Pissenlit de Montmagny

Pissenlit de Montmagny : Montmagny est une commune au nord de la ville de Saint-Denis en région parisienne. La ville a accolé son nom à une variété de pissenlit, aux feuilles d’un vert appuyé bien juteuses, faisant l’objet d’une culture centenaire.
La culture du pissenlit se pratique en plein champ. Semée en avril et en mai, la plante nécessite peu de soins. En automne, on pratique l’étiolement en la recouvrant de paille (jadis de terre), afin de la faire blanchir et de l’attendrir en la privant de lumière. La récolte s’effectue, manuellement, de janvier à avril.
En 1857, un agriculteur de Montmagny, Joseph Châtelain, eut l’idée de cultiver le pissenlit. Cette plante, connue depuis longtemps pour ses vertus médicinales (notamment dépuratives) et appréciée comme aliment, ne poussait qu’à l’état sauvage.
Remarquant l’étiolement du pissenlit, retourné par les labours, il lui vint l’idée de reproduire cette pratique en le recouvrant de terre. Devant son succès, d’autres agriculteurs des communes des alentours l’imiteront. Et c’est ainsi que naîtra le pissenlit de Montmagny, une variété fruit d’améliorations successives, donnant un cœur fourni et des feuilles tendres. Le maraîchage de cette fleur prendra une telle extension qu’au XIXe siècle il représentera le tiers des salades vendues sur Paris ! Dans l’Entre-deux-guerres, le pissenlit de Vendée, du Maine, du Nivernais viendra concurrencer la production francilienne qui, dès lors, ne cessera de décliner.
De nos jours, quelques chefs parisiens se sont fait un devoir de promouvoir à leur table certains produits sur le point de disparaître ou de tomber dans l’oubli, tel ce fameux pissenlit, jamais plus à l’aise qu’en salade avec des lardons, des croûtons et des œufs durs. Sa légère amertume se marie à merveille avec la vinaigrette.
On sert aussi le pissenlit de  Montmagny en accompagnement d’une omelette ou d’un chèvre chaud sur pain grillé.

Voir Pissenlit.
Voir aussi Pissenlit sous Argot de Bouche.