Tournesol

Tournesol : Le tournesol (appelé anciennement héliotrope et maurelle), est une grande plante oléagineuse, appartenant à la famille des Astéracées (anciennement Composées), (Nom botanique : Helianthus tuberosus L.), o dont les fleurs sont groupées en capitules de grandes dimensions. Le genre Helianthus comprend une cinquantaine d’espèces, toutes originaires d’Amérique du Nord, dont le topinambour (Helianthus tuberosus L.). Cette plante est très cultivée pour ses graines riches en huile (environ 40 % de leur composition) alimentaire de bonne qualité. Le tournesol est, avec le colza et l’olivier, l’une des trois sources principales d’huile alimentaire en Europe.
Le mot « tournesol » est emprunté à l’italien girasole, « qui tourne avec le soleil ». Son nom scientifique est Helianthus annuus. Il existe de nombreux noms ou expressions vernaculaires pour le désigner : grand-soleil, soleil des jardins, soleil commun, graine à perroquet, hélianthe…
L’huile extraite de ses graines est riche en acides gras essentiels, avec une très forte teneur en oméga-6. Elle permet de réaliser des assaisonnements (elle convient bien à la préparation de la mayonnaise) et peut être utilisée pour la cuisson.
Les graines de tournesol sont grillées et peuvent être consommées à l’apéritif et elles sont utilisées dans la fabrication de pains spéciaux ; elles sont très énergétiques.
Après extraction de l’huile par trituration des graines, on récupère la partie solide pour l’alimentation des animaux d’élevage sous forme de tourteau.
Description du tournesol : C’est une grande plante annuelle, à tige très forte et peu ramifiée, pouvant atteindre jusqu’à 4 m de hauteur. Les feuilles simples, cordées , alternées, sauf à la base où elles sont parfois opposées, ont un pétiole plus ou moins long et sont rudes au toucher. Les capitules, réceptacles floraux charnus, qui ont tendance à se renverser après la floraison, peuvent atteindre 30 cm de largeur. Ils sont entourés d’un involucre à bractées ovales avec un sommet pointu. Les fleurs extérieures ligulées disposées sur un seul rang, sont généralement jaunes ou blanches.
Les fleurs centrales en tube sont jaune pâle ou rouge foncé chez les variétés anthocyanes (pigments naturels des feuilles).
Les fruits sont des akènes surmontés par deux écailles en arête. La racine principale est pivotante.
La disposition des fleurs centrales (ou fleurons), ou des graines, sur le réceptacle dessine des spirales répondant aux règles de la phyllotaxie et tournant soit dans le sens des aiguilles d’une montre, soit en sens inverse. Les nombres de fleurons de chaque type de spirale sont constants et sont des nombres successifs de la suite de Fibonacci, par exemple 34/55 ou 55/89.
Le tournesol est sujet à l’héliotropisme avant la floraison. Ce phénomène agit sur la croissance de la tige en fonction de l’éclairement. Il permet aux feuilles de garder tout au long de la journée une exposition optimale au soleil. Au début de la floraison, la fleur pointe définitivement dans la direction Est/Sud-Est.
Définition de l’héliotropisme du tournesol : La face supérieure des feuilles du jeune plant de tournesol suivent le soleil tout au long de la journée :
– en début de matinée, les jeunes tournesols sont tournés vers l’est ;
– durant la journée, ils suivent le soleil ;
– en fin d’après-midi, ils regardent vers l’ouest.
L’intérêt fonctionnel du phototropisme est de permettre aux plantes d’accéder au meilleur ensoleillement possible pour assurer la photosynthèse.
À partir de la floraison, le capitule se fixe face au soleil levant. Une fois fécondé, le capitule se tourne vers le sol sous l’effet du poids des graines. Certaines variétés n’arrivent pas à bien assurer ce basculement, ce qui provoque une brûlure solaire des graines et une réduction du taux de germination.
Quand le tournesol est jeune, il pousse très vite au cours de la journée. Au fur et à mesure de sa croissance, il se tourne vers le soleil.
Le côté à l’ombre poussant plus vite que le côté qui reçoit la lumière, sa tige se courbe en fonction du mouvement du soleil, donnant l’impression que la fleur suit le soleil. Cela est lié à l’auxine contenue dans la région apicale de la plante. Cette hormone, responsable de l’élongation cellulaire chez le végétal, migre vers le côté opposé à celui exposé au soleil. Les cellules sont donc plus grandes du côté ombragé que du côté ensoleillé, la tige va donc se courber vers le soleil, donnant l’impression que la plante s’oriente vers le soleil.
C’est le symbole de plusieurs cultures, notamment des Amérindiens (Apaches) d’Amérique du Nord.
Les lignées sont mâles ou femelles. La pollinisation est aujourd’hui essentiellement assurée par les abeilles, souvent par des abeilles domestiques via des ruches louées à des apiculteurs et importées à proximité des champs pour compenser la très forte régression des pollinisateurs dans la nature. L’INRA d’Avignon a montré en mettant dans des sachets fermés de plastiques ou tulle que respectivement l’autopollinisation ou la pollinisation par le vent donnaient un rendement grainier presque nul quand il est comparé à celui obtenu en présence d’abeilles. Un système de vidéosurveillance a plus récemment permis de quantifier le butinage (combien d’abeilles, domestiques ou sauvages ou autre espèces telles que papillons, bourdons, etc. ) et des chercheurs essayent de comprendre pourquoi certaines variétés femelles sont moins visitées que les lignées mâles. L’INRA anime aussi un réseau national de surveillance des pollinisateurs sauvages et plus particulièrement des abeilles sauvages (environ 1000 espèces en France). Les études de l’INRA ont confirmé qu’en zone méditerranéenne autrefois très riche en pollinisateurs, « un paysage dominé par des cultures intensives s’accompagne d’une diminution de l’abondance et de la diversité des pollinisateurs ».
C’est une plante a été domestiquée par les Indiens d’Amérique du Nord et les Mexicains qui l’utilisaient pour ses propriétés alimentaires, médicinales et tinctoriales. Les graines contenaient alors environ 20 % d’huile.

Origine du tournesol : L’hypothèse qu’elle venait initialement de l’Ouest de l’Amérique du Nord (ouest du Canada et des États-Unis, centre et sud des États-Unis, nord du Mexique), semble être remise en question par la découverte en 2010 d’empreintes fossilisées de fleurs semblables à des astéracées, plus anciennes car datées d’environ 50 millions d’années, au nord-ouest de la Patagonie.
Elle a été introduite en Europe au XVIe siècle par les Espagnols. On la trouvait cultivée au début du XVIIIe siècle en France dans le Languedoc, en particulier à Massillargues et Lunel aux environs de Nîmes. La sommité était recueillie pour faire de la  » teinture en drapeau », chiffons imprégnés de teinture qui sont ensuite exportés à Lyon, en Allemagne, en Hollande et en Angleterre pour donner une jolie teinte au vin.
Sa culture comme plante oléagineuse se développa au XIXe siècle en Russie où, grâce à la sélection, la teneur des graines en huile atteint alors 40 % d’huile.
La culture du tournesol est aujourd’hui largement répandue dans tous les continents.
L’huile est extraite des graines, dont la teneur dans les variétés améliorées varie de 40 à 50 %. L’huile de tournesol est appréciée pour son équilibre en acides gras  : elle contient 12 % seulement d’acides gras saturés et beaucoup d’acides gras mono ou polyinsaturés, acide oléique, acide palmitique et surtout acide linoléique, qui est un acide gras essentiel. D’après les nutritionnistes, cette huile a d’excellentes qualités diététiques, par exemple pour combattre le diabète. C’est également une bonne source de vitamine E. L’huile de tournesol entre dans la composition des margarines. Elle sert aussi à la fabrication de savons et de cierges. On l’utilise souvent pour mettre comme huile dans les pâtes, ou d’autres aliments…
Le tournesol oléique aussi appelé tournesol haut oléique est un tournesol sélectionné dont la composition des acides gras a été modifiée pour obtenir un taux d’acide oléique proche de 82 %, similaire donc à celui de l’huile d’olive, mais sans le goût de cette dernière. Il est produit sous contrat en France. L’huile de tournesol oléique entre souvent dans la composition des mélanges d’huile. Depuis quelques années la culture du tournesol oléique a dépassé la culture du tournesol classique en France.
On consomme aussi les graines torréfiées, notamment autour du bassin méditerranéen où on les connait sous le nom de pipas ou pipasol en Espagne.
Une autre manière de se nourrir des graines de tournesol réside dans la germination et les jeunes pousses tendres. En effet, les nutriments contenus dans les graines sont décuplés lorsque ces dernières sont devenues des pousses.

La variété de tournesol Géant Mammoth peut mesurer plus de 4 m de haut et donner des capitules de 50 cm de diamètre.
Le développement de la culture du tournesol en France, comme celle du colza, à partir des années 1970 est dû au besoin d’indépendance de la communauté européenne face au monopole des États-Unis en matière d’oléagineux. La mise au point de nouvelles variétés (par croisement et sélection), notamment d’hybrides résistants au mildiou, a contribué au développement de la culture du tournesol au cours des vingt dernières années, notamment en France. Aujourd’hui, il est cultivé dans le Sud-ouest, dans le Centre et en Côte-d’Or.
Le tournesol affectionne des climats chauds et secs. C’est une culture de printemps, il se sème dès la mi-mars et sa récolte débute mi-août. L’écartement optimum se situe à 45 cm inter-rangs et 30 cm inter-plants avec un objectif de 60 à 80 000 pieds/ ha et permet un gain de rendement de près de 6 q/ha par rapport à un écartement de 80 cm.
Peu gourmand en eau, sa racine pivot lui permet de capter l’eau en profondeur. C’est une plante plus sensible à la qualité du sol (profondeur, structure) qu’à l’ajout d’engrais.
Ces besoins en azote sont faibles (80 unités/ha contre 180 pour du maïs), mais il faut prévoir une bonne fumure de fond (80 unités de phosphore et de potassium) et du bore.
Elle est peu sensible aux insectes (sauf en début de cycle) et les variétés commerciales ont des résistances importantes aux attaques fongiques, de fait elle n’a quasiment pas besoin d’être traitée.
Cette espèce est sensible à certaines variantes du mildiou, favorisé par les monocultures intensives. La lutte contre cette maladie est réglementée.
La récolte mondiale de graines de tournesol s’est élevée à 32,8 millions en 2012. (Source FAOSTAT).
Le principal pays producteur de graines de tournesol est la Russie avec 6.40 millions de tonnes, suivie de l’Ukraine (4.70 Mt), de l’Argentine (3.65 Mt), de la Chine (1.85 Mt), des États-Unis d’Amérique (1.82 Mt) et de la France (1.51 Mt).
La production mondiale d’huile de graines de tournesol s’est élevée à 10,36 millions de tonnes en 2012. (Source FAOSTAT).
Le principal pays producteur d’huile de tournesol est la Russie avec 1.99 millions de tonnes, suivie de l’Argentine (1.51 Mt), de l’Ukraine (1.30 Mt), de la Chine (0.56 Mt) et de la Turquie (0.51 Mt).