatif du vin. Depuis les années 1980, les pressoirs pneumatiques ont amélioré le travail en œuvrant à l’abri de l’air et en permettant de piloter finement la pression pour extraire le jus sans abîmer le raisin. Le jus, ou moût de goutte, est le jus qui s’écoule naturellement des grains écrasés sous leur propre poids, avant le début de la pressée (mise en route du pressoir). Le foulage augmente sa proportion et rentabilise le matériel en permettant de traiter un tonnage de vendange supérieur dans un même laps de temps. Le moût de presse est le jus qui s’écoule du pressoir sous la pression exercée sur les grains de raisins. Il concentre les qualités ou défauts du raisin : il est plus riche en arômes, colloïdes ou composés phénoliques. En revanche, il peut être marqué par des défauts olfactifs, tels que l’odeur de champignon des raisins altérés ou les arômes végétaux d’une vendange à maturité insuffisante. L’assemblage ou le non-assemblage des moûts de goutte et de presse dépend de l’état sanitaire du raisin, du mode de pressurage ou du style de vin prévu44. Les manipulations du raisin avant pressurage augmentent la quantité de bourbes et compliquent le pressurage. Pour l’élaboration d’un vin de qualité, leur usage est exclu ou très limité.
Débourbage : Le débourbage est destiné à clarifier le moût en ôtant les bourbes qu’il contient. Ce sont des colloïdes en suspension, des débris de pellicule ou de pulpe et des débris exogènes (terre).
Le débourbage statique consiste à laisser les débris décanter : après le pressurage, le moût est laissé au repos dans une cuve à l’abri de l’air. Les particules en suspension précipitent au fond de la cuve. Cette opération est facilitée par l’ajout d’enzymes pectolytiques ; ces dernières sectionnent les longues chaînes carbonées de composés pectiques. Ces pectines donnent une grande viscosité au jus ; la coupure en chaînes plus courtes permet ainsi d’accélérer les précipitations. Le refroidissement du moût est nécessaire : si la fermentation venait à démarrer, le dégagement des bulles de dioxyde de carbone remettrait en suspension les particules dans tout le moût, empêchant leur dépôt. Lorsque le moût est clarifié, il est soutiré pour être mis à fermenter.
Le débourbage dynamique est pratiqué avec une machine qui accélère la séparation moût/bourbes. La centrifugeuse retire les bourbes les plus grossières, mais ne permet pas d’atteindre un très haut niveau de limpidité. Le débourbage par flottation est une technique où l’introduction d’un gaz au fond de la cuve crée des bulles qui entraînent les particules jusqu’en surface où un racleur les retire. La filtration avec un filtre rotatif sous vide est relativement lente, mais efficace. Elle est souvent utilisée pour récupérer du moût clair dans les bourbes qui sortent de la centrifugeuse.
En plus de l’enzymage, on peut améliorer le débourbage par un collage. La bentonite joue un rôle mécanique de lest en fixant les colloïdes ; elle accélère la vitesse de sédimentation. La gélatine flocule également les tanins en suspension extraits par le pressoir. Souvent associés gustativement à de l’amertume, leur retrait est généralement bénéfique pour le vin blanc. La polyvinylpolypyrrolidone ou « PVPP » permet de fixer des polyphénols et de les éliminer. Ces molécules sont responsables du brunissement du vin et leur éviction est un élément de stabilité du futur breuvage.
Dans la « stabulation sur bourbes » (stabulation liquide à froid), le vinificateur remet régulièrement en suspension les bourbes pendant plusieurs jours afin qu’elles ne se déposent pas tout de suite, puis procède ensuite à un débourbage classique comme indiqué ci-dessus. Cette technique permet d’enrichir le moût en précurseurs d’arômes « thiolés » (fruits de la passion, agrume…), qui sont naturellement peu solubles dans le moût, et convient particulièrement à certains cépages comme le Sauvignon ou le Colombard. Dans la « macération de bourbes », les bourbes issues du débourbage statique sont rassemblées dans une cuve réfrigérée et brassées pendant plusieurs jours. Après filtration et fermentation, elles donneront un vin blanc également riche en thiols.
Cuvaison : Le moût est ensuite mis en cuve pour y subir la fermentation alcoolique. Ces cuves de fermentation peuvent se présenter sous plusieurs aspects : en bois de chêne, en ciment revêtu d’époxy, en acier émaillé ou inoxydable ou en résine époxy. Pour les cuves de grand volume, la maîtrise de la température, généralement autour de 18 °C, devient nécessaire. La majorité des éléments aromatiques (acétates d’alcool et esters éthyliques d’acides gras) est synthétisée par les levures lors de la fermentation de jus clair au-dessous de 18 °C. Cependant, la limpidité et la température basse constituent des facteurs de ralentissement de la fermentation. Le recours à un levurage avec des levures sélectionnées pour ces conditions de travail difficiles devient alors primordial. À l’inverse, certains producteurs cultivent leurs vignes en bio ou en biodynamie : les bourbes étant de qualité, sans produits chimiques de synthèse néfastes aux levures, elles sont conservées dans le vin. La turbidité du moût garantit une bonne alimentation des levures et la vinification en cuves de petite taille ou en barriques ne nécessite alors pas de maîtrise du froid.
La fermentation démarre spontanément sous l’action des levures naturelles du raisin. Le vinificateur peut aussi choisir d’utiliser une levure sèche active du commerce. Elle peut contribuer à exprimer les caractéristiques d’un cépage ou d’un mode de vinification particulier. Pour un vin blanc sec, la fermentation se poursuit jusqu’à épuisement des sucres. Le vin est alors généralement soutiré pour éliminer les lies. Lors de la fermentation en barrique, la température dépasse souvent 20 °C, voire 25 °C.
Après la fin de fermentation, le vin peut aussi faire la fermentation malolactique ou FML. Cette seconde fermentation assurée par des bactéries, désacidifie le vin : elle transforme l’acide malique, qui porte deux groupements carboxyles, en acide lactique, qui n’en porte qu’un. Cette opération, qui diminue l’acidité mordante d’un vin, n’est toutefois pas toujours souhaitable, ni pratiquée. En zone méridionale, l’acidité est précieusement conservée pour conférer au vin sa vivacité destinée à rafraîchir les arômes du vin. Lors de cette fermentation, les arômes variétaux du cépage sont atténués au profit d’une augmentation de la rondeur et du volume en bouche des vins lors du vieillissement en barrique. Elle confère une meilleure stabilité biologique aux vins de champagne.
Dans le cas d’un vin doux naturel, la fermentation alcoolique est arrêtée avant sa fin pour conserver une partie du sucre par mutage. L’arrêt peut être provoqué par ajout de SO2 (aseptisation du vin), par refroidissement brutal (anesthésie des levures), par filtration stérilisante (capture des levures dans un filtre à maille très fine), ou par la combinaison de plusieurs de ces méthodes. Un règle empirique pour déterminer le point de mutage, et qui permet d’avoir un bon équilibre alcool acquis / sucre résiduel, consiste à laisser autant de degrés potentiels que de degrés acquis au-dessus de 10 % vol. Pour les vins liquoreux les plus sucrés, la fermentation s’arrête spontanément par excès de sucre et d’alcool : l’alcool étant un déchet pour les levures, elles sont empoisonnées à forte dose. Dans le cas des vins doux naturels, c’est un ajout d’alcool vinique qui arrête la fermentation. La FML n’est pas faite sur les vins doux car les bactéries lactiques dégraderaient préférentiellement le sucre ce qui donnerait une piqûre lactique (vin aigre doux). De plus, l’équilibre acidité/sucre du vin supporte une bonne vivacité.
Une vinification dite « réductrice », ou encore « technologique » a été mise au point. Très à la mode en Australie et en Nouvelle-Zélande, cette technique vise à obtenir des vins blancs très aromatiques ; elle est très intéressante sur des cépages aromatiques comme le sauvignon B, le colombard B ou le riesling B, moins pour des cépages comme le chardonnay B. Elle agit par la limitation des phénomènes oxydatifs du moût ou du vin à tous les stades de l’élaboration : l’usage de gaz inertes comme le CO² isole le raisin de l’oxygène de l’air, le froid inhibe partiellement l’action des enzymes oxydatives du moût : la tyrosinase, enzyme naturelle du raisin, et la laccase, enzyme issue de la pourriture grise, très active dans l’oxydation. Cette dernière peut être éliminée par le tri du raisin. La forte limitation de la quantité de polyphénols dans le vin par réduction du temps entre récolte et pressurage est une autre technique qui vise à garder un vin très pâle, protégé du jaunissement
Tout vin, après ses fermentations, nécessite des soins constants pour être apte à la consommation. C’est l’ensemble de ces pratiques qui est connu sous le nom d’élevage, avant la mise en bouteille.
Élevage du vin blanc : L’élevage peut se faire en cuve. Il dure alors juste le temps nécessaire à la clarification et à la préparation au conditionnement (mise en bouteille ou en caisse-outre), mais peut être prolongé par un élevage sur lie. Ce type d’élevage consiste à remettre régulièrement en suspension les lies fines du vin. Les levures mortes constituant les lies fines se désagrègent (autolyse), donnant au vin du volume et du gras pour soutenir le fruité. Cette opération est le bâtonnage, agitation des lies au fond de la barrique à l’aide d’un bâton. Cependant, cette technique demande à être bien maîtrisée, sinon le vin risque de prendre un goût de réduit du fait de l’activité sulfite réductase des levures. Cette opération peut avoir lieu en cuve, comme dans le muscadet, en barrique comme en Bourgogne et pour beaucoup de chardonnay élevés en barrique, ou en bouteille comme pour le champagne.
L’élevage peut aussi se faire en barrique. Le vin y est logé après la fermentation, mais la fermentation elle-même peut aussi y avoir lieu. La barrique a un double rôle : elle aromatise le vin en lui donnant des parfums de pain grillé, de beurre, de vanille, mais elle aide aussi à l’élever en lui apportant une quantité très faible et régulière d’oxygène qui traverse la paroi en bois. Cet oxygène contribue à polymériser les composés du vin, le rendant moins agressif et mieux équilibré.
Assemblage : L’assemblage consiste à mélanger des vins différents dans le but d’obtenir la cuvée finale désirée. Il peut s’agir d’assemblage de cépages (cas des vins de Bordeaux ou des vins du Languedoc-Roussillon) ou d’assemblage de millésime et de cuvées (cas des champagnes).
Cet assemblage peut être purement quantitatif : différentes cuvées sont assemblées pour arriver au volume désiré. Il peut aussi être qualitatif ; le dégustateur ou une équipe de dégustateurs (maître de chai, œnologue, propriétaire du domaine, etc.) déterminent la quantité de chaque vin à assembler dans la cuvée finale pour en obtenir l’optimum qualitatif. En vinification, l’assemblage est encore empirique ; on ne peut prévoir que l’assemblage de deux cuves ou plus donnera le produit espéré. Les seules valeurs sûres sont les valeurs analytiques (titre alcoométrique, acidité, pH, etc.).
Clarification : Photographie en couleur montrant le dépôt de lie dans une barrique à fond transparent. Les lies ressemblent à une couche de vase de quelques millimètres d’épaisseur de couleur blanc crème. La lueur qui traverse le vin encore trouble laisse penser qu’une lumière est placée contre l’autre fond. La barrique repose sur une étagère industrielle métallique.
La clarification consiste à retirer les éléments non solubles en suspension dans la solution hydroalcoolique que constitue le vin et la stabilisation vise à conserver leur solubilité aux éléments dissous dans le vin durant toute la période de conservation en bouteille et de consommation à table du vin.
Pour clarifier un vin, on attend le dépôt des particules au fond du récipient vinaire; cependant, cette opération peut être accélérée par l’utilisation de colles œnologiques. Ces additifs se fixent sur les particules insolubles et les entraînent vers le fond.
L’acide tannique (ou gallotannique) C76H52O est utilisé pour la clarification du vin blanc, comme la caséine, la gélatine ou l’ichtyocolle.
Stabilisation : La majorité des composés du vin sont à l’état dissous dans le vin ; certains peuvent toutefois reprendre une forme insoluble au cours du vieillissement ou de la conservation du vin, c’est le cas de l’acide tartrique. Avec le potassium, il constitue un sel, le bitartrate de potassium qui se présente sous la forme de petits cristaux au fond de la bouteille. Ce phénomène est naturel, mais de nombreux producteurs cherchent à éviter ce phénomène : les revendeurs et les consommateurs non avertis prennent ces cristaux pour un défaut. Or, il est provoqué ou accéléré par un stockage au froid : la basse température diminue sa solubilité. L’habitude de rafraîchir le vin blanc rend ce vin particulièrement sensible à ce phénomène.
Plusieurs solutions s’offrent pour stabiliser ce vin. La première est de refroidir le vin à une température négative proche du point de congélation pendant plusieurs semaines. Le sel de bitartrate de potassium précipite et les cristaux peuvent être éliminés par filtration avant le conditionnement, en bouteille ou bag-in-box. Cette solution est coûteuse en énergie de réfrigération et peut modifier négativement les qualités organoleptiques du vin. Une autre solution consiste à introduire dans le vin de l’acide métatartrique, polymère de l’acide tartrique. Son mode d’action encore méconnu, empêcherait les cristaux microscopiques de grossir, mais l’effet n’est pas durable à long terme (entre six et dix-huit mois) car il s’hydrolyse à la chaleur. Une troisième voie est l’électrodialyse : un courant électrique entre deux plaques attire les ions du vin et permet de les éliminer. Cette solution agit non sur l’acide tartrique, mais aussi sur le potassium et le calcium responsable de la formation du bitartrate insoluble. Elle permet une stabilisation définitive. Le constat d’une meilleure stabilité tartrique des vins blancs élevés sur lie fine a conduit à faire des recherches dans ce domaine. Une protéine issue de l’hydrolysat des levures (mannoprotéines) permettrait aux sels de tartre de conserver leur solubilité. L’addition de ce composé obtenu industriellement permet d’envisager une stabilisation de bonne qualité. Cette solution moins coûteuse en énergie et équipement de réfrigération ne modifie pas la perception aromatique du vin. Cependant, des essais menés par l’Institut Coopératif du Vin en Languedoc-Roussillon ne montrent pas une efficacité probante. Enfin, l’étude de l’adjonction de gomme de cellulose ou carboxyméthylcellulose (CMC), menée depuis quelques années5 a abouti à son autorisation depuis 2009 (Règlement CE 606/200966). Quelques producteurs qui vendent eux-mêmes leur production directement au consommateur, expliquent ces phénomènes naturels à leurs clients ; ces derniers, informés, servent le vin délicatement de manière à garder au fond de la bouteille les cristaux formés.
La présence de protéines instables susceptibles de créer un trouble visuel (casse protéique) dans le vin demande aussi une stabilisation. Un traitement à la bentonite permet de précipiter les protéines instables qui peuvent alors être éliminées par soutirage et filtration. Les protéines peuvent également réagir avec l’acide métatartrique ajouté au vin pour prévenir les précipitations tartriques : le vin perd alors sa brillance et devient opalescent comme du petit lait. Certains cépages sont naturellement plus riches en protéines (muscat…), les teneurs varient également en fonction des millésimes et des niveaux de maturité.
Enfin certains vins blancs peuvent être victimes de rosissement. Ce phénomène se manifeste par la légère coloration rosée du vin qui prend ainsi l’apparence d’un vin « taché », c’est-à-dire qui serait contaminé par la présence d’anthocyanes des vins rouges. Pourtant il n’en est rien. Le phénomène est dû à la présence d’un polyphénol dissous normalement incolore, mais qui devient rose sous l’effet de l’oxydation. Un collage à la PVPP permet généralement d’éliminer le substrat d’oxydation. Certains cépages sont plus particulièrement sensibles au rosissement : sauvignon B, viognier, grenache B…
Sulfitage : Le SO2, anhydride sulfureux ou dioxyde de soufre est utilisé lors de toutes les opérations œnologiques, de la récolte au conditionnement. Il joue un rôle protecteur sur le vin vis-à-vis des phénomènes d’oxydation, de l’action enzymatique oxydasique (enzymes qui oxydent les polyphénols du vin) et de la maîtrise des populations microbiennes, levures et bactéries (effet antiseptique).
Les doses maximales admises tiennent compte de la teneur en sucre du vin : en effet, le sucre résiduel est susceptible d’être attaqué par des microorganismes, provoquant un redémarrage de la fermentation. En France, la dose est limitée à 150 mg/litre pour les vins de pays, 185 pour les vins effervescents, 200 pour les vins doux naturels, 200 pour les vins blancs secs, 250 pour les vins blancs dont le taux de sucre résiduel est supérieur à 5 g/litre (vin moelleux) et 300 pour les vins liquoreux.
Filtration : Pour la vente aux particuliers ou aux restaurants, le vin est filtré, si nécessaire, puis conditionné. La filtration consiste à faire passer le vin à travers un élément filtrant destiné à retenir les particules fines en suspension dans le vin. Il peut s’agir de terre très fine (Kieselguhr), de plaques cartonnées, de membranes ou de filtration tangentielle.

Conditionnement du vin blanc : Traditionnellement, le vin destiné à la vente de détail était stocké en cuve ou en tonneau chez le marchand de vin, le consommateur étant servi « à la tireuse ». L’apparition de la bouteille en verre a révolutionné le monde du vin. L’absence de transvasement et donc de contact avec l’oxygène de l’air a apporté une nette amélioration à la qualité du produit. D’autres contenants ont vu le jour : « brique » (développée par Tetra Pak), bouteille de polytéréphtalate d’éthylène (PET), canette à boisson, caisse-outre (« cubitainer » ou « bag-in-box »).

Couleur du vin blanc : La couleur du vin blanc est aussi variée que celle des types de vins. Le terme le plus couramment cité est le jaune. La richesse du vocabulaire laisse cependant la place libre aux analyses visuelles, entre la couleur proprement dite et celle de la nuance (disque de couleur souvent différente à la jointure entre le vin et le verre).
À la fin du XXe siècle, les constituants du vin responsables de la couleur n’étaient toujours pas clairement identifiés. Longtemps, les flavones du raisin ont été considérés comme responsables de la couleur jaune ; cependant, leur très faible dissolution dans le vin, à cause d’une macération courte, a conduit à rechercher d’autres molécules. Une thèse de Biau en 1995 évoque l’influence de polysaccharides, de protéines et de quelques acides phénols.
Léglise précise qu’« on utilisera le terme or si l’aspect est très brillant et riche en reflets, en le précisant par les diverses nuances propres à ce métal (…) Si, avec une limpidité correcte, le vin ne jette pas de lumière et n’irradie pas de reflet, on lui donnera seulement le vocable jaune. » Dans une échelle des couleurs, le vin blanc peut être quasi incolore, blanc. Jeune, il prend généralement une teinte verdâtre pâle ou jaune pâle. Sa couleur jaunit et fonce avec l’âge et l’élevage, devenant or, puis cuivre et finissant ambrée. Un des vins les plus sombres au monde est atteint avec un cépage blanc, le pedro ximenez (ou PX). Le taux de sucre fait aussi évoluer la couleur des vins vers des teintes plus soutenues, comme la nature du cépage ; un sauvignon blanc bordelais ou un melon du muscadet ont une teinte verdâtre alors que le chardonnay ou le traminer cultivés et vinifiés dans des conditions comparables seront jaunes.

Arômes du vin blanc : Les arômes du vin blanc couvrent presque toute la palette des arômes du vin.
Les arômes fruités comprennent les agrumes, dont le citron et le pamplemousse, les fruits blancs comme la pomme, le coing, la pêche ou l’abricot, ou encore les fruits secs (noix, noisette) ; les fruits exotiques sont aussi présents : ananas, mangue ou litchi. Bien évidemment, la palette aromatique inclut ces arômes cuits : compote, confiture, fruits confits, etc. Les vins blancs peuvent aussi véhiculer des arômes floraux d’acacia, de chèvrefeuille, de verveine, de violette, etc. (les senteurs de miel peuvent y être assimilées).
Le vieillissement amène également d’autres arômes au vin. L’élevage en barrique apporte des senteurs de vanille, beurre, brioche, pain grillé, caramel, etc. L’élevage long des vins comme le vin jaune ou le xérès donne des arômes typiques de noix fraîches, d’amande ou de noisettes.
Enfin, le terroir peut donner un arôme caractéristique d’une région. Ainsi, les arômes minéraux de pierre à fusil (odeur de silex ou de pierre de briquet) sont-ils bien exprimés par le chardonnay B ou le sauvignon B comme les senteurs de pétrole sont typiques des rieslings B alsaciens vieux.
Même des arômes que l’on pourrait croire réservés aux vins rouges sont présents dans les vins blancs ; c’est le cas de ceux que l’on trouve en particulier dans certains vins de champagne blancs élaborés à partir de raisins noirs et qui rappellent les fruits rouges (fraise, framboise, myrtille, groseille).

Goût du vin blanc : Lors de la mise en bouche, le vin blanc possède un équilibre du vin différent du vin rouge duquel on a ôté la structure tannique. L’équilibre n’est plus fondé que sur l’alcool et l’acidité ; c’est un facteur qui explique la difficulté de vinifier un vin blanc.
Pour les vins blancs moelleux et liquoreux, la présence de sucres ajoute un paramètre, permettant d’équilibrer l’alcool et l’acidité.
L’élevage en barrique apporte une touche boisée au vin ; les tanins du chêne lui donnent de la structure. Les vins les plus puissants, comme certains grands crus de Sauternes (Château d’Yquem par exemple), supportent même le vieillissement en bois neuf.

Verre à vin blanc : Depuis que les récipients en verre existent, des verres spécialisés pour chaque type de vin ont été créés. Ainsi, de nombreux verres, spécifiques aux vins blancs, existent dans de multiples régions productrices de ce vin. Le verre doit être parfaitement transparent et incolore si on veut correctement apprécier la couleur du vin. Toutefois, les designers et fabricants de vaisselle ont créé des verres à vin blanc à pied vert ou bleu. Ces couleurs flattent celle du vin ; elles donnent une couleur artificielle à la nuance (cordon de reflet qui souligne la séparation entre le verre et le vin), rajeunissant l’impression perçue.
Les vins effervescents sont eux, servis dans les récipients particuliers que sont la flûte et la coupe. La flûte est le contenant préféré des professionnels de la dégustation : sa forme concentre les arômes vers le nez du dégustateur et sa hauteur permet d’apprécier la finesse des bulles qui remontent à la surface. La coupe, elle, est déconseillée par sa forme trop évasée : elle ne conserve pas le cordon de mousse et le gaz et les arômes s’échappent trop vite. Selon une légende, cette forme de verre a été mise au point d’après la forme du sein de la Marquise de Pompadour. Elle date d’une époque où les vins étaient majoritairement plus doux et moins aromatiques. Depuis les années 1930 et avec l’habitude de consommer des vins effervescents plus secs, la flûte lui a ravi la place. La coupe est aussi utilisée pour les mélanges où elle permet de recevoir une olive piquée qui baigne dans un cocktail moussant, et pour les spectaculaires pyramides de verres qui couronnent les fêtes.
Outre cette variété de verres, le travail d’une équipe de dégustateurs, dont Jules Chauvet de l’INAO en France, a abouti à la création, en 1970, du verre INAO. C’est un verre à la paroi fine et au galbe calculé pour être apte à la dégustation de tous les vins. Ce verre est utilisé, entre autres, lors des dégustations d’agrément, passage obligé pour que les vins puissent prétendre à porter le nom d’une appellation d’origine contrôlée. Ce verre simple mais élégant peut aussi être utilisé pour servir les vins à table.

Achetez ici et au meilleur prix du marché vos verres à vin blanc :

Le vin blanc dans l’art : Depuis le Moyen Âge, le vin blanc a inspiré de nombreux peintres que ce soit pour les natures mortes ou pour la représentation de la vie quotidienne, de la fête ou de l’excès. L’abondance de peintures anglaises, hollandaises ou germaniques au xviie siècle correspond à une consommation importante de vin blanc à cette époque là5, le vin remplaçant la consommation de bière dans l’aristocratie et la bourgeoisie.
Le vin blanc a aussi inspiré dessinateurs, caricaturistes, publicitaires…
Le vin blanc dans la littérature : Nombre d’auteurs, de poètes, de philosophes ont célébré le vin en général ; toutefois, les citations deviennent beaucoup plus rares quand il s’agit d’en citer la couleur. Des auteurs de toutes époques ont parlé, utilisé le vin blanc pour illustrer leur propos ; sérieux ou teinté d’humour, le vin blanc est présent dans toutes sortes d’œuvres, romans, poésie, philosophie même. Le vin blanc le plus couramment cité dans la littérature francophone est le champagne.
François Rabelais, bon vivant angevin, célèbrera à maintes reprises le petit vin blanc d’Anjou qu’il appréciait et qu’il fit apprécier de ses héros littéraires.
« Sauter, danser, faire les tours – Et boire vin blanc et vermeil, – Et ne rien faire tous les jours – Que compter écus au soleil. »
— François Rabelais
Au siècle des Lumières, Voltaire et Casanova célèbrent le vin des fêtes, bu sur les bonnes tables.
« Chaque convive avait à sa droite une bouteille qui pouvait être du vin blanc ou de l’hydromel. Je sais que je bus … de l’excellent bourgogne blanc »
— Casanova
« De ce vin frais l’écume pétillante
De nos Français est l’image brillante. »
— Voltaire
Le vin blanc s’essaie aussi à l’humour, au théâtre avec Marcel Pagnol ou dans une chronique radiophonique pour Pierre Desproges.
« Servez-moi une bouteille de vin blanc s’il est frais.
— S’il est frais ? Touchez-moi ça ! On dirait que ça vient des vignobles du pôle Nord ! »
— Marcel Pagnol
« En juin, au marché des pêcheurs, on ne se piétine pas encore : on flâne. Derrière le port, la tomate-cerise est pour rien à l’étalage de la maraîchine. On la croque au sel sur le sable avec une branche de basilic et un verre de vin blanc de Brem glacé »
— Pierre Desproges
Michel Onfray a rédigé un ouvrage basé sur le Sauternes. À partir du vin et de son terroir, sa réflexion philosophique dépasse largement le cadre viticole

Le vin blanc dans la chanson : Le vin blanc célébré par les poètes a parfois été mis en musique. La chanson la plus connue en relation au vin blanc est probablement : Ah ! le petit vin blanc de Jean Dréjac et Charles Borel-Clerc, chantée par Tino Rossi :
Refrain de la chanson « Ah ! Le petit vin blanc »
Ah ! Le petit vin blanc
Qu’on boit sous les tonnelles
Quand les filles sont belles
Du côté de Nogent
Et puis de temps de temps
Un air de vieille romance
Semble donner la cadence
Pour fauter, pour fauter
Dans les bois, dans les prés
Du côté, du côté de Nogent

Une Pointe de Champagne est une chanson d’Harry Fragson, créée vers 1890105. Je suis pocharde, chanson de Louis Byrec, écrite par Yvette Guilbert, vers 1895 fait la part belle au plus connu des effervescents :
« J’viens d’la noce à ma sœur Annette
Et, comm’ le champagne y pleuvait,
J’n’vous l’cach’pas, je suis pompette,
Et j’ai pincé mon p’tit plumet.
Je sens flageoler mes guiboles
J’ai l’cœur guil’ret, l’air folichon
J’suis prête à faire des cabrioles
Quand j’ai bu du Moët et Chandon. »

Même certains cépages ont droit de cité dans la chanson, telle celle intitulée Le Sauvignon, d’Hubert Lapaire en 1926 :
« J’dounn’rais l’bordeaux vou l’bourguignon
Et tous vos sacrés vins d’champagne
Pour un p’tit fût de c’sauvignon
Qui dore l’cotiau d’nout’ campagne
Il est v’louteux, il est blondin
C’est du p’tit vin, franch’ment nature…
Si ben qu’avant la Saint Martin
J’mettrons l’gosier sous la champ’lure »

Plus près de nous, Boris Vian a célébré « le muscadet dans des verres verts, Un vin frais, Qui égaie » dans sa chanson Musique Mécanique. Jacques Higelin a écrit la chanson Champagne sur l’album Champagne pour tout le monde : « Me chercher sans retard l’ami qui soigne et guérit la folie qui m’accompagne et jamais ne m’a trahi. Champagne !! »

Les proverbes : La consommation de vin blanc a aussi été citée dans les proverbes :
« Blanc puis rouge, rien ne bouge, rouge puis blanc, tout fout le camp », signifie que boire du vin blanc après quelques bonnes rasades de vin rouge entraîne inévitablement quelques désagréments d’ordre physique et qu’une goutte de blanc dans du rouge n’altère pas le vin rouge alors qu’une goutte de rouge dans du blanc peut l’altérer ;
« Au matin, bois le vin blanc. Le rouge au soir pour faire le sang » est un proverbe bourguignon.