Argousier

Argousier : n.m.  L’argousier (famille des Éléagnacées – Nom botanique : Hippophae rhamnoides L.) est une espèce d’arbrisseau dioïque, épineux, originaire des zones tempérées d’Europe et d’Asie, présent dans une vingtaine de pays. Il est bien représenté également dans les régions subtropicales d’Asie, en altitude.
Hippophae rhamnoides est parfois orthographié Hippophaë rhamnoïdes.
Synonymes : Elaeagnus rhamnoides (L.) A. Nelson, Hippophae angustifolia Lodd., H. littoralis Salisb., H. rhamnoideum Saint-Lager, H. sibirica Lodd., H. stourdziana Szabó, Osyris rhamnoides Scop., Rhamnoides hippophae Moench.
Linné a repris un nom de Pline et Dioscoride, hippophaes, qui désigne une euphorbe épineuse, Euphorbia acanthothamnos. L’étymologie de cet hippophaes vient de cheval (hippos), et phaôs/phein qui signifie reluire. Les rameaux de l’argousier étaient utilisés durant l’antiquité grecque pour nourrir les chevaux afin de leur faire prendre du poids et de leur donner un poil lustré et luisant. L’épithète rhamnoides signifie « faux nerprun » (Rhamnus).
Les noms vernaculaires de l’espèce font en majorité référence à sa morphologie ou au milieu d’accueil : argasse, grisset, épine luisante, épine marante, saule épineux, faux nerprun, bourdaine marine, olivier ou ananas de Sibérie. Dans d’autres langues : sea-buckthorn en anglais, Sanddorn en allemand,
espino amarillo en espagnol et 沙棘属 en mandarin signifie littéralement genre, épine et sable. La proximité phonétique entre argousier et arbousier (Arbutus unedo) rend la confusion entre les deux plantes particulièrement fréquente.
Description : Ligneux très épineux, au port buissonnant, de 1 à 5 mètres (noté jusqu’à 18 m dans certaines flores, aux abords de pannes dunaires par exemple, il atteint facilement une dizaine de mètres alors qu’exposé au vent, la plante conserve des proportions moindres), nanophanérophyte (cf. classification de Raunkier) et caducifoliée. Sa longévité s’étend jusqu’à 80 ans. La plante dioïque est pollinisée par les insectes et dispersée par les oiseaux. C’est une pionnière, héliophile.
Les feuilles, caduques, alternes, simples, sont très étroites et présentent une seule nervure. Le pétiole est très court. Le limbe est vert à la face supérieure et gris argenté à la face inférieure. Les fleurs, apétales, très petites, sont verdâtres et apparaissent dès le mois d’avril, avant les feuilles. Les fruits, de forme ovoïde, sont complexes (fausses drupes), formés d’un akène entouré d’une partie charnue issue de la transformation du réceptacle floral. Globuleux, ils sont jaunes ou orange à maturité (vers le mois de septembre) et mesurent de 6 à 8 mm de diamètre.
Les arbustes portent généralement des fruits après trois ans et donnent des rendements maximaux après sept à huit ans. Les pieds mâles fleurissent un peu plus tôt que les femelles et pour une période de 6 à 12 jours ; 12 à 15 semaines sont nécessaires jusqu’à la pleine maturité des fruits.
Hippophae rhamnoides présente trois sous-espèces en Europe :
– Hippophae rhamnoides subsp. carpatica Rousi, l’argousier des Carpates, dans les sites forestiers et arbustifs de l’étage préalpin. Il appartient avec le Saule à l’association phytosociologique (communauté) du Salici-Hippophaetum rhamnoides (Kennart). Ses rameaux poussent droit. Les baies sont de forme sphérique ;
– Hippophae rhamnoides subsp. fluviatilis Soest, le faux nerprun se trouve principalement en zones préalpines et se caractérise par de longues branches flexibles, des feuilles ovales de 3-6 mm de large, des graines non aplaties. Son armure est moins prononcée ;
– Hippophae rhamnoides subsp. rhamnoides, l’argousier principal des réserves côtières, il y forme une association côtière des sables dunaires : Hippophao-Salicetum arenariae (Kennart). Son aspect est très épineux, ses branches courtes et rigides. Les pousses sont souvent tordues et noueuses. La forme générale des fruits est cylindrique, les graines aplaties.
Les caractères morphologiques varient considérablement en fonction du large éventail de conditions climatiques qui couvre l’aire de distribution du taxon (voir liste des taxons). L’argousier demande un sol légèrement humide en permanence (il appartient à la xérosphère dunaire), elle développe un système racinaire étendu pour capter l’humidité des sols et les eaux souterraines et supporte des températures négatives.
Distribution et habitat :

Distribution et habitat : Au Tardiglaciaire, le taxon pouvait être présent sur l’ensemble du territoire européen selon les types de sols et les dynamiques végétales déjà en place. C’est une essence pionnière qui a la particularité de contribuer à l’enrichissement du sol en azote et donc de favoriser l’installation d’espèces plus exigeantes (voir usages). Lors de la reconquête de la végétation après le Dernier Maximum Glaciaire (DMG)4, Hippophae rhamnoides a fait partie des premiers ligneux à recoloniser les espaces précédemment occupés par une végétation maigre de type steppe-toundra, son aire de répartition alors n’était pas disjointe comme elle l’est actuellement. Cette aire actuelle, limitant les échanges génétiques, concourt à la mise en place d’une sélection qui à conduit à la distinction en deux sous-espèces différentes (voir détermination des deux sous-espèces : ssp. rhamnoides et ssp. fluviatilis).
L’espèce est spontanée dans les régions tempérées de l’Eurasie :
– en Afrique du Nord : Algérie et Maroc.
– en Europe : Scandinavie, îles Britanniques, Europe centrale et occidentale (Autriche, Benelux, Allemagne, Pologne, Suisse…), Europe de l’Est (Russie, Ukraine, République de Moldavie) et Europe méridionale (péninsule Ibérique, France, Italie, Roumanie, ex-Yougoslavie…) ;
– Asie : de l’Iran et la Turquie jusqu’à la Mongolie et la Chine (Gansu, Hebei, Qinghai, Shaanxi, Shanxi, Sichuan, Xinjiang, Tibet, Yunnan…), en passant par le Caucase, (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Daguestan) et l’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan), la Chine possède la plus grande superficie (920 000 ha) et également la plus grande variété d’espèces ;
– dans le sous-continent indien (en particulier dans l’Himalaya).
En Russie, on évalue à quelque 200 000 ha de forêts naturelles d’Hippophae, plus 6 000 ha en plantations. La Chine possède la plus grande surface avec quelque 920 000 ha et la plus grande variété dans le genre.
En France, l’aire de répartition actuelle de l’Argousier est scindée en deux habitats particulièrement distincts tant géographiquement qu’écologiquement : les dunes littorales et les massifs montagneux. Elle est naturelle, plantée ou sub-spontanée :
C’est dans les Alpes du Sud que l’argousier est le mieux représenté, des étages collinéens à subalpin ;
L’espèce est assez commune sur les alluvions du Rhône, des torrents alpins et de la portion alsacienne du Rhin ;
Présente sur tout le littoral dunaire, dans la portion stabilisée des massifs de la Manche et de la Gascogne.
L’argousier est exotique au Canada et aux États-Unis d’Amérique mais préconisé pour lutter contre l’érosion des sols. Ce sont les immigrants russes qui ont importé l’argousier en Amérique au début du XXe siècle.

Emplois de l’argousier :
– Les fruits, acides et astringents, sont comestibles sous forme de confiture, compote, gelée ou sorbet. En Sibérie et Asie, les fruits sont mangés avec du lait et du fromage.
– Ils servent traditionnellement de condiments en Himalaya et, dans les pays nordiques où ils sont utilisés dans les sauces de poisson.
– Des arômes d’argousier entrent dans la composition d’une marque de vodka Гжелка облепиха et d’autres produits à base d’alcool.
– En Asie, plus de 200 produits alimentaires ou médicinaux sont fabriqués à partir de l’argousier. En France, certains agriculteurs dans la vallée de la Durance ont réagi à la baisse du marché des fruits en se lançant dans la culture de l’argousier.
– Aujourd’hui, le jus d’argousier est très recommandé en phytothérapie grâce à sa forte teneur en vitamines ACE notamment. Le jus d’argousier cultivé dans les Alpes du sud est un des plus riches en vitamine C.
L’huile d’argousier peut être utilisée comme produit alimentaire et comme produit pharmaceutique (qui remonte à l’Antiquité). On trouve l’argousier en Europe dans les régions montagneuses, il y en a aussi beaucoup en Chine (Himalaya) mais aussi en Russie, au Canada et en Mongolie. Il existe deux sources d’huile dans les baies d’argousier : l’huile de pépins d’argousier et l’huile de la pulpe du fruit. Il existe également l’huile de marc (tirée de l’ensemble du fruit et des pépins d’argousier). Il existe plusieurs méthodes d’extraction de l’huile d’argousier. Elle peut être extraite soit par macération, par pression à froid, par centrifugation ou bien par pression au gaz.
Les huiles d’argousier (rares) contiennent beaucoup de vitamine E (330,4 mg/100 g), de vitamine A (378 mg/100 g) et des Oméga 3.6.7 et 9