Chèvre – Les principales races de chèvres et planche illustrée des races des chèvres

Les principales races de chèvres : Le genre Capra comprend des espèces comme la chèvre domestique, la chèvre sauvage (Capra aegagrus), le bouquetin, ou le markhor.

Les chèvres à mohair : Certaines races sont élevées spécialement pour leur pelage : tel est le cas de la chèvre angora, originaire de Turquie (Angora est l’ancien nom d’Ankara) dont le poil sert à produire le mohair, et de la chèvre du Cachemire ; d’autres le sont uniquement pour leur viande, à l’instar de la race Kiko.

La chèvre Saanen (Suisse) : La saanen (ou chèvre de Gessenay), blanche à poils courts, généralement dépourvue de cornes (mais certaines ont une paire de cornes de taille moyenne tournées vers l’arrière), calme et excellente laitière. Elle est originaire de la haute vallée de la Sarine (Saane en allemand). Sa renommée en tant qu’animal de rente a entraîné l’implantation de la race dans de nombreux pays. On peut considérer aujourd’hui que la Saanen est la race la plus répandue mondialement parmi les races laitières caprines. C’est un animal trapu, solide et paisible, aux qualités très laitières qui s’adapte très bien aux différents modes d’élevage notamment intensifs. Morphologie : poil court, dense et soyeux ; robe uniformément blanche ; tête avec un profil droit ; poitrine profonde, large et longue, caractérisant une grande capacité thoracique ; épaule large et bien attachée ; garrot bien en viande ; aplombs sont corrects et allures régulières ; mamelle globuleuse, bien attachée et larges à la base. C’est une race à fort développement : 50 kg à 90 kg pour la femelle ; 80 kg à 120 kg pour le mâle

La chèvre Toggenburg (Suisse) : La Toggenburg, excellente laitière, de pelage fauve à sombre, caractérisée par ses deux bandes blanches de l’oreille à la bouche. Souvent utilisé durant le haut Moyen Âge comme animal sacrificiel pour les rituels de fertilité des fêtes de la Saint-Abondance, elle était ensuite dépecée, et sa peau utilisée pour fabriquer des pagnes qui étaient alors portés par les jeunes hommes entrant dans l’âge adulte, lors des cérémonies de passation des pouvoirs.

L’ Alpine (Suisse et France) : C’est une chèvre originaire du massif alpin Suisse et Français. Le berceau de la race se situe en Suisse où elle conserve un cheptel notable. C’est la race la plus répandue en France. Morphologie : poil ras ; robe de couleur variée passant du blanc pur au blanc tacheté de brun, de fauve, de gris, de noir, de pie ou de roux. Les troupeaux sélectionnés génétiquement présentent une couleur plus homogène, marron avec les extrémités et la ligne dorsale noire. La poitrine est profonde, le bassin large et peu incliné. Les membres sont solides, les articulations sèches et les aplombs corrects. La mamelle est volumineuse, bien attachée, se rétractant bien après la traite. Les trayons sont distincts de la mamelle, sont dirigés vers l’avant et sensiblement parallèles. C’est une chèvre de format moyen : 50 kg à 70 kg pour la femelle ; 80 kg à 100 kg pour le mâle. Rustique, très appréciée pour ses qualités laitières et d’élevage, la race Alpine s’adapte aussi bien aux systèmes d’élevages stabulatoires (*) qu’aux pâtures de basses plaines ou d’altitude.
(*) Stabulation : Séjour des bestiaux en étable. Stabulation libre, où les animaux se déplacent dans l’étable, en sortent et y entrent librement.

La chèvre poitevine : La chèvre poitevine est une race originaire des alentours des sources de la Sèvre niortaise, dans le centre ouest de la France. Élevées en petits troupeaux familiaux, les chèvres poitevines étaient plus de 40 000 au début du XXe siècle. En 1925, une épizootie de fièvre aphteuse a décimé les troupeaux poitevins. C’est à partir de souches prélevées dans les Alpes que le troupeau fut progressivement reconstitué. On dénombre aujourd’hui environ 2 800 19 femelles principalement élevées dans le berceau de la race en Poitou-Charentes. Voici sa morphologie : robe de couleur brune, plus ou moins foncée, parfois presque noire dite « en cap de maure » ; poils semi-longs sur le corps et sur les cuisses ; face inférieure des membres, dessous du ventre et de la queue blancs ou très clairs ; face comportant une raie blanche de chaque côté du chanfrein encadrant une tête fine, triangulaire. La chèvre poitevine est avec ou sans cornes, avec ou sans barbiches ou pampilles. La poitevine est une chèvre de format moyen à grand, d’aspect longiligne. Les mâles peuvent atteindre 75 kg. La chèvre pèse entre 40 kg et 65 kg. Sa taille au garrot est de 70-80 cm. Rustique et de caractère paisible, la chèvre poitevine est appréciée pour son lait typique aux grandes qualités fromagères. Elle présente de bonnes capacités pour valoriser les pâturages et les fourrages grossiers.

La chèvre corse : La corse est une race caprine venant de l’île dont elle porte le nom. La Corse a la particularité de posséder ses races bovine, caprine, ovine et porcine. Cette chèvre est une race autochtone élevée en isolement des autres races. Traditionnellement, elle est élevée pour sa viande Elle peut présenter toutes les couleurs du blanc au marron, brun et noir, souvent en mélange de couleurs et ses poils sont longs. La chèvre corse est un animal laitier, qui se caractérise par sa rusticité, ses facultés d’adaptation à l’environnement corse et son aptitude à valoriser les terrains difficiles. Le 10 juin 2003, la race caprine corse a été reconnue par la Commission nationale d’amélioration génétique (CNAG).
L’origine de la chèvre corse n’est pas très bien connue. On pense qu’elle a été introduite sur l’île par les premiers colons de l’île, et qu’elle appartient au rameau des races caprines du pourtour de la Méditerranée. En tout cas, sa présence sur l’île est attestée depuis plusieurs millénaires, des ossements datant du VIe millénaire av. J.-C. ayant été retrouvés.
Ce dernier siècle le cheptel caprin de l’île a connu une très forte régression, diminuant de 87 % entre 1852 et 1988, soit une perte de 2 000 chèvres par an. Cette chute des effectifs a vraisemblablement été particulièrement marquée entre 1954 et 1965, avec une baisse du cheptel de 110 000 têtes. Ainsi, on ne trouve plus aujourd’hui sur l’île que 25 000 à 30 000 chèvres.
Le phénotype (*) de la race n’est pas très bien standardisé, et on rencontre donc une grande diversité de couleurs (roux, fauve, gris ou noir). Sa robe est constituée de poils longs ou mi-longs, uniformes, bariolés ou panachés. Sa tête est fine, généralement cornue, avec des cornes parallèles et recourbées, bien qu’il existe des individus mottes. Elle porte de petites oreilles, et certains animaux ont des pampilles. La mamelle a une enveloppe rigide et prend une forme différente d’un animal à l’autre. Elle est donc mieux adaptée à une traite manuelle qu’à une traite mécanique.
(*) Phénotype : Ensemble des caractères individuels correspondant à l’expression du génotype, en fonction de certaines conditions du milieu.

C’est une chèvre de petite taille, la femelle pèse entre 35 et 45 kg et le mâle entre 45 et 65 kg.
Cabris et fromages sont historiquement rattachés à l’histoire de l’île, à des pratiques et des savoir-faire. Ce sont des produits fortement identitaires. Ils sont très recherchés pour leur qualité et leur typicité.
Depuis plus de 5 000 ans la chèvre corse donne son lait, un lait de qualité avec un taux moyen de matière grasse de 48 g/L et un taux moyen de matière protéique de 32 g/L3. La qualité de ce lait résulte de facteurs génétiques mais également du mode d’alimentation sur parcours (et des caractéristiques particulières de la végétation du maquis corse). La production de lait en Corse, avec des animaux de race corse, donne un caractère unique aux fromages corses. C’est ce qui a permis l’obtention d’une AOC pour le fromage brocciu, un fromage de chèvre à base de lactosérum.
Le cabri corse est nourri exclusivement sous la mère pendant 4 à 6 semaines. Cette viande a des caractéristiques qui résultent des conditions particulières d’alimentation et d’élevage. Plat traditionnel de Noël, le cabri possède une finesse et une saveur incomparables. Certaines années, selon la production, il peut être consommé jusqu’à Pâques. Une démarche de certification IGP est en cours et a été initiée par le groupement régional des éleveurs caprins Capra Corsa.
Un autre de ses atouts est sa capacité à valoriser les parcours particulièrement pauvres de son île, qu’elle sillonne la majeure partie de l’année grâce à ses membres robustes. Par ailleurs son poil assez long la protège des buissons. Son adaptation aux variations importantes de climat et sa capacité à valoriser les parcours constituent ses principaux atouts. Sa robe à poils long la protège des épineux.
L’élevage de la chèvre corse est un élevage extensif, basé sur la valorisation des ressources naturelles dans les parcours. Contrairement aux races continentales qui se sont sédentarisées, les corses ont conservé leurs systèmes basés sur la transhumance, et cherchant à valoriser au maximum les ressources naturelles de l’île, l’importation d’aliments extérieurs étant onéreuse. Ainsi, chaque éleveur fait parcourir tous les jours entre 7 à 10 km dans le maquis corse, chaque élevage ayant environ 300 à 500 ha à sa disposition, sans que les limites de ces secteurs soient toujours clairement définies. Les chèvres ingèrent en moyenne 2,5 kg de matière sèche par jour au cours de ce trajet. Les systèmes d’élevage les plus courants s’appuient sur des mises-bas en automne. Les chevreaux sont ensuite élevés sous la mère pour être commercialisés à Noël.
Le « cabri de Noël » constitue un produit traditionnel et festif en Corse. La très grande majorité des éleveurs (90 %), sont transformateurs et produisent leurs propres fromages, dont l’AOC brocciu.
La chèvre corse est principalement basée en Corse, où elle représente 98 % des effectifs caprins. On trouve également quelques animaux dans le Roussillon mais cela reste assez anecdotique. En Corse, certaines vallées étaient par le passé réputées pour la présence de chèvres en grand nombre comme Ascu et Niolu. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, les chèvres sont réparties de manière à peu près homogène sur l’île, même si certaines zones conservent une activité caprine légèrement plus importante comme Corte, ou certaines zones pastorales comme Cap Corse et Balagne, et que 74 % du cheptel se trouve en Haute-Corse. La chèvre corse est principalement basée en Corse, où elle représente 98 % des effectifs caprins. On trouve également quelques animaux dans le Roussillon mais cela reste assez anecdotique. En Corse, certaines vallées étaient par le passé réputées pour la présence de chèvres en grand nombre comme Ascu et Niolu. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, les chèvres sont réparties de manière à peu près homogène sur l’île, même si certaines zones conservent une activité caprine légèrement plus importante comme Corte, ou certaines zones pastorales comme Cap Corse et Balagne, et que 74 % du cheptel se trouve en Haute-Corse.

La chèvre du Rove : La chèvre du Rove est une race française des Bouches-du-Rhône, faisant partie des races à petit effectif, le cheptel compte environ 8000 bêtes en 2016. La robe est généralement de couleur marron-rouge et parfois tachetée de blanc. Elle possède des cornes de section triangulaires et torsadées de taille importante qui permette de la reconnaître facilement. Avec son lait on fabrique un fromage typique appelé la Brousse. C’est une race mixte puisqu’elle est utilisé pour la production de lait et la transformation fromagère, mais aussi pour la production de cabris.

La chèvre provençale : La chèvre provençale est une race française de Provence comme son nom l’indique, elle fait partie des races à petit effectif, puisqu’on compte environ 1000 chèvres en 2016. La couleur de la robe peut être très diversifiée, c’est une chèvre aux oreilles longues et tombantes, parfois recourbées. Elle a le poil long en particulier sur les cuisses.

La chèvre Boer : La chèvre Boer améliorée est apparue au début des années 1900 lorsque des éleveurs d’Afrique du Sud ont commencé à sélectionner pour une chèvre démontrant une bonne conformation bouchère, une croissance et une prolificité élevées, une bonne qualité de carcasse, un pelage court blanc sur le corps et rouge (variant de cannelle à presque noir) sur la tête et le cou. En 1993, la chèvre Boer est apparue au Canada et elle a été importée pour la boucherie. Ses oreilles sont pendantes et son nez est assez arrondi ou busqué. Ses cornes sont rondes et courbées vers l’arrière.

La chèvre Kiko : Le mot « kiko » a été utilisé traditionnellement en Nouvelle-Zélande par les Maoris pour décrire les animaux de boucherie. La chèvre Kiko a été développée en Nouvelle-Zélande par la sélection des meilleures et des plus fertiles chèvres sauvages de ce pays au niveau de leur capacité de production de viande améliorée dans des conditions de pâturages naturels où le broutement arbustif est important. Le taux de croissance est probablement la caractéristique qui définit le mieux la race Kiko. Les chevreaux présentent une vigueur impressionnante. Elle est aussi très rustique. La chèvre Kiko peut être maintenue sous des conditions d’élevage extensif dans les milieux ouverts broussailleux. Elle n’est pas que présente en Nouvelle-Zélande, mais elle a aussi été introduite au Canada, dans la province de Québec.
Les boucs matures possèdent des cornes distinctives en spirale et de grande envergure. Les oreilles de la Kiko sont placées assez hautes, de largeur moyenne et longueur modérée, non pendantes et non dressées. Son museau est bien proportionné, ni convexe ni concave. La densité de son pelage peut varier en fonction des conditions climatiques et il y a une variation marquée entre le pelage d’été et d’hiver. La couleur prédominante de sa robe est le blanc, mais toute autre couleur est retrouvée.

La chèvre Tennessee : Aux États-Unis, on retrouve la chèvre Tennessee ou chèvre myotonique. Cette espèce de chèvre est présente principalement au Tennessee et au Texas. Cette race remonte à la fin des années 1800. Cette variété de chèvres a la particularité de se tétaniser littéralement quand elle est stressée ou surprise : l’animal tombe sans pouvoir bouger pendant environ une vingtaine de secondes. Cette chèvre est affectée par la myotonie (c.-à-d. une contraction involontaire et temporaire des muscles lors d’un stress), ce qui expliquerait la tendreté de la viande et la forte musculature de la carcasse de cette race. L’origine de la chose serait une mutation génétique héréditaire. Cette chèvre est surtout élevée pour son potentiel en boucherie. Il existe trois différents types dont un seul est potentiellement intéressant pour la production de boucherie. Seul un type de grande taille à forte musculature et myotonique peut être qualifié de chèvre Tennessee. Ces lignées produisent une chèvre désaisonnalisée, très résistante aux parasites, très maternelle, à faciliter de mise-bas, très facile à garder et à manipuler puisqu’elle ne saute pas, probablement le meilleur rendement de carcasse, mais à croissance très lente. Il existe des lignées anciennes avec un potentiel de boucherie très intéressant. À propos de cette chèvre, on dit qu’elle feint la mort, ce qu’on appelle la thanatose (du grec ancien θάνατος, thanatos, « mort »), et consiste à simuler la mort, afin d’échapper à un prédateur. De nombreux animaux ont recours à cette technique, comme l’opossum, la couleuvre à collier, certains poissons, oiseaux, coléoptères, insectes et amphibiens.

La chèvre nubienne : La chèvre nubienne est surtout une chèvre laitière, mais peut également être élevée pour sa viande. Elle est présente au Québec.

La chèvre Lamancha : Comme la chèvre Nubienne, la chèvre Lamancha est surtout une chèvre laitière, mais peut également être élevée pour sa viande. Elle est présente au Québec.

Autres chèvres : La plupart du temps, les chèvres sont domestiquées, mais on les trouve encore à l’état sauvage dans quelques contrées du Caucase, d’Iran, d’Afghanistan ou d’Irak. Leur domestication est ancienne (au moins VIIIe millénaire av. J.-C.). On les élève pour leur lait, leur cuir, leur poil et leur viande.
Enfin, des chèvres d’espèces naines sont également élevées comme animaux de compagnie.