Riz de Camargue

Riz de Camargue : Le riz de Camargue, dont les premières traces de culture datent du Moyen Âge, est protégé par une IGP dans ses différentes variétés.
Historique : Du XIIIe au XVIe siècle la riziculture ne cesse d’augmenter en Provence et surtout en Camargue. C’est à Henri IV que l’on doit la culture de riz en Camargue dès la fin du XVIe siècle, où il ordonna sa production, ainsi que celle de la canne à sucre et de la garance.
Dans les années 1840, les rizières vont être très utiles pour absorber l’eau des grandes crues du Rhône qui est à proximité, ainsi que pour dessaler les terres. Grâce à cela, les terres vont être utilisées pour la culture des vignes. Au début du XXe siècle, la riziculture couvrait en Camargue 800 hectares. Les agronomes avaient mis en exergue que la terre et le climat lui étaient très favorables, en effet, ce dernier profite d’une amplitude thermique plutôt réduite. Entre 1840 et 1913, plusieurs centaines d’hectares de rizières sont enregistrés. À cette époque, le riz n’est pas récolté, ou alors pour servir de nourriture aux cochons. La dernière rizière de cette époque disparaît en 1939.Le riz camarguais renaît en 1941 grâce à l’arrivée de travailleurs indochinois envoyés sous le régime de Vichy dans des conditions extrêmement précaires, par leurs connaissances ancestrales dans ce domaine, ont recréé une riziculture de qualité, qui transforma en profondeur l’économie et les paysages du delta du Rhône. Les Indochinois seront extraits de cette culture vers 1948. De 400 hectares en 1944, la Camargue passe à 3 000 hectares en 1945, puis 32 000 hectares en 1950 pour retomber 20 000 hectares au tournant du millénaire.
Indication géographique protégée : Le riz de Camargue bénéficie d’une indication géographique protégée (IGP), qui apporte des garanties au consommateur. Cette zone s’étend sur 15 communes des départements des Bouches-du-Rhône et du Gard, au cœur d’un triangle délimité par Aigues-Mortes à l’ouest, Port-Saint-Louis-du-Rhône à l’est et Tarascon au nord.
Obtenue dès 1998, l’IGP garantit au consommateur la provenance « Camargue » et le respect des procédures assurant la qualité de la production, la traçabilité des riz ainsi que les techniques de sélection variétale. Elle est régie par un cahier des charges sous le contrôle de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), et placé sous la responsabilité du Syndicat des riziculteurs de France et Filière. L’homologation du cahier des charges de l’indication géographique protégée (IGP) « Riz de Camargue » a été confirmée par arrêté du 14 septembre 2011.
Actuellement l’IGP concerne les différentes variétés de riz produites en Camargue :
– riz ronds,
– riz demi-longs,
– riz longs,
– riz très longs.
Elle garantit de même leurs différentes présentations à la commercialisation :
– riz complets ou riz cargo, simplement décortiqués, triés et nettoyés, de couleur rouge ou brune,
– riz blancs,
– riz naturellement parfumés,
– riz étuvés – rendus incollables par simple action de la vapeur d’eau sous pression sur l’amidon du grain.
Ces différentes variétés sont également proposées au consommateur en version :
– biologique, respectant le cahier des charges de l’agriculture biologique,
– précuite (riz à cuisson rapide).

Culture du riz camarguais : Pour voir apparaître une riziculture intensive, il a fallu attendre l’endiguement du Rhône, à la fin du XXe siècle, qui permit l’apport d’eau douce dans les rizières camarguaises, puis le plan Marshall, qui finança d’importantes infrastructures hydrauliques. L’eau est pompée dans le Rhône puis envoyée dans de grands canaux, vers les propriétés qui partagent les frais d’entretien. Elle est ensuite distribuée par d’innombrables petits canaux – les porteaux – aux rizières. Il est nécessaire d’utiliser de 30 000 à 50 000 m3 d’eau par hectare afin d’éviter les remontées de sel.
Sans ce vaste réseau d’eau affecté à la riziculture, qui profite aussi aux étangs et aux marais, l’écosystème camarguais serait sans doute très différent en raison de la salinité importante des sols. En 1958, les rizières s’étendaient sur 30 000 hectares, produisaient 141 000 tonnes de riz pour un rendement moyen de 10 quintaux à l’hectare. Les riziculteurs, au nombre de 2 000, cultivaient des parcelles d’une moyenne de 25 hectares et pompaient, chaque année entre 900 000 et 1 200 000 m3 d’eau dans le Rhône.
Ce fut au cours des années 1960, que les riziculteurs commencèrent à mécaniser plantation et récolte. Sur 100 hectares cultivés, on comptabilisait une moyenne de 14 tracteurs et de 4 moissonneuses-lieuses. Actuellement le maintien de la riziculture est dû à la fois au dynamisme des riziculteurs locaux et à la technicité des différents centres de recherches et d’expérimentation.
Production : En 2015, le riz était cultivé en Camargue sur 16 700 hectares avec une production de 98 250 tonnes de riz paddy (à l’état brut, non décortiqué). À titre de comparaison, toujours en 2008, en Europe 408 498 hectares sont cultivés pour une production de 2 583 133 tonnes de riz paddy, et la production mondiale atteint 661 millions de tonnes. En 2010, 200 riziculteurs cultivaient 21 200 hectares avec une production de 120 000 tonnes de riz paddy.
Les riziculteurs camarguais, qui jusqu’à présent bénéficiaient d’importantes aides européennes, vont sans doute voir leurs subventions fortement baisser. À la décision de la Commission européenne s’ajoute celle de la France qui a décidé de supprimer une partie des aides aux riziculteurs au profit des éleveurs. Les subventions qui s’élevaient à 800 euros l’hectare, vont passer à 500 euros en 2014, puis à 300 en 2019.
Seules sont en mesure de résister les quatre plus grandes exploitations camarguaises, dont celle du groupe italien Euricom, avec ses 1 200 hectares, deux autres (de 800 à 1 000 hectares) appartiennent à des sociétés de stockage, le Comptoir agricole du Languedoc et Biosud. Les surfaces consacrées au riz ont ainsi diminué de 5 000 hectares en 2014 pour tomber à 14 700 hectares, contre 24 500 dans les années 1990. Le groupe Soufflet qui possède une usine de transformation du riz d’une capacité de 80 000 tonnes à Arles étudierait sa fermeture. Pendant ce temps, l’Italie et l’Espagne continuent à percevoir des aides de près de 1 000 euros à l’hectare.

Emplois culinaires du riz de Camargue : Le riz de Camargue s’utilise comme… le riz et en fonction des variétés de grains produites (ronds, demi-longs, longs, très longs, riz complets ou riz cargo, riz paddy, riz rouge ou brun, riz blanc, riz naturellement parfumé, riz étuvé).
Un des emplois le plus connu du riz camarguais est son association avec la célèbre gardianne camarguaise, une daube à base de viande de taureau de Camargue.
L’utilisation du riz camarguais complet compte aussi de nombreux adeptes.

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