Colza

Colza : Le colza (famille des Brassicacées – Nom botanique : Brassica napus L. ou Brassica napus subsp. napus), autonyme pour désigner le colza, ou Brassica napus Oil Rape Group) est une plante oléagineuse annuelle à fleurs jaunes.
Ses graines, très riches en huile, sont triturées afin de séparer l’huile de la partie solide (les protéines), appelée « tourteau » et destinée à l’alimentation des animaux d’élevage.
Elle est largement cultivée pour la production d’huile alimentaire et d’agro-carburant. C’est, avec le tournesol et l’olivier, l’une des trois principales sources d’huile végétale alimentaire en Europe.
Au Canada, le colza de printemps dont la teneur en acide érucique avait été abaissée par sélection génétique a été renommé canola. Depuis cette période les variétés européennes ont également vu leur teneur en acide érucique baisser, le colza et le canola sont donc presque identiques.
Étymologie : colza vient du néerlandais koolzaad (littéralement graine de chou).
Description du colza : De nos jours, en Europe, le colza est une culture dont le rendement fluctue autour de 35 quintaux par hectare (soit 3,5 tonnes) selon les conditions climatiques de l’année. Le colza est surtout cultivé dans la moitié nord de la France, sur 1,5 million d’hectares au total : 960 000 hectares pour les usages alimentaires, et 514 000 hectares pour les usages non-alimentaires (biodiesel et technique) en 2008. La teneur en huile des graines est d’environ 40 %, mais elle peut monter, selon les variétés, jusqu’à 45 %.
Histoire du colza : La culture du colza, plante issue d’un croisement entre un chou et une navette, semble exister depuis 2 000 à 1 500 ans av. J.-C. L’origine de cet hybride n’est pas encore élucidée. Le croisement a pu se produire en pleine nature dans le pourtour du bassin méditerranéen (l’hybride qui a donné le colza y a été occasionnellement observé dans la nature), soit dans des potagers où étaient cultivés, côte à côte, des choux pour la consommation humaine et de la navette pour produire de l’huile d’éclairage.
L’hybride aurait été sélectionné ensuite sous deux formes : le colza pour son huile, et le rutabaga pour ses racines.

En France, la production d’huile de colza a pris une grande importance dans les années 1750-1850 dans les départements du nord de la France et notamment en Flandre. Les Statistique du département du Nord du préfet Dieudonné montrent que la culture du colza s’étend alors dans le nord : « Le colza est celle de ces plantes qui est cultivée le plus généralement et avec le plus d’abondance dans les arrondissements de Lille, Hazebrouck et Douai. Il commence à s’introduire dans les arrondissements de Bergues au Nord, Cambrai et Avesnes au sud » alors que dans le même temps « La navette (déjà cultivée autour de Lille au XVIe siècle) se propage dans les arrondissements d’Avesnes et de Cambrai ». « L’œillette, introduite dans le département du nord quelques années avant la Révolution, est beaucoup cultivée depuis cette époque, surtout dans les arrondissements de Lille, Douai et Cambrai. On commence à en connaître la culture dans l’arrondissement d’Avesnes ». « La cameline (dite camomille dans le pays), introduite depuis environ 30 ans, reconnue très utile depuis 10 à 12 ans, surtout pour remplacer les colzas et grains d’hiver manqués. Cette culture s’est considérablement accrue depuis la Révolution dans les arrondissements de Lille, Douai et gagne ceux du sud du département » ajoute le préfet grâce auquel on sait aussi qu’un moulin à vent tordoir pouvait presser 300 à 600 hectolitres d’huile par an. (400 hectolitres en moyenne dans l’arrondissement de Lille). Les 5/6 de l’huile produite dans le nord étaient exportés vers la région parisienne ou vers l’étranger (50 %).
Selon l’ingénieur J. Cordier, en 1823 « la Flandre est la contrée du monde où la culture des plantes oléagineuses et la fabrication de l’huile ont pris, depuis longtemps, le plus d’extension, et ont fait le plus de progrès. On compte autour de Lille, près de deux cents moulins à huile, appelés tordoirs, que le vent fait mouvoir et depuis 1814 on établit chaque année, des machines à vapeur destinées au même usage ».
Culture du colza : Le colza est une culture largement répandue dans le monde, principalement dans les zones tempérées fraîches, principalement pour l’alimentation animale, pour la production d’huile alimentaire, et plus récemment pour la production de biocarburant.
En France, le colza d’hiver se sème en fin d’été (du 15 août au 15 septembre), le peuplement recherché pour la culture sera d’environ 30 pieds/m² pour les lignées et 20 pieds/m² pour les hybrides. L’écartement entre les rangs varie entre 12 et 80 cm suivant le choix du semoir, classique ou monograine, et les choix de l’agriculteur en matière de désherbage mécanique, notamment du binage. Plusieurs parasites sont à surveiller à la levée comme les limaces (le colza est très appétant pour elles) puis les altises lorsque le stade cotylédons est passé. Le colza se développe ensuite en rosette à l’automne, beaucoup plus que les céréales, parfois jusqu’à 30 cm de haut suivant la date de semis et la disponibilité en azote du sol.
Le colza est très gourmand en azote (7 kg/q contre 3 pour le blé et 2,2 pour le tournesol). La culture absorbe énormément d’azote à cette période. La fertilisation totale du colza doit apporter entre 140 et 200 unités d’azote/ha4avec des engrais chimiques ou organiques. On ne cultive pas de colza de printemps en France.
Les principales maladies du colza sont la sclerotinia et le leptospheria (blackleg’).
Au Canada, on cultive essentiellement du canola de printemps, dans l’ouest canadien, et aussi un peu de canola d’automne en Ontario5. Dans l’ouest canadien, les techniques culturales font appel aux TCS ou au semis direct. Le désherbage est facilité grâce à l’utilisation de semences OGM résistantes à deux herbicides totaux. Toutefois, en mars 2015, l’OMS, à travers le CIRC, classe un des herbicides utilisés pour le canola OGM (le glyphosate), comme cancérogène.

Production de graines et d’huile de colza : Les principaux producteurs sont l’Union européenne, le Canada, l’Australie, la Chine et l’Inde. En Inde, cette culture représente 13 % des surfaces cultivées. Selon le ministère de l’agriculture des États-Unis, c’était en 2000 la troisième culture oléagineuse du monde après le palmier à huile et le soja, et la deuxième pour la production de protéines, bien qu’elle ne représentât qu’un cinquième de celle du soja. En Europe, à la suite de l’augmentation récente de la production d’agro-carburants à partir de colza, on peut considérer que le colza est cultivé à la fois pour l’alimentation animale (grâce à la teneur élevée en protéines du tourteau), pour les agro-carburants et pour l’alimentation humaine. C’est aussi un moyen pour les Européens d’éviter l’importation de produits OGM (soja) et d’assurer une autonomie partielle en protéines.

La production mondiale de colza qui s’élevait à 36 millions de tonnes en 2003 (source FAO) a augmenté ces dernières années pour atteindre 65 millions de tonnes en 2012.

 

Données de Production des graines de colza 2015
Source : FAO –  FAOSTAT
Pays Surface
(hectares)
Rendement
(kg/ha)
Production
(tonnes)
% du total
Canada 8 379 900 1 839 15 409 500 23,78 %
Chine 7 300 000 1 918 14 000 000 21,60 %
Inde 5 920 000 1 145 6 776 000 10,45 %
France 1 607 186 3 399 5 463 063 8,43 %
Allemagne 1 306 200 3 691 4 821 100 7,44 %
Australie 2 358 735 1 453 3 427 294 5,29 %
Royaume-Uni 756 000 3 382 2 557 000 3,95 %
Pologne 720 308 2 590 1 865 598 2,88 %
Ukraine 547 000 2 202 1 204 400 1,86 %
États-Unis 700 560 1 588 1 112 230 1,72 %
République tchèque 401 319 2 764 1 109 137 1,71 %
Russie 976 100 1 061 1 035 459 1,60 %
Biélorussie 421 497 1 671 704 456 1,09 %
Lituanie 260 800 2 427 632 900 0,98 %
Danemark 129 100 3 754 484 600 0,75 %
Hongrie 164 916 2 514 414 637 0,64 %
Iran 170 000 2 059 350 000 0,54 %
Pakistan 380 000 895 340 000 0,52 %
Suède 107 250 2 963 317 800 0,49 %
Union Européenne (27) 6 489 176 3 102 19 221 079 29,66 %
Monde 31 023 788 1 892 64 813 233 100,00 %

 

Production d’huile de colza en millions de tonnes. Chiffres 2015
Données de FAOSTAT – Base de données de la FAO
Chine 4,52 23,9 %
Allemagne 2,77 14,7 %
Inde 1,81 9,6 %
Canada 1,78 9,4 %
France 1,49 7,9 %
Japon 0,95 5,0 %
Royaume-Uni 0,75 4,0 %
Pologne 0,73 3,9 %
Mexique 0,54 2,9 %
États-Unis 0,42 2,2 %
TOTAL MONDE 18,9 100 %

Emplois du colza : L’huile de colza naturelle contient, parmi ses acides gras, de l’acide érucique, dont la toxicité a été démontrée dans les années 60, pour les rats et porcelets. Par sélection génétique, des variétés à faible teneur en acide érucique, dites « 0 » (zéro), ont été sélectionnées à la fin des années 60. Ce sont les seules admises pour la consommation humaine. Par la suite, on a aussi souhaité éliminer les glucosinolates, composés présents dans le tourteau mais ayant des effets adverses en alimentation animale. On a donc sélectionné des variétés dites « 00 », ou double zéro, qui ont une teneur en acide érucique inférieure à 2 % de la fraction lipidique et une teneur en glucosinolates inférieure à 20 micromoles par gramme15. L’appellation canola correspond à des graines de crucifères sélectionnées au Canada et répondant à un cahier des charges similaire (un peu plus strict sur la teneur en glucosinolates). Les espèces susceptibles de recevoir cette dénomination sont le colza, la navette (Brassica campestris) et la moutarde orientale (Brassica juncea). Ce nom vient de la contraction de « Canadian oil, low acid ».

L’huile de colza contient de l’acide oléique (60 %), de l’acide linoléique (22 %), et de l’acide linolénique (9 %). C’est une source naturelle très importante d’acides gras insaturés de la famille des oméga-3. En Europe, c’est l’huile végétale alimentaire la plus consommée, devant l’huile de tournesol et celle de soja. Cette huile peut être utilisée aussi bien en assaisonnement qu’en cuisson, mais historiquement elle n’était pas recommandée pour la friture. Elle peut être utilisée pour une cuisson normale, sans la faire fumer (comme toutes les huiles). Une légère odeur de poisson peut être perçue lorsque cette huile est chauffée, mais en dehors du désagrément que cela peut causer, il n’y a aucun impact pour la santé.
Certaines variétés de colza ont été sélectionnées pour augmenter le taux d’acide oléique (colza haut-oléique, aussi appelé colza oméga-9, qui atteint 74 % d’acide oléique, voire 80%), particulièrement utilisé en friture, surtout en Amérique du Nord où l’huile de canola (colza) est largement consommée en alimentation humaine. Parallèlement à l’augmentation d’acide oléique, le taux d’ALA (acide linoléique) a été abaissé. L’utilisation de l’huile de canola (colza) haut oléique a progressé car cette huile ne contient pas d’acides gras trans et reste stable à la friture. Il existe également des variétés de colza technique à forte teneur en acide érucique, dont l’huile est utilisée par l’industrie chimique.
L’huile de colza entre dans la composition de la margarine. La consommation d’huile de colza ou de margarine de colza, pourrait réduire de 70 % le risque de maladies coronariennes. Aux États-Unis, une allégation concernant la réduction des maladies cardio-vasculaires a été approuvée par la FDA en 2006.
Elle pourrait prévenir le cancer du sein et pourrait avoir un effet sur certaines pathologies de la peau et du cerveau.
Les développements récents de la sélection variétale au Canada, premier producteur mondial, vont vers une accentuation du caractère oléique en diminuant encore la proportion d’acides gras saturés. Une autre voie de sélection est la production de certains oméga-3, DHA et EPA (en plus de l’ALA – acide linoléique – déjà présent) par transfert de gènes de micro-algues, ou bien encore l’augmentation de la teneur en ALA

Les feuilles de colza aussi sont comestibles, à l’instar de celles du chou vert frisé (qui appartient au même genre Brassica). Certaines variétés sont vendues comme légumes verts, principalement dans les épiceries asiatiques. On les prépare aussi dans les cuisines espagnole et portugaise. On peut en trouver en hiver sur les marchés du sud-ouest de la France, sous le nom de « broutte ».
Les fleurs de colza produisent un nectar abondant à partir duquel les abeilles font un miel clair, très riche en glucose, qui doit être extrait assez rapidement des rayons car il a tendance à cristalliser. Ce miel est habituellement mélangé avec d’autres miels plus doux pour la consommation directe ou bien vendu pour la pâtisserie. Il est souvent commercialisé sous l’appellation « miel de printemps ».