Lin – Description du lin – Historique du lin et production mondiale de la graine de lin

Description du lin : Le lin se présente sous l’aspect d’une tige unique pouvant atteindre une hauteur voisine de 1 mètre pour un diamètre au collet de l’ordre de 2 mm. Sur cette tige se répartissent 80 à 100 feuilles simples, lancéolées, sessiles, possédant trois nervures. La disposition de celles-ci est spiralée ; elle forme 3 hélices à partir de la troisième feuille, les deux premières ayant une disposition opposée alterne par rapport aux cotylédons. Pour trouver deux feuilles successives sur une même génératrice, il convient de faire trois tours de tige et de compter 8 insertions foliaires. L’intervalle qui les sépare correspond à la distance interfoliaire. Elle détermine la longueur maximale des fibres élémentaires.
Le lin possède une racine pivotante pouvant descendre à plus de 1 mètre de profondeur dans les terres profondes et émettant de nombreuses radicelles.
L’inflorescence en forme de cyme porte de nombreuses fleurs dont la couleur varie d’un bleu pur jusqu’à un blanc plus ou moins rosé, selon les variétés. La floraison étagée peut durer jusqu’à 15 jours. Les fleurs comptent 5 pétales et ont une durée de vie brève (une journée). Le pollen demeure viable pendant 5 à 7 heures seulement, depuis la déhiscence des anthères jusqu’à celles des pétales.
Chaque fleur donne un fruit : une capsule à cinq loges contenant chacune deux graines et séparées par une fausse cloison plus ou moins ciliée. Ces capsules présentent une légère pointe au sommet. À maturité, les capsules sont plus ou moins déhiscentes selon les variétés.
Les graines sont lisses, plates, oblongues, petites et légères (entre 4 et 7 grammes les mille grains) et de couleur brune à maturité. Elles se terminent par un bec légèrement recourbé.
La graine de lin est riche en huile ; celle-ci représente 35 à 50 % de sa masse sèche. L’acide linolénique (oméga 3) peut représenter 55 à 75 % des acides gras qui composent cette huile.
La distinction variétale se fait essentiellement par les caractères des fleurs et des capsules (couleur des pétales, des étamines et des styles, moucheture des sépales, ciliation des cloisons des capsules, etc.).
Le lin Linum usitatissimum L. possède 15 paires de petits chromosomes (2n = 30). Le génome du lin a été décrypté et publié en 2012.

Historique du lin : Le lin est historiquement l’une des premières espèces cultivées. La plus ancienne fibre de lin au monde est celle trouvée dans la grotte de Dzudzuana en Géorgie remontant à 36 000 ans.
Le berceau de sa domestication reste encore incertain mais c’est sous l’Égypte des pharaons que l’usage du lin a commencé à se développer : sa production, attestée il y a plus de 6 000 ans, servait à confectionner vêtements, tissus funéraires, voiles de bateaux, cordages ou filets. Les graines étaient consommées pour leurs qualités nutritives.
La culture du lin a ensuite essaimé de proche en proche au cours de l’époque néolithique, jusqu’à l’Europe, grâce aux Phéniciens, hardis navigateurs de l’Antiquité.
En France, les Gaulois auraient cultivé le lin dans la vallée de la Lys bien avant la conquête des Gaules par Jules César. Le lin a été introduit par Charlemagne – il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle) – et c’est à partir du XIe siècle que son utilisation s’est généralisée. La Tapisserie de Bayeux est l’exemple le plus célèbre de la présence du lin à cette époque.
En ce temps-là, le lin était considéré comme une plante magique associée à la magie blanche. Au XIIIe siècle, l’école de médecine de Salerne indique que « rôties, les graines de lin sont diurétiques et apéritives ».
Au XIIIe siècle, sa culture s’est développée dans les Flandres, la Bretagne et l’Anjou. Entre le XVIe siècle et le début du XXe siècle, se met en place un commerce de semences de lin entre la Livonie (territoire des États baltes actuels) et la Bretagne.
C’est au XVIIe siècle que l’utilisation du lin a atteint son apogée. Il entrait alors dans la fabrication des toiles fines de Cambrai, des toiles dites « Bretagne superfine », des dentelles comme celles du point d’Alençon, des blouses, des chemises, des mouchoirs. Les surfaces cultivées ont atteint 300 000 ha, avec un rendement de 600 kg de fibres par hectare. Louis XIV, par l’abolition de l’édit de Nantes, entraîne l’exil de nombreux huguenots qui ont emporté avec eux leur savoir-faire de la liniculture en Irlande (avec son berceau Lisburn), en Suisse ou aux Pays-Bas. L’importation de grands volumes de coton a vu cette fibre remplacer progressivement le lin au cours du XVIIe siècle (à la fin de ce siècle, 18 % des fibres textiles étaient en lin, 78 % en laine).
Au début du XIXe siècle, c’est Philippe de Girard qui, avec son invention de la machine à filer le lin, a permis au nord de la France de devenir l’un des premiers centres de filatures industrielles d’Europe, comme avec la batiste originaire de Cambrai.
Au XIXe siècle, la filature et le tissage sont entrés dans l’ère de l’industrialisation. En France, les petits lots produits dans les fermes ne convenaient plus aux industriels et les surfaces de lin ont chuté à 100 000 hectares. Ce déclin a été accentué par l’utilisation intensive du coton. La production française n’était plus que de 20 000 ha avant 1945.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée en France d’agriculteurs belges a relancé la culture du lin et les surfaces cultivées ont atteint 50 000 ha. Les décennies suivantes ont vu l’apparition de la mécanisation agricole et de la création variétale ainsi que le perfectionnement du teillage.
Aujourd’hui, en France, la culture représente entre 55 000 et 75 000 ha selon les années.
Les variétés du lin : La sélection du lin se caractérise par un effort permanent d’amélioration du rendement en fibres et en graines, de la résistance à la verse et de la tolérance à plusieurs maladies (fusariose, brûlure, moisissure blanche (oïdium), verticilliose, etc). À ces critères de base s’ajoutent la recherche de variétés plus résistantes aux amplitudes thermiques et dont les fibres ou les graines pourront être valorisées sur de nouveaux marchés.
Neuf à onze années sont nécessaires à la sélection et à la multiplication d’une nouvelle variété car le lin – autogame – oblige à la production de lignées pures, génétiquement fixées, et il présente un faible taux de multiplication.
Le schéma de sélection commence par le croisement de 2 variétés : l’une que l’on souhaite améliorer, l’autre qui apporte une qualité identifiée. Le parent choisi comme femelle est castré manuellement puis il est fécondé par le pollen du géniteur choisi comme mâle. Les graines issues du croisement de départ représentent la famille F1. Ces graines semées produisent la F2 qui révèle la variabilité introduite par le croisement des parents. L’importance numérique de la F2 dans laquelle le sélectionneur choisit 1 à 10 % des meilleures plantes qui donnent la F3 est essentielle car plus ce nombre est élevé, plus il y a de chance que se trouve réalisées les combinaisons génétiques recherchées.
La F3 est cultivée en plein champ. De la F3 à la F5, les familles sélectionnées sont semées en lignes et les caractéristiques de précocité, de hauteur et de résistance à la verse et aux maladies sont observées. À partir de la F6, les semis sont réalisés en micro-parcelles d’environ 4 m2 et la richesse en fibres est évaluée. La F8 marque généralement la fixation d’une lignée. On parle d’une sélection généalogique.
Il faut attendre la F10 pour que le sélectionneur formule auprès du CTPS une demande d’inscription de la variété au catalogue officiel français des espèces et variétés et commence la multiplication des semences de pré-base et la sélection conservatrice.
En 2016, une quarantaine de variétés de lin textile et presque autant de lin oléagineux sont inscrites au catalogue officiel. Par leur réponse aux conditions de sol et au climat, par leur résistance aux maladies, par leur tenue de tige, les qualités de leurs fibres et, bien sûr, par leur productivité, elles constituent un élément clé de la rentabilité de la culture.
Compte tenu du faible taux de multiplication du lin (x 6), les nouvelles variétés sont généralement disponibles 3 à 4 ans après leur inscription. Cela donne aux professionnels le temps de mieux connaitre leurs comportements respectifs dans des contextes variés pendant la phase de leur développement.
La production mondiale de la graine de lin : Dans le monde, le lin est aussi cultivé pour sa graine qui contient environ 41 % d’huile, riche en omega-3, en particulier de l’acide gras nommé acide alpha-linolénique. L’huile de lin en contient 57 % en moyenne, ainsi que 16 % d’acide linoléique.

Du point de vue de la production mondiale, le Canada est le principal producteur et exportateur de graines de lin. La production est assez variable (entre 720 000 tonnes et 930 000 tonnes ces dernières années), et exportée pour l’essentiel.

Production en tonnes de graines de lin. Chiffres 2015
Données de FAOSTAT (FAO)
Canada 423 000 22,0 %
Chine 350 000 18,2 %
États-Unis d’Amérique 230 030 12,0 %
Fédération de Russie 178 210 9,3 %
Éthiopie 150 000 7,8 %
Inde 146 000 7,6 %
Kazakhstan 94 610 4,9 %
Royaume-Uni 72 000 3,7 %
Argentine 52 075 2,7 %
Ukraine 46 800 2,4 %
France 35 000 1,8 %
Suède 23 900 1,2 %
Autres pays 220 753 6,3 %
Total 1 922 759 100 %