Betterave

Betterave : n.f.  La betterave est une plante potagère (famille des Chénopodiacées – Nom botanique : Beta vulgaris subsp. vulgaris) dont on consomme la racine charnue.
On distingue trois types de betteraves : la betterave fourragère destinée à l’alimentation des animaux (bovins notamment), la potage potagère, plus connue sous le nom de betterave rouge et la betterave sucrière, encore appelée industrielle réservée à l’industrie sucrière.
Cette dernière fut implantée en France au début du XIXe siècle pour remplacer le sucre de canne qui n’arrivait plus dans nos ports à cause du blocus continental. Elle s’est vite développée dans les plaines à sol riche et frais. La betterave est une plante bisannuelle de la famille des Chénopodiacées. La première année il y a production d’une rosette de feuilles et d’une racine conique dont les réserves servent la seconde année à alimenter une hampe florale et la production de graines. Sa culture est une tête d’assolement avant le blé. Les semis ont lieu fin mars – début avril, en terre bien préparée. On sème en place 110 000 graines /hectare avec un semoir de précision qui permet de les disposer à intervalle régulier sur la ligne.
Ce mode de semis en place permet aujourd’hui de ne plus réaliser l’opération du démarriage, autrefois très longue. Le désherbage est réalisé chimiquement avec des produits sélectifs. Des analyses de terre et un bilan prévisionnel de fumure permettent à la fois d’augmenter la production et d’éviter des pollutions par des nitrates en excès. En 20 ans la fumure azotée a été réduite par deux sur cette culture.
Dès la levée, la plante forme une rosette de feuilles, laboratoire dans lequel se forme le sucre à partir de la photosynthèse. Ce sucre est stocké dans la racine, qui en contient de 16 à 20 % à la récolte.
La récolte a lieu de septembre à décembre, avec d’impressionnantes arracheuses automotrices. Les racines sont stockées sur aires au bord des routes, avant d’être chargées dans les camions vers les sucreries. Un hectare produit environ 70 tonnes de racines à 18 % de sucre environ, soit 13 à 14 tonnes de sucre/ha en moyenne.
Économie : La culture de la betterave sucrière occupe environ 4,4 millions d’hectares dans le monde (Voir tableau ci-après), surtout en Europe du Nord et aux États-Unis.
La production mondiale (FAO 2013) de betteraves sucrières est de 250 millions de tonnes, dont 108 pour l’Union Européenne.
La France est le premier producteur mondial de sucre de betteraves. Cette culture est concentrée dans le nord et l’est du pays ainsi que dans le bassin parisien.
Dans l’Union européenne, la culture de la betterave sucrière est réglementée dans le cadre de la politique agricole commune. Chaque pays dispose d’un quota de production autorisé en dessous duquel le prix est garanti, à un niveau supérieur au cours mondial.

Production en millions de tonnes. Chiffres 2014
 Russie 39,3
 France 33,6
 États-Unis 29,7
 Allemagne 22,8
 Turquie 16,5
 Chine 12,1
 Ukraine 10,8
 Pologne 10,6
 Égypte 10,5
 Royaume-Uni 8
Total Mondial 250,2
Données de FAOSTAT (FAO)

Utilisations de la betterave : Les sucreries produisent du sucre raffiné parfaitement blanc en morceaux, en poudre ou cristallisé. Le sucre roux encore appelé vergeoise ou cassonade est un sucre gras comportant encore des impuretés. Le sucre peut aussi être transformé sur place en alcool (éthanol).
Sucre et alcool entrent dans la fabrication de nombreux produits de l’industrie alimentaire. A partir du sucre de betterave il est possible de produire du carburant, le bio-éthanol. La mélasse est un résidu du raffinage. Ce sous-produit est utilisé en alimentation animale. Les pulpes constituent ce qui reste des racines après extraction du sucre. Elles sont utilisées fraîches, sèches ou déshydratées pour l’alimentation du bétail.
Les feuilles de betterave blanche sont depuis longtemps apprêtées à la manière des épinards. Il existe en outre des variétés à très grosses racines (betteraves fourragères) qui ont, depuis toujours, servi de nourriture pour le bétail. C’est d’ailleurs ce qui explique que, encore aujourd’hui, les classes plus aisées d’Europe affichent un certain mépris pour ce légume pourtant extrêmement nutritif, sous prétexte qu’il n’est bon que pour le bétail.