Mirabelle

Mirabelles

Mirabelle : La mirabelle (ou la perle jaune comme on l’appelle aussi),est le fruit du mirabellier, variété de prunier (Famille des Rosacées – Nom botanique : Prunus domestica subsp. syriaca).
C’est un fruit répandu spécialement en Lorraine et dans le nord de l’Alsace (Vosges du Nord et Outre-Forêt), régions qui ont des sols argileux et les mirabelliers ont un espace suffisamment grand pour se développer et s’épanouir. Chaque arbre dispose en effet d’une surface de 40 mètres carrés, soit l’équivalent d’un deux pièces à Paris.
On la trouve également dans l’Est de la France en Franche-Comté et en Suisse voisine.
La mirabelle est une petite prune ronde jaune foncé et doré, à chair ferme, douce et parfumée, produite principalement en Alsace et en Lorraine ; celles de Nancy et de Metz sont très estimées.
Elle est parfois recouverte d’une mince couche cireuse et comestible appelée pruine.
Avec environ 13 000 tonnes annuelles, la région de la Lorraine fournit approximativement 70 % de la production mondiale.
C’est un excellent fruit de bouche, au goût plus délicat qu’une simple prune. Il se consomme à maturité, de la mi-août à la mi-septembre. Comme les autres prunes, les mirabelles se récoltent en secouant l’arbre.
Le poète latin Virgile (70 av. J.-C. -19 av. J.-C.), dans la deuxième églogue des Bucoliques, chante la mirabelle : addam cerea pruna ; honos erit huic quoque pomo (« j’ajouterai des prunes, couleur de cire : ce fruit sera, lui aussi, à l’honneur »).
Plusieurs hypothèses fantaisistes ont été proposées quant à l’origine du nom de « mirabelle » :
– la première hypothèse le fait dériver du nom italien myrobolan (emprunté du grec myron, parfum, et balanos, gland) qui par altération au XVIIe siècle donnerait mirabolano, mirabella ;
– la deuxième avance une origine latine, de mirabilis, « belle à voir » ;
– la troisième le fait dériver du nom d’un maître-échevin de Metz nommé Mirabel, qui lui aurait donné son nom vers 1430.
– la dernière hypothèse enfin, la plus vraisemblable, la mirabelle tient son nom d’une des localités provençales nommées Mirabel. En effet, ce fruit a d’abord été cultivé dans le Midi et l’expression « prune de mirabel » est attestée, en 1649, chez l’encyclopédiste morave Comenius (1592-1670), ensuite le terme est mentionné au sens de « petite prune ». On constate donc que son introduction est tardive en français. Le toponyme occitan Mirabel ou Mirabeau (ancien Mirabel) signifie « regarde » (mira), « [ce qui est] beau » (bèl, bèu) et correspond au type d’oïl Mirbel, Mirebel, Mirebeau.

Il existe deux variétés principales : la mirabelle de Metz et la mirabelle de Nancy. Certaines productions de mirabelles cultivées en Lorraine font l’objet d’une Indication Géographique Protégée sous l’appellation protégée « Mirabelle de Lorraine ». Cette appellation est donnée aux producteurs qui respectent un cahier des charges précis. Les spécificités de ces deux variétés sont :
Mirabelle de Metz : petite, peau fine, jaune-orangé à l’insolation, parfois jaune verdâtre à l’ombre. Présence de pruine ; maturité en août ;
Mirabelle de Nancy : plus grosse que la mirabelle de Metz ; jaune-orangé ou rouge légèrement orangé. Assez nombreux pointillés rouges avec souvent au centre un petit point brunâtre, pruine fragile ; maturité mi-août.

Parmi les principales autres variétés de mirabelles, on trouve :
– prune mirabelle précoce : maturité en juillet ;
– mirabelle de Flotow : maturité fin juillet ;
– mirabelle parfumée de septembre : chair sucrée, très parfumée ; maturité septembre ;
– mirabelle double de Herrenhausen : chair jaune et très sucrée ; maturité mi-septembre ;
– mirabelle tardive : goût plutôt acidulé ; maturité fin septembre, début octobre ;
– mirabelle Bellamira est une nouvelle variété allemande issue du croisement de la variété de prune « Cacanska Najbolja » (« Meilleure de Cacak », originaire de Serbie) avec la mirabelle de Nancy. La Bellamira donne de plus gros fruits que la mirabelle de Nancy et matures 7 à 10 jours plus tôt. L’arbre produit bien plus tôt et plus régulièrement.
– mirabelle Miragrande est aussi une nouvelle variété allemande issue du croisement de la mirabelle double de Herrenhausen avec la Gele Kwets (prune jaune). Les fruits sont plus gros que la mirabelle de Nancy mais plus petits que ceux de Bellamira. La maturité des fruits vient une semaine après ceux de la mirabelle de Nancy.

Production de la mirabelle de Lorraine : Les 90 % de la production de mirabelle de Lorraine sont commercialisés sous forme de produit transformé (en conserves et confitures pour 70 % ou en eau-de-vie et en liqueur de mirabelle pour 20 %). En Lorraine, les mirabelles sont cultivées dans les vergers du Saintois, des côtes de Meuse et des côtes de Moselle (sur éboulis calcaires).
En Lorraine, la production annuelle se monte à environ 10 000 tonnes, les bonnes années, car comme tous les arbres à noyaux, le mirabellier a tendance à alterner une année sur deux. La production de la Lorraine, qui compte 250.000 mirabelliers pour 250 producteurs a été un peu moins de 7000 tonnes en 2015.
Une maison de la mirabelle existe à Rozelieures en Meurthe-et-Moselle (région Lorraine).
Les fêtes de la mirabelle en Lorraine : Le déclin de la viticulture en Lorraine à la fin du XIXe siècle a eu pour conséquence l’augmentation de la production de mirabelles dont l’alcool qu’il fournit par distillation a pu servir de substitut au vin. Depuis le Moyen Âge la mirabelle est fêtée dans la plupart des villages du Saintois et des côtes de Meuse et de Moselle. La plupart des fêtes se déroulent fin, août :
– à Bayon, au Sud de Nancy, la fête de la mirabelle se tient depuis 1936 avec élection de Miss Mirabelle ;
– à Metz, depuis 1947, se déroulent la Fête de la Mirabelle et l’élection de la Reine de la Mirabelle ;
– à Nancy, depuis 1945 au quartier Trois-Maisons se déroule également une fête de la mirabelle.
Voir Calendrier des événements gastronomiques.

Citation de l’écrivain français Michel Houellebecq : « D’abord il s’agissait de la faire boire, prétextant que le breuvage était d’une qualité tout à fait étonnante, genre cadeau d’un petit producteur local de mirabelle dans les Vosges, elle était très sensible à ces arguments en ce sens qu’elle était vraiment restée une touriste. »  in Sérotonine (2019, Éditions Flammarion).

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Emplois culinaires de la mirabelle : Achetée par près de 9 millions de Français, la mirabelle est l’un des fruits star de l’été. Elle se consomme fraîche, mais sert surtout à faire des conserves au sirop, des confitures et une eau-de-vie blanche, ainsi que des flans, des clafoutis et des tartes (tatin) et tartelettes.
Et plus récemment en sorbet arrosé (ou non) d’eau de vie de mirabelle ou encore nappé d’un coulis de mirabelle.
En cuisine, on l’utilise en garniture chaude de certaines viande (agneau, porc voire gibier).
On distille la mirabelle principalement dans l’Est de la France, surtout en Lorraine. Il en faut environ 18 kg pour 1 litre d’eau-de-vie pure.
L’eau-de-vie de mirabelle bénéficie d’une appellation réglementée et le fruit frais d’une IGP et du label rouge.

Quelques préparations culinaires et utilisations avec des mirabelles :

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