Coca

Coca : La coca est une plante d’Amérique du Sud de la famille des Érythroxylacées. Elle joue un rôle important dans la culture andine, à travers ses utilisations rituelles ou médicinales. La cocaïne utilise la feuille de coca comme ingrédient actif mais il ne faut pas les confondre. Les dictionnaires sont partagés sur le genre du nom de l’arbuste mais s’entendent pour dénommer « la » coca la substance à mâcher qu’il fournit. Elle est appelée mama inala en langue quechua.
Si les premiers botanistes pensaient que toutes les plantes de coca cultivées appartenaient à la même espèce, nous savons désormais que deux espèces ont été domestiquées : Erythroxylum coca Lam. et Erythroxylum novogranatense (Morris) Hieron. Ces deux espèces ont chacune deux variétés distinctes : Erythroxylum coca Lam. var. coca et Erythroxylum coca var. Ipuda Plowman pour la première espèce ; Erythroxylum novogranatense (Morris) Hieron var. novogranatense et Erythroxylum novogranatense var. truxillense (Rusby) Plowman pour la seconde.
C’est un arbuste mesurant de 1,5 à 4 mètres de haut. Les feuilles mesurent de 2,5 à 7,5 cm et sont vert-clair.
Elle pousse à l’état sauvage dans la cordillère des Andes à des altitudes variant de 300 à 2 000 m. Erythroxylum coca Lam. et Erythroxylum novogranatense (Morris) Hieron affectionnent particulièrement les sols acides, comme toutes les espèces du genre Erythroxylum.
Composiotion chimique : La feuille est la seule à contenir des alcaloïdes. Elle contient des principes actifs aux propriétés pharmaceutiques intéressantes. Une huile essentielle à salicylate de méthyle, des polysaccharides, des flavonoïdes et principalement des alcaloïdes représentant de 0,2 % à 1,3 %1 de la composition de la feuille de coca. Parmi ses principes actifs, on peut énumérer :
la cocaïne (méthyle-benzoyl-ecgonine) ;
– l’ecgonine qui agit au niveau du métabolisme des glucides, générant de l’énergie, il est un complément aux diètes ;
-d’autres dérivés de l’ecgonine : cinnamylcocaïnes, tropacocaïne, et truxilline ;
– des alcaloïdes pyrrolidiniques (hygrine et cuscohygrine).
Cent grammes de feuilles de coca contiennent :
– 9,40 mg de bêta-Carotène ;
– 1 540 mg de calcium ;
– 911 mg de phosphore ;
– 40 mg de vitamine E ;
– 299 mg de magnésium ;
– 136 mg de fer ;
– 1,91 mg de riboflavine (vitamine B2).

Emplois de la coca : C’est un fondement culturel pour l’Amérique latine – notamment en Amazonie du Nord-Ouest et dans les hauts plateaux andins – où son usage remonte à près de 5 000 ans. Du fait de ses différentes vertus, c’est une plante sacrée pour de nombreux peuples amérindiens. Dans les Andes, Mama Coca est considérée comme la fille de Pachamama. Elle est ainsi utilisée traditionnellement de la Colombie jusqu’au Chili aussi bien pour ses vertus stimulantes que dans le cadre de cérémonies religieuses, elle aurait même servi de taxe d’imposition.
En Colombie du Sud-Ouest, les Indiens grillent, pulvérisent et tamisent les feuilles en une fine poudre qu’ils mélangent à des cendres de feuilles de raisin d’Amazonie (Pourouma cecropiifolia) pour la mâcher sous la forme d’une fine poudre appelée mambe. Cette coca sert de moyen d’échange dans toutes les relations avec les esprits et divinités, et est mâchée rituellement dans toutes les conversations sérieuses entre hommes.
Dans l’Empire inca, la coca issue de l’actuel Pérou (tupa coca) servait aux cérémonies religieuses et aux dignitaires alors que la coca issue de l’actuelle Bolivie (muma coca) servait aux fonctionnaires voire au peuple.
Son usage est signalé par les conquérants espagnols dès le xvie siècle qui en condamnent d’abord l’usage la qualifiant de « satanique » avant de l’encourager en constatant l’efficacité en termes de rentabilité sur les travailleurs. C’est Nicolas Monardés de Séville, un naturaliste espagnol qui en donne la première description dans les années 1580 même si la plante ne sera vraiment connue sur le plan scientifique qu’au XVIIIe siècle.
Les modes de consommation traditionnels de la coca en Amérique du Sud sont :
-la mastication de la feuille de coca, qui provoque une stimulation légère ;
– l’absorption de tisane de feuille de coca, aux effets également limités.
La mastication peut aussi consister en une chique (llipta) d’une pâte masticatoire (aculli) qui est un mélange d’un alcali (cendres de pommes de terre, de bananes ou Chaux) et de feuilles de coca.
Elle est aussi utilisée pour extraire la cocaïne, l’un de ses alcaloïdes afin de le revendre sur le marché des stupéfiants.
Hors d’Amérique latine, elle est surtout utilisée pour la cocaïne. La coca est donc connue à travers le monde pour son utilisation sous forme de drogue et les trafics qui en sont la conséquence. C’est en raison de cet usage que les États-Unis souhaitent éradiquer sa culture en Amérique latine.