Chénopode blanc

Chénopode blanc : Le Chénopode blanc (famille des Chénopodiacées – Nom botanique : Chenopodium album L.), ou Ansérine blanche, est une espèce de plantes annuelles.  Très présente dans les lieux cultivés, elle est originaire d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, et naturalisée dans d’autres régions. C’est souvent une des premières plantes à coloniser les sols fraîchement travaillés. La plante doit son nom à ses feuilles en forme de patte d’oie d’un vert blanchâtre.
Autres dénominations :
– Nom scientifique valide : Chenopodium album L., 17532.
– Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) recommandés ou typiques en français : Chénopode blanc ou Ansérine blanche.
– Autres noms vulgaires ou noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner éventuellement d’autres espèces : Senousse, Poule-grasse et au Canada : Poulette grasse ou encore Chou gras, mais aussi Blé-blanc, Herbe aux vendangeurs ou encore Dame (en Champagne).

Description du chénopode blanc : C’est une plante dressée mesurant de 30 à 200 cm de haut. Sa tige érigée, dure, ramifiée est souvent striée de rouge. Ses racines traçantes et superficielles s’étalent en étoile plus d’un mètre autour de la tige.
Ses feuilles sont plus longues que larges, ovées-rhomboïdes ou lancéolées, rétrécies à la base, farineuses inférieurement.
De juin à octobre fleurissent de petites fleurs vertes, blanchâtres, voire légèrement rougeâtres [2-3 mm] en épis denses qui donnent ensuite naissance à de petits fruits, des akènes noirs et luisants. Très prolifique, chaque pied peut produire jusqu’à 100 000 graines de très petite taille.
L’ensemble de la plante est pruineux à fortement farineux, laissant une texture sableuse sur les doigts. Cette plante en C4 pousse en abondance dans les sols gorgés d’azote des terres en grandes cultures ou sur les tas de fumier ou de compost.

Confusions possibles : L’espèce peut être confondue avec le Chénopode hybride (Chenopodium hybridum) et le Chénopode rouge (chenopodium rubrum), deux autres chénopodes qui partagent les caractéristiques du Chénopode blanc. L’épazote (chenopodium ambrosioides ou Herba sancti mariae) présente un évident degré de toxicité, en particulier au niveau des graines et de l’huile qui en est tirée. Il est reconnaissable grâce à son odeur de citronnelle que n’ont pas les autres chénopodes.
Pour reconnaître le chénopode, il suffit de le toucher avec les doigts : on ressent une sensation d’humidité granuleuse due à de petits poils ronds qui se détachent au moindre contact.
Il se distingue des arroches en ce que seulement les 2 ou 4 premières feuilles sont disposées par paires opposées, et de la plupart des autres mauvaises herbes par ses feuilles triangulaires-larges à dents irrégulières et peu profondes.

Mauvaise herbe : Le chénopode blanc est l’une des « mauvaises herbes » parmi les plus répandues, responsable de pertes économiques importantes dans l’agriculture dans le monde entier. Cette plante rudérale non spécialisée se rencontre dans toutes les zones habitées du monde, sur tous types de sols et sur une large gamme de valeurs de pH, aussi bien dans les grandes cultures, les vergers que les jardins potagers, ainsi que dans les friches au sol riche en nutriments, près des habitations, le long des routes, etc.
Cette plante a été classée parmi les pires mauvaises herbes du monde. Cela s’explique par ses caractéristiques biologiques : sa répartition cosmopolite, sa capacité à coloniser de nouveaux habitats et à produire de grandes quantités de graines dont la viabilité s’étend sur plusieurs années, son potentiel allélopathique, ainsi que par l’évolution de biotypes résistants aux herbicides.

Emplois du chénopode blanc : On consomme surtout les feuilles et les extrémités des tiges, cuites comme celles de ses proches cousins, les épinards.
Si la plante porte des graines, il faut les enlever avant consommation. Les jeunes tiges sont à consommer comme des asperges. Les feuilles sont très riches en protéines, en vitamines A et C, ainsi qu’en calcium 11600 UI/100g de vitamine A.
On récolte le chénopode blanc sous forme de pousse, après le deuxième nœud et ensuite, on récolte les ramifications avant qu’elles ne soient matures, jusqu’au milieu de l’été ou parfois plus tard. La texture farineuse rend désagréable la consommation du feuillage cru (déconseillé en raison de la saponine, des nitrates et de l’acide oxalique contenu dans la plante), même après un lavage à grande eau. Après cuisson, la saponine disparaît mais des oxalates apparaissent. Les malades rénaux, hépatiques, arthritiques ou lithiasiques devront donc s’en méfier. Le chénopode blanc se congèle très bien juste blanchi.
Les jeunes tiges e consomment comme des asperges.
Un colorant vert est obtenu à partir des jeunes pousses. Les racines fraîches écrasées donnent un substitut de savon doux.
La plante répond directement à la teneur en magnésium et en azote du sol de sorte qu’elle peut être utilisée comme bio-indicateur de ces éléments.
Les graines de chénopode blanc peuvent aussi être cuites en gruau de céréales ou moulues en farine, mais faire attention à l’usage des herbicides qui ont tendance à s’accumuler dans les graines