Pamplemousse et pomélo

Pamplemousse et pomélo : « Pamplemousse » et « pomélo » (ou pomelo) sont des noms vernaculaires ambigus qui désignent en français deux types de fruits dont les noms peuvent être confondus et qui proviennent de deux espèces différentes du genre Citrus, de la famille des Rutacées : l’asiatique Citrus maxima et l’hybride occidental Citrus ×paradisi.
Ces fruits sont nommés commercialement « agrumes » à l’instar des citrons, oranges, mandarines et clémentines.

Description des deux types de fruits :
Citrus maxima (aussi Citrus grandis ou Citrus decumana) est un arbre fruitier nommé pamplemoussier. Il est issu d’Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie). Son fruit à l’écorce épaisse de couleur verdâtre, jaune, ou rosée est une baie comestible, composée de 16 à 18 quartiers remplis de pépins. Peu juteux, son amertume et son acidité en font un aliment surtout utilisé dans des préparations culinaires. Ce fruit asiatique qui peut atteindre 30 cm de diamètre commence à être commercialisé en Occident.
Citrus ×paradisi est un hybride entre le pamplemoussier et l’oranger doux (Citrus maxima × Citrus sinensis). Son fruit, à l’écorce mince de couleur jaune ou rose est une baie comestible légèrement sucrée composée d’une douzaine de quartiers. Il pousse en grappes, d’où son nom anglais de « grapefruit ». Sa douceur permet de l’apprécier nature et il donne beaucoup de jus. Son succès commercial a commencé aux États-Unis à partir de 1940.

Les horticulteurs continuent en permanence à faire des sélections et des croisements entre les espèces de Citrus, leurs variétés ou leurs hybrides, dans le but d’obtenir de nouvelles variétés ou des cultivars ayant les qualités recherchées. Ainsi ont été mis depuis lors sur le marché des fruits comme le tangelo (Citrus × tangelo), issu du croisement entre l’hybride Citrus ×paradisi et le mandarinier (Citrus reticulata) ou bien le Citrus maxima ‘Sweetie’ qui est issu du croisement entre un Citrus maxima de la variété ‘Siamese Sweet’ et l’hybride Citrus ×paradisi de la variété ‘4n Marsh’.
Ces multiples croisements ajoutent à la confusion qui règne au niveau des appellations commerciales.

Étymologie et origine de la confusion : Le mot « pamplemousse » est emprunté au tamoul « pampa ramāsu » (பம்பரமாசு). Le mot est attesté en français dès la fin du XVIIe siècle pour désigner C. maxima, puis au XXe siècle pour désigner également C. paradisi.
Une étymologie différente est donnée par le dictionnaire Robert : « REM. L’Académie donne le mot au fém., contrairement à l’usage. — 1865 ; pompelmous, 1666 ; néerl. pompelmoes, de pompel « gros » », et limoes , citron ».
Le mot « pomélo » est emprunté à l’anglais pomelo ; son origine est incertaine : certains ont suggéré une composition pome-melon, hypothèse jugée douteuse, car une telle forme composée n’a jamais été attestée ; d’autres, une altération du mot néerlandais pompelmoes. Le mot pomelo est attesté en anglais au début du XIXe siècle sous la forme pommelo, et désignait d’abord C. maxima, mais aussi C. paradisi durant la seconde moitié du XIXe siècle5. En français, le terme a fait son apparition au début du XXe siècle.
Le mot pomélo est toutefois resté pendant longtemps peu connu du public, et les C. paradisi étaient commercialisés sous le nom de pamplemousse, comme l’atteste cette citation datant de 1968m : « L’Encyclopédie horticole (…) ajoute que sur les marchés européens, notamment en France, les « grape-fruits » se vendent sous le nom de pamplemousse. Leur nom scientifique « pomelo », n’est évidemment connu que des spécialistes. » (Ac. Can-Fr. 1968). Selon P. Robert, auteur de Les Agrumes dans le monde (1947), « on eût probablement évité cette confusion entre pamplemousse et pomelo] en adoptant pour le fruit du pomélo le nom américain de grape-fruit sous lequel il est commercialement connu et qui évoque la fructification en grappes de cette espèce ».
Depuis la fin du XXe siècle, les sources averties font soigneusement la distinction, en utilisant « pamplemousse » pour C. maxima et « pomélo » pour C. paradisi, et cela tant en France qu’au Québec. Cependant, dans l’usage populaire, « pamplemousse » est resté très courant pour C. paradisi, et « pomélo » est même parfois utilisé pour C. maxima, comme l’atteste cette citation : « Le pomelo est bien souvent confondu, à tort, avec le pamplemousse. Pour accentuer la confusion, ce dernier, énorme, très lourd (dont la chair remplie de nombreux pépins est recouverte par une peau épaisse et aromatique) est parfois commercialisé en France sous la dénomination de pomelo exotique ». La confusion est accentuée par l’usage actuel de pomelo en anglais pour désigner C. maxima.
« Le combat pour supprimer cette équivoque est-il gagné.  Oui, lorsqu’on regarde les affichettes au-dessus des étals de pomelos dans nos supermarchés ; non, lorsque l’on commande dans nos restaurants un jus de pamplemousse et que l’on se régale d’un jus de pomelo… » – J. Brichet, 2009.

Appellations des pamplemousses et des pomelos en usage dans les années 2010

 Appellations en français de Citrus maxima et de Citrus ×paradisi 
Citrus maxima
(Asiatique vert)
Citrus ×paradisi
(Occidental hybride)
Usage en botanique et horticulture en français
ArbrePamplemoussier
Pamplemousse (ancien)
Pomelo
Grape-fruit
FruitPamplemousse
et ses variétés ou cultivars et hybrides : pomélo chinois, sweety, honey, ugli, etc.
pomelo
Pomelo
et ses variétés ou cultivars : duncan, jaffa sweetie, marsh, star ruby, etc.
Usage commercial et familier en francophonie
BelgiquePomeloPamplemousse (jus de)
CanadaPamplemoussePomélo (ou pomelo)
Pamplemousse
Grapefruit ou grape-fruit
États-Unis---Chadègue (en cajun)
FrancePamplemousse
Chadèque (Guadeloupe, Martinique,Haïti),

chadek (Guyane)
Pomelo (La Réunion)29 (abus de langage en français19)

Produit dérivé : Pamplemousse (essence de)
Pomelo (ou pomélo)
Pamplemousse (abusivement)
grapefruit
fruit défendu (Guadeloupe, Martinique) ou fruit du paradis (Martinique)

Produits dérivés : pamplemousse (Jus de, huile essentielle de, extrait de pépin de)
SuissePoméloGrapefruit ou pamplemousse
Dans d'autres langues
allemandPampelmuse, (Riesenorange, Adamsapfel, Pumelo)Grapefruit
anglaispomelo (pummelo, shaddock, Chinese grapefruit, etcgrapefruit
espagnolpampelmusa, cimboa pomelo, (toronja)
hongroispomelo, pummelogrépfrút, citrancs
italienpomelo, pummelo, pampaleonepompelmo
néerlandaispompelmoesgrapefruit
polonaispomarańcza olbrzymia, pomelogrejpfrut
portugaisCimboa (au Brésil)toranja

Emplois du pamplemousse et du pomélo : Le fruitsera choisi lourd, car il sera gonflé de jus, avec une peau ferme et brillante, lisse, fine. Si elle possède une légère marque rosée, le pomélo sera parfumé. Si la peau est flétrie et terne, il est déshydraté.
Son jus sera alors plus amer et sa chair plus fibreuse. Les deux agrumes se servent en hors-d’œuvre, coupés en deux (chaque demi-fruit étant préalablement détaché de la peau à l’aide d’un couteau-scie spécial à lame recourbée), soit nature et très frais, soit grillé à feu vif après avoir été badigeonné de beurre fondu. On les consomme aussi en cocktail, garni ou en salade.
Pamplemousse et pomelo accompagnent également le poulet et le porc, au même titre que l’ananas.
En dessert, ils se servent divisé par moitié, poudré de sucre et orné d’une cerise confite, ou caramélisé sous la salamandre, ils entrent dans la confection de glaces, de salades de fruits, de gâteaux et d’entremets divers. Enfin, ils jouent un rôle important dans les boissons aux fruits.
Le pamplemousse vrai est consommé frais en Asie, d’où il est originaire, aux Antilles et en Océanie, confit ou en marmelade, très rarement en jus, hormis en Polynésie où il est particulièrement juteux.

Il faut noter ici qu’en matière de recette et de présentation culinaires, on emploie le plus souvent le terme « pamplemousse  » plutôt que « pomélo  », alors que les deux fruits sont utilisés indépendamment de l’usage que l’on en fait.

Quelques emplois salés du pamplemousse et du pomélo

Quelques emplois sucrés du pamplemousse et du pomélo