Flamenkuch

Flamenkuch : La Flamenkuch est une tarte flambée (en alémanique/alsacien flàmmeküeche) ou la flamme-küche, parfois abrégé en flamms ; nommée souvent flammenkuche par les français non-dialectophones et Flammkuchen (flamkouren en allemand standard).
C’est un plat traditionnel alsacien, mais aussi des régions adjacentes du Palatinat, du Pays de Bade et de la Moselle germanophone, composé d’une fine abaisse de pâte à pain recouverte de crème épaisse et/ou de fromage blanc, le Bibeleskäs [bibeleskêss], et garnie de lardons, d’oignons crus en rondelles puis rapidement cuite au four très chaud.
Sa traduction peut porter à confusion : elle n’est pas flambée avec de l’alcool (sauf ses variantes sucrées), mais cuite à la flamme.

La Flamenkuch remonte à l’habitude des paysans de faire cuire leur pain toutes les deux ou trois semaines. C’était alors une petite fête et, pour la marquer, on étalait la pâte qui restait après la préparation des miches, on la recouvrait de fromage blanc, d’oignons et de lardons et on passait le tout pendant quelques minutes au four. On présentait ensuite chaque Flamenkuch sur une plaque de bois de boulanger et on la découpait en rectangles ; après avoir rapidement détaché les bords un peu noircis, chacun roulait sa part et la mangeait brûlante avec les doigts. C’est d’ailleurs toujours ainsi que les Alsaciens la mangent, même au restaurant : avec les doigts.

La cuisson traditionnelle du pain dans un four à bois en pierre se prêtait à la cuisson de ces flammekueche : immédiatement après le chauffage du four au feu de bois, celui-ci était trop chaud pour y faire cuire le pain. Il fallait attendre qu’il atteigne la température correcte. La température était à ce moment idéale pour faire cuire les tartes flambées. On repoussait les braises, on glissait la fine tarte, et en 2 à 3 minutes, elle était prête lorsque ses bords léchés par les flammes commençaient à noircir.
Contrairement à l’idée qu’on peut se faire de ce plat typique, la Flamenkuch n’est apparue dans les restaurants de Strasbourg qu’à la fin des années 1960, après la mode des pizzerias. On la servait cependant auparavant dans des restaurants de campagne, notamment du Kochersberg (région de Strasbourg), qui n’ouvraient que les samedis et dimanches soir, la Flamenkuch étant un plat simple généralement fait à la maison.

L’essor du tourisme a popularisé ce plat et, aujourd’hui, de nombreux établissements le proposent non seulement dans le Kochersberg, qui passe pour le berceau de la flammekueche, mais aussi dans toute l’Alsace (parfois agrémentée de munster dans le Haut-Rhin) et aussi de l’autre côté du Rhin, dans le pays de Bade, ainsi qu’en Moselle germanophone où la base n’est pas du fromage blanc mais de la crème. Il existe même des chaînes de restaurants centrées autour de ce produit croustillant qu’est la Flamenkuch.
Il en existe cinq variantes courantes :
– la Flamenkuch traditionnelle : lardons et oignons ;
– la Flamenkuch gratinée : normale et gruyère ;
– la Flamenkuch forestière : oignons et champignons ;
– la Flamenkuch au munster : normale et munster ;
– la Flamenkuch aux pommes : dessert sucré, tarte avec de la crème ou du fromage blanc, des rondelles de pommes et flambée au Calvados.

Cependant, il devient habituel de trouver toutes sortes de garnitures, à l’instar des pizzas.
La Flamenkuch connaît aussi une diffusion nationale grâce à sa vente sous forme de produit congelé tout prêt, très rapide à cuire dans les fours classiques des amateurs particuliers.