Fenugrec

Fenugrec : Le fenugrec ou trigonelle fenugrec (famille des Fabacées – Nom botanique : Trigonella foenum-graecum) est aussi appelé Trigonelle ou Sénégrain. C’est une plante herbacée et protéagineuse.
Il est utilisé principalement comme plante médicinale et condimentaire.
Description : Le fenugrec est une plante annuelle aux feuilles composées de trois folioles ovales, semblables à celles du trèfle, qui peut atteindre 60 centimètres de hauteur.
Les fleurs d’un blanc jaunâtre donnent des fruits qui sont des gousses de huit centimètres de long renfermant dix à vingt graines anguleuses de couleur brun clair, à forte odeur caractéristique.
Étymologie : Le nom du genre Trigonella, du grec ancien τρίγωνος, trígônos, « triangulaire », fait référence à la forme anguleuse de sa graine.
L’épithète spécifique foenum-graecum, dérivée du latin fenum (ou foenum) « foin » et graecus « grec », rappelle son utilisation comme fourrage dans l’Antiquité.
Répartition du fenugrec : Le fenugrec est originaire du Moyen-Orient et d’Inde. Il s’est répandu très tôt dans les mondes méditerranéen et indien, puis jusqu’en Chine.
Il est cité au Moyen Âge dans le Capitulaire De Villis, qui fut à l’honneur au VIIIème siècle, sous Charlemagne.
En France, il est répandu sur une ligne allant de la Gironde à la frontière italienne, plus rare et localisé ailleurs.
Odeur et saveur de fenugrec : La graine, surtout quand on l’écrase, dégage une odeur caractéristique : forte ou aromatique selon certains, désagréable selon d’autres. C’est un fumet qu’on peut retrouver dans du bouillon Maggi, du caramel ou du Zan… Le terme « odeur de fenugrec » est utilisé en botanique et en mycologie pour qualifier les composantes aromatiques de certains champignons (par exemple Lactaires).
La saveur des graines est amère et rappelle le céleri.

Emplois du fenugrec : Le fenugrec entrait dans le processus d’embaumement des anciens Égyptiens.
Inscrite au codex pharmaceutique en France depuis le XVIIème siècle, la substance active est isolée dans les graines. On en trouve encore dans les officines traditionnelles sous forme de graines à inclure dans les préparations.
Au Moyen Âge, la plante était censée lutter contre la chute des cheveux et elle entre toujours dans des préparations capillaires en Inde et au Moyen-Orient, en particulier dans le traitement des pédiculoses du cuir chevelu (poux).
On lui a depuis trouvé d’autres propriétés plus avérées : la plus clairement établie est son activité hypoglycémiante (réduction de la glycémie) dans certains diabètes, suivie de son activité hypocholestérolémiante (réduction du taux de cholestérol et des triglycérides)5 ce qui rend cette plante très intéressante dans le traitement des facteurs de risques cardiovasculaires.

Son action galactogène (lactation) est reconnue dans les pays du tiers monde. D’où son nom Arabe  » حلبه  » (Hèlba) qui provient de  » حليب  » (Halib) qui signifie : Lait. En Tunisie, un plat traditionnel,  » كسكسي بالحلبه  » (cos’ksi bel hèlba) : « couscous au fenugrec » est fortement conseillé aux femmes après accouchement et ce, pendant toute la période d’allaitement – 2 ans en moyenne – à une fréquence d’une fois par semaine.
Le fenugrec est hépatoprotecteur, en particulier dans l’intoxication à l’éthanol et dans la stéatose hépatique associée à l’obésité.
C’est aussi un agent anabolisant (antifatigue) après un exercice intense, et il semblerait qu’il freine la fonte musculaire chez les personnes âgées.
Le fenugrec pourrait avoir un effet préventif sur l’apparition de certains types de cancers, en particulier du colon du sein, et de la vésicule biliaire. On a ainsi envisagé d’utiliser ses propriétés anti-oxydantes en tant qu’anticancéreux ou dans la prévention des effets délétères des mécanismes d’ischémie-reperfusion au niveau cardio-vasculaire.
Une action antiparasitaire du fenugrec a aussi été rapportée, ainsi qu’un effet antifongique d’un peptide isolé du fénugrec.
Il est utilisé dans l’ayurveda (la médecine traditionnelle indienne), ainsi qu’en Algérie et en Tunisie pour traiter la constipation. Il est conseillé d’avaler des graines de fenugrec (environ deux cuillères à soupe) avec de l’eau (comme des comprimés) ; on peut aussi boire l’eau dans laquelle des graines de fenugrec ont macéré 12 heures.
Au Maroc, une des approches traditionnelles (tablah) chez les femmes sahraouies pour gagner du poids est d’utiliser le fenugrec en tant que stimulant l’appétit. Une préparation faite de fenugrec moulu et de lait fermenté (lben), macéré durant au moins deux heures, produit une pâte qui fait des bulles et qui est utilisée à la cuillère pour les douleurs de l’estomac (ulcère gastrique) avec succès (seul défaut, l’odeur pas pire que la douleur).
On doit toutefois noter une interaction potentielle entre le fenugrec et un certain nombre de médicaments dont les anticoagulants oraux Il est donc recommandé si l’on suit un traitement par anti-vitamine K ou par warfarine de suivre ses données biologiques (INR) de manière rapprochée lors de l’initiation d’un régime contenant du fenugrec.
D’autre part, dans des pays où la malnutrition est endémique, le fenugrec agit aussi en tant qu’inhibiteur de l’absorption du fer, pouvant entraîner des anémies alors que l’apport en fer est adéquat. De plus, c’est une plante apéritive (elle donne faim).
L’ingestion de fenugrec peut donner une odeur particulière aux urines et à la sueur, rappelant celle de la maladie du sirop d’érable.
Des cas d’allergie et d’asthme occupationnel induits par le fenugrec ont été rapportés. Enfin, certaines préparations exotiques de fenugrec peuvent contenir des contaminants comme l’aflatoxine à des doses faibles. Le fenugrec étant dans la même sous-famille que la plante arachis, les personnes allergiques aux arachides sont plus à risques pour ce qui est des cas d’allergies alimentaires au fenugrec.
Une mise à jour très complète de l’utilisation du fenugrec en thérapeutique a été publiée en 2003.
Plante condimentaire :  Le fenugrec est une épice très riche qui contient du phosphore, du fer, du soufre, de l’acide nicotinique, des alcaloïdes, saponines (à l’origine de ses propriétés stimulantes de l’appétit), flavonoïdes, glucides, vitamines A, B1, C, magnésium, calcium, lécithine, protéines (30 %), des saponines stéroïdes (diosgénine et yamogénine, qui contribuent à la synthèse du cholestérol et des hormones sexuelles).
La graine et la feuille sont des ingrédients de la cuisine indienne où on l’appelle le fenugrec méthi. La graine doit être grillée ou ramollie dans l’eau avant son utilisation en poudre dans le masala. Les feuilles s’emploient comme des pousses d’épinard.
En Afrique et au Moyen-Orient, le fenugrec entre dans la fabrication de mélange d’épices aromatiques, sous différents noms vernaculaires, comme le ras-el-hanout maghrébin.
En cuisine marocaine, la graine est également utilisée telle quelle dans la « terda », ou « tagine de récupération ». C’est une cuisson longue d’oignons, d’ail, de paprika, de gingembre, de safran, servant de base à un bouillon dans lequel vont cuire ensuite des lentilles et des fèves sèches et enfin des tomates fraîches… Cela aboutit à une sorte de « sauce » épaisse qui sera versée sur du pain complet ou de campagne rassis (d’où la notion de récupération) coupé en petits morceaux, le tout étant présenté dans un grand tagine familial. Lié à la région de Marrakech, c’est un plat qui se prépare les jours où le travail domine à la maison (grand ménage, distillation de la fleur d’oranger…) car il demande peu de surveillance au cours de la cuisson et pratiquement pas de préparation en amont.
Des extraits de fenugrec sont présents dans le Viandox.
On en extrait aussi une huile essentielle.