Cocotier

Cocotier : Le cocotier (famille des Arécacées – Nom botanique : Cocos nucifera) est une espèce de palmiers, décrite par le botaniste Carl Linné. Le cocotier n’est donc pas un arbre mais une plante monocotylédone. Son fruit est la noix de coco.
L’ aire d’origine du cocotier a donné lieu à des controverses. Mais il est aujourd’hui admis qu’il est originaire des côtes tropicales d’Asie et d’Océanie. Mais son centre d’origine primaire n’a pu être déterminé avec précision car nucifera est la seule espèce du genre Cocos et sa première variété s’est perdue. De plus, des noix de coco fossiles ont été découvertes dans des endroits aussi éloignés que l’Inde et la Nouvelle-Zélande.
Le cocotier est connu en Inde depuis le VIe siècle, en Chine depuis le IXe et sur les côtes de l’Afrique de l’Est depuis le Xe. Mais il ne devient pantropical qu’au XVIe siècle, à la suite de son introduction en Afrique de l’Ouest, aux Caraïbes et sur la côte atlantique de l’Amérique tropicale par les explorateurs espagnols et portugais. Il est aujourd’hui présent dans toute la zone intertropicale humide. Surtout cultivé le long des côtes, il n’y reste pas confiné. En Inde, il est planté jusqu’à 1 000 m d’altitude. La longévité de la plante dépasse un siècle. Sa durée de vie économique est estimée entre 50 et 80 ans, mais certains cocotiers bien plus âgés sont encore couverts de fruits.
Découverte et étymologie : Une des premières mentions de la noix de coco remonte au conte des Mille et Une Nuits de Sinbad le Marin ; on sait qu’il a acheté et vendu des noix de coco au cours de son cinquième voyage.
Tenga, son nom malayalam et tamoul, était employé dans la description détaillée de la noix de coco qui figure dans l’ Itinerario du voyageur italien, Ludovico di Varthema, publié en 1510 ainsi que dans l’ Hortus Indicus Malabaricus publié ultérieurement

Antérieurement, elle était appelée nux indica, nom employé par Marco Polo en 1280 alors qu’il voyageait à Sumatra, emprunté aux Arabes qui l’appellaient جوز هندي, jawz hindī. Les deux noms ont été traduits en « noix indienne »11. Dans la première description connue du cocotier, due à Cosmas d’Alexandrie dans sa Topographie chrétienne écrite vers 545 ap. JC, il y a une référence à l’arbre d’Argell et à sa drupe, la « grande noix d’Inde ».
Le substantif masculin cocotier est dérivé de coco, avec le suffixe -ier précédé de -t-, consonne d’appui. La première utilisation attestée du terme coco remonte à 1555. L’épithète spécifique nucifera est un terme de latin botanique signifiant « qui porte des noix ».
Des preuves historiques confortent l’origine européenne du terme « coco » dans « noix de coco », car il n’existe pas de nom similaire dans aucune des langues de l’Inde, où les Portugais ont découvert ce fruit ; et en effet les chroniqueurs portugais Barbosa, Barros et Garcia, en mentionnant les noms malayalam, tenga, et cannara, narle, disent expressément, « nous appelons ces fruits quoquos », « nos gens lui ont donné le nom de coco », et « ce que nous appelons coco, et les Malabars temga ».
Selon l’Oxford English Dictionary (OED), « les auteurs portugais et espagnols du xvie siècle s’accordent à identifier ce terme avec le mot portugais et espagnol coco, visage souriant, sourire, grimace, et aussi épouvantail, bête noire », apparenté avec le verbe cocar, sourire, faire une grimace ; le nom est censé se référer à l’apparence d’un visage que donne la base de la coque avec ses trois trous ».
Selon Losada, le nom vient des explorateurs portugais, des marins de Vasco de Gama en Inde, qui les premiers ont rapporté des noix de coco en Europe. La noix de coco leur rappelait un fantôme ou sorcier du folklore portugais, appelé coco (aujourd’hui plus fréquent au féminin, coca.
Origine et distribution: Diversité des fruits du cocotier dans la collection internationale de Côte d’Ivoire
L’histoire du cocotier au cours des millénaires reste encore mystérieuse. Nul ne sait précisément dans quelle région est apparu le premier cocotier. À partir de l’océan Pacifique ou de l’Extrême-Orient, le cocotier s’est disséminé dans l’océan Indien et jusqu’en Afrique. Sa présence en Amérique est due à une double introduction plus récente, à la fois par l’est et par l’ouest.
La dissémination du cocotier est due à la flottaison des fruits au gré des courants marins et, beaucoup plus tardivement, aux voyages et migrations humaines. Les fruits, disséminés par la mer ou apportés par des marins, furent probablement introduits de lieu en lieu en nombre très réduit. De nombreuses cocoteraies se sont constituées à partir de seulement un ou deux fruits apportés par la mer, et qui ont réussi à se fixer sur une île. Les marins Austronésiens (dont les Polynésiens) ont colonisé la plupart des îles tropicales du Pacifique. Diverses découvertes archéologiques permettent de dater certaines étapes de leur voyage. Vraisemblablement partis du Sud-Est asiatique, on les retrouve aux Fidji vers 2500 avant notre ère, et environ un millénaire plus tard aux Tonga et dans les Samoa. Puis, au IVe siècle ils s’installent aux îles Marquises, au siècle suivant à l’île de Pâques et 100 ans plus tard à Hawaï. Sur les canoës, des noix de coco étaient toujours emportées. Transportées par la mer ou par les marins, ces noix ont atteint la côte ouest du Panama, en Amérique centrale. La première mention du cocotier sur ce continent date de la période 1514-1525. Le cocotier était déjà connu en Inde au VIe siècle, en Chine au IXe siècle et sur la côte Est de l’Afrique au Xe siècle. À partir du XVIe siècle, les navigateurs portugais et espagnols l’ont introduit en Afrique de l’ouest et en Amérique. En 1569, des cocotiers en provenance des îles Salomon sont plantés à Colima, sur la côte est du Mexique. D’autres cocotiers, originaires cette fois des Philippines, sont introduits au Mexique entre 1571 et 1816. Dans la Caraïbe, les premières noix originaires du Cap-Vert sont plantées à Puerto Rico en 1625, par un père espagnol nommé Diego Lorenzo.
Une seule théorie botanique tente d’expliquer l’histoire de la diversification du cocotier en la multitude de formes et de couleurs que l’on observe parmi les variétés actuelles. Elle repose sur l’observation de la forme et de la composition des fruits. Selon cette théorie, l’ensemble des cocotiers dériverait de deux grands types :
– le type ancestral « Niu Kafa » résulte d’une évolution liée à la dissémination naturelle par voie marine. Ses fruits, allongés et riches en bourre, flottent et dérivent facilement au gré des courants marins. Une germination tardive leur permet de supporter de longs séjours dans l’eau, avant de trouver un lieu où se fixer ;
– le type « Niu Vaï » a été sélectionné par l’homme en Asie ou dans le Pacifique. Ses gros fruits ronds sont riches en eau et germent plus rapidement. Des marins voyageant d’îles en îles auraient sélectionné ces fruits, emportés comme boisson sur l’océan.
Des mélanges répétés entre cocotiers de type « Niu Kafa » (présents avant l’arrivée de l’homme) et cocotiers de type « Niu Vaï » (créés et importés par l’homme) auraient abouti à la diversité actuelle. Cette théorie est probablement en grande partie exacte. Mais elle ne suffit pas à résumer l’histoire du cocotier qui a sans doute connu nombre d’autres péripéties. Toute la diversité actuelle du cocotier ne se résume pas à ces deux types, Niu Kafa » et« Niu Vaï », et à des mélanges ponctuels entre ces deux types. Cependant, à l’heure actuelle, personne n’a été en mesure de proposer un autre modèle de diversification pour le cocotier.
Les variétés traditionnelles de cocotier : Pendant des millénaires, les hommes ont tenté de créer et de conserver les variétés de cocotier qui répondaient au mieux à leurs besoins. Ce travail empirique demande un suivi sur plusieurs années : les cocotiers grands fleurissent souvent après cinq ans, période suffisante pour risquer d’oublier d’où provient la semence. Le cocotier sélectionné pour la reproduction se croise sans contrôle avec n’importe lequel de ses voisins ; bien souvent, à moins d’avoir de la chance, les caractéristiques recherchées ne se retrouvent pas dans la descendance. Malgré ces difficultés, grâce à ce travail réalisé au fil des siècles, plusieurs centaines de variétés ont été créées en Asie et dans le Pacifique.
À la fin du XIXe siècle, les grandes plantations étaient réalisées en important des noix de coco d’un endroit réputé pour sa production. Dans la plupart des cas, ces semences étaient sélectionnées selon leur aspect : certains préféraient des fruits gros et lourds, d’autres des fruits de taille moyenne et de forme plutôt sphérique.

Voir Lait de coco et Noix de coco.
Voir aussi Cocotier sus Argot de bouche.

Emplois culinaires du cocotier : le cocotier compte parmi les plus anciennes plantes utiles qui procure à l’homme de très nombreux produits, aussi est-il parfois appelé « l’arbre aux cent usages » ou « l’arbre de vie ».
– la pulpe séchée, se composant à 60-70 % de lipides, est appelée coprah. Celui-ci sert à la fabrication d’huile utilisée dans la confection de margarine, de savon et de monoï ;
– la sève est consommée fraîche ou sous forme de sirop (respectivement kareve et kaimaimai aux Kiribati) par les habitants des Kiribati, du littoral ivoirien et des îles Marshall. Fermentée, elle peut se conserver et devenir une sorte d’alcool, appelé en anglais toddy.
La sève concentrée et séchée est utilisée pour produire un sucre appelé jaggery en Inde ;
– les noix de coco immatures contiennent un liquide sucré, l’eau de coco, qui est une boisson rafraîchissante ;
– la pulpe de la noix de coco est comestible. Elle peut également être râpée puis pressée pour en extraire le lait de coco ;
– le bourgeon terminal ou « chou palmiste » du cocotier est comestible.