Crevette grise – Description et généralités de la crevette grise

Description de la crevette grise : La première paire de pattes est équipée de pinces en forme de crochets.
Mimétisme : cette crevette adopte une robe qui lui permet de se fondre dans son environnement.
La crevette grise mesure de 50 à 80 mm (voire exceptionnellement jusqu’à 90 mm).
Sa carapace est munie de trois épines, une sur la ligne médio-dorsale, les deux autres disposées latéralement.
Sa couleur est brune et peut varier selon le fond sur lequel elle est posée.
Dans famille Crangonidae cette espèce partage avec les sous-chélates une caractéristique physique : les premiers péréiopodes ont un doigt mobile qui se ferme sur une courte projection, plutôt qu’doigt fixe de taille similaire chez d’autres espèces) ; et le rostre est court.
Écologie et comportement de la crevette grise : Cette espèce est épibenthique (*) et comme beaucoup de crevettes elle s’alimente essentiellement de nuit.
(*) Épibenthique : qui vit près du fond, à de faibles profondeurs.

Son régime alimentaire est de type opportuniste et omnivore mais l’espèce se montre volontiers carnivore et charognarde quand elle en a la possibilité. Elle contribue ainsi à nettoyer son environnement des nombreux cadavres et débris organiques (service écosystémique) mais éventuellement aussi à bio-accumuler certaines substances toxiques et métaux lourds.
Là où elle est présente, elle peut être très abondante et a alors un effet significatif sur sa niche écologique et plus généralement les écosystèmes où elle est présente. Les gros spécimens se nourrissent aussi de jeunes alevins de poissons ou de leurs cadavres car des otolithes en sont parfois retrouvés dans l’estomac de ces crevettes (par exemple des types Pleuronectes platessa, Limanda limanda et Ammodytes tobiannus).
Le jour elle est peu active, et reste généralement cachée sous des surplombs rocheux ou enfouie dans le substrat, ne laissant dépasser que ses antennes, pour échapper à ses prédateurs (oiseaux, poissons…).
Cycle de reproduction : Les femelles sont sexuellement matures quand elles atteignent 22 à 43 mm alors que les mâles le sont à 30-45 mm.
Les œufs sont portés par la mère puis donnent des larves planctoniques qui subiront cinq mues avant d’atteindre le stade « post-larve », à partir duquel la jeune crevette ne quittera plus la proximité du fond marin.

Intérêt halieutique et pêcherie : Bien qu’elle ait été très étudiée, cette espèce ne fait pas aujourd’hui l’objet d’élevage. En France, La Cotinière, sur l’île d’Oléron est aujourd’hui le premier port français de la pêche à la crevette grise, et l’un des plus importants d’Europe. Les tonnages fluctuent selon les années. En 2009, 38 000 t de crevettes grises ont été pêchées, dont 80 % l’ont été en Allemagne et aux Pays-Bas.
La pêche industrielle de cette espèce est en concurrence avec celle de Pandalus borealis (pêchées dans les zones arctiques) et avec celle du bouquet (Palaemon seratus) récolté en France tout le long du littoral français, mais surtout avec les crevettes exotiques d’élevage.
En termes d’empreinte écologique et de bilan carbone il est à noter qu’une partie des crevettes grises pêchées dans les pays du nord sont transportées dans des pays du Maghreb où elles sont décortiquées à moindre coût pour être ensuite reconditionnées et renvoyées dans les pays du Nord.