Aloe vera

Aloe vera : L’ Aloe vera ou aloès des Barbades est une espèce d’aloès (famille des Liliacées comme l’oignon, l’ail, l’asperge – Nom botanique : Agave americana) est d’origine incertaine mais cultivée de longue date en région méditerranéenne, Afrique du Nord, aux îles Canaries et au Cap-Vert. Connu depuis l’Antiquité mais surtout utilisé depuis le premier siècle, l’Aloe vera a été adopté dans les médecines traditionnelles de nombreuses régions chaudes du monde, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord d’abord, puis d’Inde, de Chine et d’Asie essentiellement après le Xe siècle et d’Amérique après le XVIIe siècle. Actuellement, le gel d’aloès rentre principalement dans la composition de cosmétiques ou de boissons.
À La Réunion, Aloe vera est appelé aloès amer ou mazambron, aux Antilles françaises, alwè ou lalwè en créole.
Origine : L’origine des Aloe vera est obscure en raison de la longue histoire de sa culture remontant à l’Antiquité et de l’absence de population sauvage.
Pour les auteurs de Flora of China, Aloe vera est étroitement apparentée à l’espèce Aloe indica Royle, croissant au nord de l’Inde, au Népal et en Thaïlande. Elle en diffère essentiellement par la couleur des fleurs, jaune pâle chez A. vera et rouge chez A. indica. La couleur des fleurs étant variable chez les Aloe, les auteurs en concluent que A. vera et A. indica sont con-spécifiques. Par contre pour Leonard Newton « l’origine exacte de A. vera est incertaine, mais il est vraisemblable que ce soit la Péninsule Arabique, qui est aussi l’aire d’origine de l’espèce très proche et peut être con-spécifique, Aloe officinalis Forssk. ».
Étymologie : Le nom générique Aloe vient du latin aloë et du grec αλόηn.
La plante appelée aloe était connue des auteurs de l’Antiquité gréco-romaine comme Pline et Dioscoride et devait désigner l’espèce Aloe vera dont le suc était utilisé en pharmacie. L’épithète spécifique vera dérive du latin vērus (féminin vera) « vrai, authentique ».

Suc et gel d’aloès : Sous la cuticule et le derme dans lequel circule la sève (donnant le suc) apparaît au centre la pulpe, parenchyme mucilagineux fournissant le gel d’aloès.
Des extraits de feuilles d’Aloe vera sont utilisés comme drogue sous forme de suc ou entrent dans la composition de cosmétiques, de spécialités dermatologiques ou de produits alimentaires sous forme de gel.
Le suc d’aloès est contenu dans les cellules péri-cycliques et s’écoule spontanément lorsque la feuille est coupée. Le gel d’aloès est constitué par le mucilage des cellules polyédriques de la région centrale de la feuille.
– Le suc d’aloès. Traditionnellement, le suc (ou exsudat) était récueilli dans des pots en le laissant s’écouler spontanément des feuilles, après incision de celles-ci sur pied. Il était ensuite concentré par ébullition pendant quelques heures. Cette forme séchée de la sève permet d’obtenir les formes galéniques usuelles, poudre et teinture, utilisées dans la préparation des spécialités pharmaceutiques destinées exclusivement aux indications digestives.
La drogue se présente sous forme d’une masse solide brun chocolat à presque noire.
– Le gel d’aloès. La récolte artisanale du gel d’aloès se fait en coupant longitudinalement les feuilles et en raclant la pulpe centrale mucilagineuse. Pour éviter des effets laxatifs, le gel ne doit pas contenir de latex. Cette pulpe fraîche se dégrade rapidement du fait de son oxydation à l’air libre, ce qui limite son usage aux personnes ayant des feuilles d’aloès fraîches sous la main. Cependant depuis les travaux d’un pharmacien texan nommé Bill Coats, dans les années 1960, on sait comment stabiliser la pulpe fraîche en effectuant un traitement qui neutralise l’action des enzymes à l’origine de l’oxydation et du rancissement. Le processus de stabilisation, protégé par un brevet, consiste à laisser incuber la pulpe dans des cuves, en y ajoutant de la vitamine C et E et du sorbitol. Cette technique a permis le développement de méthodes industrielles d’exploitation et de production d’aloès.
– Le gel est d’aspect visqueux, transparent, sans odeur et légèrement amer.

Citation de l’écrivain français Michel Houellebecq : « Peu après que nous eûmes rejoint l’autoroute A7, elle alluma son Iphone et brancha ses écouteurs avant de se recouvrir le yeux d’un bandeau imprégné d’une lotion décongestionnante à l’aloe vera. »  in Sérotonine (2019, Éditions Flammarion).

Production : Les principaux pays producteurs de gel sont le Mexique, la République dominicaine et le Venezuela. L’Asie (Chine, Thailande) et l’Australie fabriquent l’essentiel du reste des produits commercialisés dans le monde.
Composition chimique : L’Aloe vera est une plante des milieux arides qui stocke l’eau dans ses feuilles. Aussi, l’eau est-elle le principal constituant de la feuille et représente de 98 à 99 % de son poids. La matière sèche qui ne représente donc que 1 à 2 %, est constituée à 60 % de polysaccharides.
La feuille d’Aloe vera contient plus de 75 composés actifs (polysaccharides, composés phénoliques, acides organiques) ainsi que 20 minéraux, 20 acides aminés et 12 vitamines. Les principaux métabolites secondaires sont des composés phénoliques de type anthrone et chromone. Mais malgré les très nombreuses études, les activités thérapeutiques n’ont pas bien été bien corrélées avec les composés.
– la fraction glucidique est formée de monosaccharides (glucide, xylose…), de polysaccharides de réserves (acémannane, aloéride, cellulose…) stockés dans le protoplasme des cellules. L’acémannane, le principal glucide du gel, est un polymère à longue chaîne de glucomannanes, avec un ratio de 15 unités mannosyles pour une unité glucosyle. Il présente des acétylations des résidus mannose au niveau du carbone C2 ou C3.
– la fraction protéique est formée d’acides aminés, de glycoprotéines (alprogène, aloctine A et B, vérectine).
– la fraction lipidique (5 % de la du poids sec de la pulpe) est composée de stérols (cholestérol, campestérol, β-sitostérol, des phytostérols), des triterpènes (lupéol), des triglycérides et des phospholipides.
– les minéraux prépondérants sont le potassium, le calcium, le sodium, le magnésium et le phosphore.
– les vitamines principales sont la vitamine C et les vitamines B1, B2, B3 et B6.
– des acides organiques comme les acide malique, succinique, urique, isovalérique, d’acide-phénols comme l’acide cinnamique, vanillique, citrique, férulique.
– des anthraquinones (aloïne, isobarbaloïne, anthranol, aloe-émodine, émodine etc.). L’aloïne est située dans la couche externe de la feuille et constitue près de 30 % de l’exsudat de la feuille.
– des chromones : aloésone, aloérésine.
– des saponines, esters de phtalate, hormones de croissance.
Le suc d’aloès contient de 15 à 40 % de dérivés hydroxy-anthracéniques. L’aloïne est très largement majoritaire. En s’hydrolysant dans le tube digestif, elle libère l’aloe-émodine. L’aloïne a des propriétés laxatives et l’aloe-émodine est un stimulant irritant du tube digestif, avec des propriétés antifongiques, antibactériennes, hépatoprotectrices, antivirales et antitumorales28. Un métabolite de l‟isobarbaloïne, l’aloe-émodine-9-anthrone, est un puissant agent laxatif. Le suc contient aussi une fraction résineuse, à partir de laquelle ont été isolés de C-glucosides en C-8 : l’aloésine et l’aloérésine.
Le gel d’aloès est très riche en eau et ne semble pas renfermer de composés très spécifiques. Contrairement au suc, il ne renferme pas de dérivés anthracéniques. Il contient des acides gras, des stérols, acide-phénols, alcools, acide organiques etc.

Dangers : L’OMS classe l’aloe vera parmi les substances possiblement cancérigènes quand elle est consommée sous forme de pulpe.
La consommation excessive de la feuille complète d’Aloe peut causer des symptômes de toxicité dus à l’aloïne. Une étude portant sur des rats, a montré que l’ingestion d’extrait de feuille complète d’Aloe vera avait un effet irritant sur l’intestin et carcinogène sur le gros intestin. C’est pourquoi il faudrait s’assurer que l’aloe vera consommé ne soit que le gel (pulpe et jus), avec une proportion très minime d’aloïne. Seul le gel mucilagineux (issu du cœur de la feuille) est véritablement bon à être consommé. Certaines sociétés fabriquent des produits, notamment des gels d’Aloe vera à boire, en y mettant la feuille entière alors que d’autres font ces mêmes genres de produits mais avec seulement le gel. Ces derniers sont donc meilleurs pour la santé.

Emplois culinaires : La pulpe de l’Aloe vera est comestible. Riche en protéines et en vitamines (vitamines A, B1, B2, B6, C, E, choline).
On le trouve désormais en cuisine dans certaines préparations à base de poisson ou encore dans les salades de fruits, les glaces et les sorbets, dans les yaourts.