Lait maternel

Lait maternel : Une jeune artiste a organisé une performance-buffet où elle servait des fromages réalisés avec du lait de femmes allaitantes. Dimanche 8 mai 2011, dans la petite galerie new-yorkaise de Michael Mut, s’est tenue la Lady Cheese Shop, un événement à la fois artistique, gastronomique et, pour certains, répulsif. La jeune plasticienne Miriam Simun, étudiante à la New York University, a organisé une dégustation, ouverte au public, de fromages réalisés avec du lait maternel.
Après avoir contacté trois femmes qui allaitaient, elle a pasteurisé et purifié leur lait, qu’elle a ensuite transformé en fromages. Trois variétés (West Side Funk, Midtown Smoke et Wisconsin Chew) ont été produites, les goûts différant selon les mères, et leurs alimentations.Miriam Simun a défendu son projet en estimant à l’agence Reuters que «le fromage est un déclencheur de conversations. Certains l’aiment, d’autres le détestent». Avec cette performance-buffet, Miriam Simun voulait évoquer le fait que les corps humains sont des «usines» et les utilisations possibles des sécrétions (sperme, sang, ovules, cheveux) autant au niveau artistique, médical ou nourricier.
Le site internet Inhabitots.com, consacré à l’éducation écolo, a diffusé un reportage sur The Lady Cheese Shop : En 2010, le chef d’un restaurant new-yorkais avait servi du fromage réalisé avec le lait maternel de son épouse et, à Londres, des glaces ont été réalisées avec la même matière.
Ce dessert, on ne peut plus inédit, a fait son apparition à Londres, dans les bacs de The Icecreamists, à Covent Garden. Baptisée Baby Gaga, elle est aromatisée à la vanille et relevée d’un zeste de citron. Selon la BBC, le glacier a passé une annonce il y a quelques jours sur un forum internet dédié aux mamans pour recruter des « mères en forme et en bonne santé qui accepteraient de contribuer à ce concept nouveau et radical dans le domaine de la glace ». L’annonce précisait que « tout le lait (serait) contrôlé et pasteurisé avant d’être utilisé » et que les contributrices devraient « être prêtes à répondre à des interviews avec des médias ». Moins d’une semaine plus tard, The Icecreamists avait recruté quinze candidates, chacune payée 15 £ (17 €) pour 30 cl de lait. Celui-ci est extrait sur place et pasteurisé avant d’être turbiné avec les arômes. La glace est servie dans un verre à Martini, et du nitrogène liquide est injecté dessus grâce à une seringue…
« Si c’est assez bon pour nos enfants, c’est assez bon pour le reste d’entre nous », a déclaré le propriétaire de la boutique, ajoutant que les mamans ont subi les mêmes tests sanguins que ceux utilisés par les hôpitaux pour dépister les donneurs de sang. Dans ce cas, tout va bien…
(The Icecreamists, 15 Maiden Lane, Covent Garden, Londres).

Aujourd’hui, on peut déguster du lait maternel dans le premier bar à lait maternel. Le Bonyu Bar situé dans le quartier de Kabukicho à Tokyo, au Japon. Ce bar propose en effet de boire le lait produit par ses serveuses.
Comme le raconte The Tokyo Reporter dans un article de février 2015, ce café emploie trois jeunes mamans capables d’allaiter, toutes âgées de moins de 30 ans. A la carte, deux possibilités : il faut débourser 2 000 yens (soit 16 euros) pour déguster un seul shot de lait maternel et, pour 5 000 yens (soit 40 euros), c’est le droit à une tétée pendant laquelle la « serveuse » allaitante choisie caresse la tête du client. Pour l’instant, les autorités japonaises ne voient rien à redire à ce concept. En revanche, il ne serait pas envisageable en France, puisque tout commerce de ce genre est interdit dans l’Hexagone en vertu du principe de l’indisponibilité du corps humain, qui défend de vendre ou de louer une partie ou l’ensemble de son corps.

Glace Baby Gaga