Mouton – Histoire du mouton – religion et folklore

Histoire du mouton : Les moutons ont été parmi les premiers animaux à être domestiqués par l’homme ; des sources fournissent une domestication datant d’entre neuf et onze mille ans en Mésopotamie. L’espèce a plusieurs caractéristiques, comme un manque relatif d’agressivité, une taille gérable, une maturité sexuelle précoce, un caractère sociable et des taux de reproduction élevés, qui font qu’elle est particulièrement facile à apprivoiser. Aujourd’hui, Ovis aries est une espèce entièrement domestiquée, un animal qui est largement tributaire de l’homme pour sa santé et sa survie. De petites populations sauvages de moutons existent encore mais uniquement dans des zones dépourvues de prédateurs (habituellement des îles). Les populations de moutons sauvages n’ont jamais atteint l’ampleur de celles des chevaux sauvages, des chèvres, des porcs ou de chiens.
Les détails sur la descendance des moutons depuis leurs ancêtres sauvages sont actuellement peu connus. L’hypothèse la plus communément admise est que Ovis aries descende des espèces de mouflons d’Europe et d’Asie. On a également supposé que le mouflon européen est une ancienne espèce de moutons domestiques retournée à l’état sauvage plutôt que le contraire. Quelques races de moutons, comme le Castlemilk Moorit d’Écosse, sont le résultat de croisements de moutons avec des espèces sauvages de mouflons européens. On pensait que l’urial (Ovis vignei) avait pu être un ancêtre de mouton actuel car il y a quelquefois des croisements mouton-urial en Iran. Toutefois, l’urial, l’argali (Ovis ammon) et le mouflon des neiges (Ovis nivicola) ont un nombre différent de chromosomes de celui d’Ovis aries, ce qui rend une relation directe invraisemblable et les études phylogénétiques ne montrent aucun signe d’ascendance de l’urial chez le mouton. D’autres études comparant les races de moutons d’Europe et d’Asie ont montré d’importantes différences génétiques entre les deux. Deux explications à ce phénomène ont été proposées. La première est qu’il y a actuellement une espèce ou des sous-espèces de moutons sauvages inconnus qui ont contribué à la formation de l’espèce ovine domestique. Une deuxième hypothèse suggère que cette variation soit le résultat de plusieurs vagues de captures de mouflons dans la nature, de façon semblable à celle d’autres animaux d’élevage.
Au départ, les moutons ont été élevés uniquement pour leur viande, leur lait et leur peau. Les stèles trouvées sur les sites archéologiques iraniens donnent à penser que les premières sélections de moutons pour leur laine peuvent avoir commencé environ au VIe millénaire av. J.‑C., mais les premiers vêtements de laine ont été tissés seulement deux à trois mille ans plus tard. À l’âge de bronze, les moutons avaient toutes les caractéristiques principales des races modernes et étaient largement répandus dans toute l’Asie occidentale4. Toutefois, il existe une différence essentielle sur les techniques de recueil de la laine entre les moutons actuels et les moutons d’autrefois. Les premiers moutons ne pouvaient pas être tondus et devaient avoir leur laine recueillie à la main dans un processus de délainage. La laine pouvait également être recueillie sur le sol après sa chute. Ce trait survit aujourd’hui dans quelques races telles que le Soay. En effet, le Soay, ainsi que d’autres races d’Europe du Nord ont la queue courte, une toison qui ne peut être tondue, une petite taille et des cornes chez les deux sexes rappelant étroitement les anciens moutons. À l’origine, le tissage et la filature de laine était un art pratiqué à la maison, avant d’être une technique industrielle. Les Sumériens, les Babyloniens, les Perses dépendaient de l’élevage des moutons et, bien que le lin ait été le premier tissu à être façonné pour l’habillement, la laine était un produit prisé. L’élevage de troupeaux pour leur toison a été une des premières industries et les troupeaux étaient un moyen d’échange dans l’économie de troc. De nombreuses figures bibliques avaient de grands troupeaux et les sujets du roi d’Israël étaient imposés en fonction du nombre de béliers qu’ils possédaient.

En Afrique : Les moutons sont arrivés sur le continent africain peu de temps après leur domestication en Asie occidentale. Quelques historiens développent une théorie alternative très controversée faisant de l’Afrique le pays d’origine des moutons domestiques. Cette théorie est basée principalement sur des interprétations d’œuvres d’art et des études ostéologiques du mouflon à manchettes. Les premiers moutons sont entrés dans le nord de l’Afrique via le Sinaï et sont arrivés dans la société égyptienne antique il y a entre sept et huit mille ans. Les moutons ont toujours fait partie de l’agriculture de subsistance en Afrique, mais aujourd’hui le seul pays qui conserve un nombre important de moutons est l’Afrique du Sud. Les éleveurs sud-africains, pour tenter de lutter contre les nombreux prédateurs du pays, ont inventé un collier empoisonné pour la protection du bétail, et qui provoque des empoisonnements graves voire mortels des prédateurs lorsqu’ils les mordent au cou.

En Europe : À partir de l’Asie du sud-ouest, l’élevage du mouton va se propager rapidement vers l’Europe. Pratiquement depuis sa création, la civilisation grecque antique avait fait du mouton son principal animal d’élevage et on dit que les animaux recevaient un nom propre. Les moutons scandinaves d’un type très proche de ceux d’aujourd’hui, avec une queue courte et une toison multicolore, sont apparus aussi dès le début de cette propagation. Plus tard, les Romains vont élever les moutons sur une large échelle et l’Empire a été un agent important dans la propagation de l’élevage du mouton sur l’ensemble du continent. Pline l’Ancien, dans son encyclopédie l’Histoire naturelle, parle longuement de mouton et de la laine. Déclarant « Merci beaucoup, aussi, d’avoir reçu les moutons, à la fois pour apaiser les dieux, et pour nous donner leur toison. », il poursuit en décrivant en détail les anciennes races de moutons et leurs nombreuses couleurs, la longueur et la qualité de leur laine83. Les Romains ont également été les premiers à couvrir leurs moutons, en leur enfilant un manteau (aujourd’hui généralement en nylon) pour améliorer la propreté et la brillance de leur laine.
Pendant l’occupation romaine des îles britanniques, une grande usine de transformation de la laine a été créée à Winchester, en Angleterre, vers 507. En l’an 1000, l’Angleterre et l’Espagne étaient les épicentres de la production ovine dans le monde occidental. Comme les premiers éleveurs de moutons mérinos, qui ont historiquement dominé le commerce de la laine, étaient espagnols, l’Espagne s’est considérablement enrichie. L’argent rapporté par la laine a servi en grande partie à financer la politique des dirigeants espagnols et, par conséquent, les voyages vers le Nouveau Monde par les conquistadores. La puissante Mesta (son titre complet est Honrado Concejo de la Mesta, l’honorable Conseil de la Mesta) était une corporation de propriétaires de moutons formée essentiellement de riches marchands espagnols, du clergé catholique et de la noblesse qui contrôlaient les troupeaux de moutons mérinos Au XVIIe siècle, la Mesta représentait plus de deux millions de têtes de moutons mérinos.
Les troupeaux de la Mesta faisaient une transhumance saisonnière à travers l’Espagne. Au printemps, ils quittaient les pâturages d’hiver (invernaderos), en Estrémadure et en Andalousie pour aller paître sur les pâturages d’été (agostaderos) en Castille, avant de revenir à nouveau en automne84. Les dirigeants espagnols désireux d’accroître leurs revenus accordaient des droits importants à la Mesta, souvent au détriment des paysans locaux. Les énormes troupeaux de mérinos avaient un droit de passage sur les routes de la transhumance (Cañadas). Villes et villages étaient obligés par la loi de laisser paître les troupeaux sur leurs terres et la Mesta avait sa propre police qui pouvait convoquer des personnes en infraction devant ses propres tribunaux. L’exportation de mérinos sans autorisation royale était également une infraction punissable, ce qui assura un quasi-monopole sur la race à l’Espagne jusqu’à l’invasion de l’Espagne par Napoléon Ier au début du XIXe siècle. Auparavant, en 1786, Louis XVI avait pu obtenir par un accord secret, un troupeau de mérinos de son cousin le roi d’Espagne qui a constitué la base pour la race de moutons Mérinos de Rambouillet (ou mérinos français) Après la fin de l’interdiction d’exporter, les moutons mérinos furent exportés dans le monde entier et l’élevage espagnol revint vers des races de mouton à laine grossière telles que la Churra, et perdit sa place sur le marché mondial de la laine.
L’industrie du mouton en Espagne était basée sur une gestion migratoire des troupeaux, avec de grands troupeaux de mérinos se déplaçant sur l’ensemble du territoire. En comparaison, le modèle utilisé pour l’élevage des ovins en Angleterre est tout à fait différent mais les moutons avaient une importance similaire pour l’économie de l’Empire britannique. Jusqu’au début du XXe siècle, la vente de laine et de moutons à l’extérieur du pays était une infraction punissable et aujourd’hui, symboliquement, le président de la Chambre des lords est toujours assis sur un coussin en laine connu sous le nom de Woolsack. La forte concentration et le caractère sédentaire des éleveurs au Royaume-Uni a permis de créer des races de moutons spécialement adaptées à un usage particulier et à la région où ils vivaient, donnant ainsi naissance à une exceptionnelle variété des races par rapport à la petite taille du pays. Cette grande variété des races a également produit une grande variété de produits permettant ainsi de rivaliser avec la laine superfine du mouton mérinos espagnol. Au moment du règne d’Élisabeth Ire, le commerce de moutons et de la laine était la principale source de recettes fiscales de la Couronne d’Angleterre et le développement et la propagation de l’élevage du mouton a joué un grand rôle dans l’économie du pays.
Un événement important, non seulement dans l’histoire de l’espèce ovine domestique, mais de tous les animaux, est l’œuvre de Robert Bakewell dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Avant lui, l’amélioration des races était souvent basée sur le hasard, sans démarche scientifique pour la sélection des reproducteurs. Bakewell a établi les principes de la reproduction sélective, surtout l’élevage sélectif en ligne pour les moutons, les chevaux et les bovins. Son travail a influencé par la suite Gregor Mendel et Charles Darwin. Sa contribution la plus importante sur les moutons a été le développement de la race Leicester Longwool, une race à maturation rapide et de conformation trapue qui a été à la base de nombreuses races modernes. Aujourd’hui, l’importance de l’industrie du mouton au Royaume-Uni a diminué de manière significative

En Amérique : Aucune des espèces ovines originaire d’Amérique n’a jamais été domestiquée, bien qu’elles soient plus proches génétiquement du mouton domestique que de nombreuses espèces ovines d’Asie et d’Europe. La première race de mouton arrivée en Amérique du Nord est probablement la race Churra arrivée avec Christophe Colomb lors de son deuxième voyage en 1493. Le deuxième lot de moutons arriva avec Hernán Cortés en 1519 au Mexique. Il ne semble pas y avoir eu de commerce de laine ou d’animaux entre les populations locales, mais les troupeaux vont se propager dans tout ce qui est maintenant le Mexique et le sud-ouest des États-Unis avec les colons espagnols. La race Churra a également été introduite dans la tribu amérindienne Navajo et est devenue une partie essentielle de leurs moyens de subsistance et de leur culture. L’actuelle race Navajo-Churro est le résultat de ce patrimoine.

Amérique du Nord : Le transport suivant de moutons vers l’Amérique du Nord n’aura lieu qu’en 1607, avec le voyage du Susan Conant en Virginie. Toutefois, les moutons qui sont arrivés au cours de cette année-là ont tous été abattus à cause de la famine et aucun troupeau permanent ne put s’installer dans la colonie pendant deux ans, jusqu’en 1609. En 1611, les colons avaient porté leur cheptel à 400 têtes. En 1640, il y avait environ 100 000 moutons dans les 13 colonies et, en 1662, on construisit une usine de laine à Watertown, au Massachusetts. Pendant les périodes de troubles politiques et de guerre civile en Grande-Bretagne dans les années 1640-1650, le commerce maritime a été perturbé et les colons ont jugé urgent de démarrer leur propre production de laine pour leurs vêtements. De nombreuses îles au large de la côte ont été débarrassées de leurs prédateurs pour y mettre les moutons en sécurité : Nantucket, Long Island, Martha’s Vineyard et les petites îles à Boston Harbor en ont été les principaux exemples. Il reste quelques rares races de moutons américains, comme le Hog Island qui sont le résultat de ces troupeaux insulaires. La mise de moutons et de chèvres en liberté dans les îles était une pratique courante de la colonisation au cours de cette période. Dès le début, le gouvernement britannique va interdire l’exportation de moutons ou de laine vers l’Amérique pour empêcher toute tentative de concurrence avec les îles Britanniques. C’est une des nombreuses mesures commerciales restrictives qui ont précipité la Révolution américaine, car l’industrie du mouton a continué d’augmenter en dépit des interdictions.
Peu à peu, à partir des années 1800, la production ovine va migrer vers l’ouest des États-Unis. Aujourd’hui, la grande majorité des troupeaux vit dans la partie occidentale du pays. Au cours de cette migration vers l’ouest, la concurrence entre les éleveurs d’ovins et de bovidés va devenir plus vive, pouvant s’achever parfois en guerres rangées. En dehors de la simple concurrence pour les pâturages et les droits sur l’eau, les éleveurs de bovidés pensaient que les sécrétions des glandes des pieds des moutons rendaient impropres les terrains aux bovidés. Lorsque la production ovine fut bien installée sur l’ouest des États-Unis, elle s’adapta à d’autres coutumes de l’ouest américain comme le rodéo. Dans l’Amérique d’aujourd’hui, un événement traditionnel amusant est les rodéos de mouton dans lesquels les enfants concourent pour voir qui peut rester le plus longtemps sur le dos d’un mouton avant de tomber. Une autre conséquence du mouvement vers l’ouest des troupeaux de moutons en Amérique du Nord a été le déclin des espèces sauvages comme le mouflon canadien (Ovis canadensis). La plupart des maladies de l’espèce ovine domestique sont transmissibles aux ovins sauvages, et ces maladies, ainsi que le surpâturage et la perte de leur habitat, ont été cités comme les principaux facteurs de la chute du nombre de mouflons américains. La production ovine a atteint un sommet en Amérique du Nord au cours des années 1940-1950 avec 55 millions de têtes. Depuis, et encore aujourd’hui, le nombre de moutons ne cesse de diminuer avec la baisse du prix de la laine et la diminution de la consommation de viande ovine.

Amérique du Sud : En Amérique du Sud et en particulier en Patagonie, l’élevage du mouton est une industrie encore active. L’élevage du mouton a été largement favorisé sur cette partie du continent américain par l’immigration espagnole et britannique, populations dont les pays d’origine avaient une importante industrie de l’élevage du mouton à cette époque. L’Amérique du Sud a un assez grand nombre de moutons, mais la nation ayant le plus important cheptel ovin en 2004 (le Brésil) avait à peine plus de 15 millions de têtes, beaucoup moins que la plupart des grands pays d’élevage. Les principaux défis que doivent relever les éleveurs de moutons d’Amérique du Sud sont la baisse phénoménale du prix de la laine à la fin du XXe siècle et la destruction de l’habitat par l’exploitation forestière et le surpâturage94. La région sud-américaine la plus importante internationalement pour l’élevage du mouton est la Patagonie, qui a été la première à rebondir après la chute des prix de la laine. Avec simplement quelques rares prédateurs et pratiquement aucune concurrence pour les pâturages (le seul mammifère rival est le guanaco), la région est la mieux adaptée au monde pour élever des moutons surtout la région du rio de la Plata dans la Pampa. La production ovine en Patagonie a culminé en 1952 à plus de 21 millions de têtes, mais est revenue à moins de dix millions aujourd’hui. La plupart des éleveurs se concentrent sur la production de laine de moutons Mérinos et Corriedale pour l’exportation mais la rentabilité a diminué avec la baisse du prix de la laine, tandis que l’industrie du gros bétail continue de croître.

En Australie et en Nouvelle-Zélande : L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont des pays majeurs pour l’élevage des moutons qui demeure un emblème de l’agriculture et de l’économie de ces pays. La Nouvelle-Zélande a le plus fort rapport au monde de moutons par habitant avec 12 moutons par habitant et l’Australie est incontestablement le plus grand exportateur de moutons au monde. En 2007, la Nouvelle-Zélande a même déclaré le 15 février journée nationale de l’agneau pour célébrer l’histoire de la production ovine du pays. Le premier troupeau de moutons (70 bêtes) à destination de l’Australie est arrivé du Cap de Bonne-Espérance en 1788. Les suivants furent un troupeau de 30 moutons en provenance de Calcutta puis d’Irlande en 1793. Au début, tous les ovins importés en Australie étaient utilisés exclusivement pour les besoins alimentaires des colonies pénitentiaires. Les débuts de l’industrie lainière australienne sont dus à la vision prémonitoire et aux efforts du capitaine John MacArthur. À sa demande, 16 moutons mérinos espagnols ont été importés en 1797, début de l’élevage industriel ovin. En 1801 MacArthur était à la tête de 1000 moutons et, en 1803, il a exporté 111 kg de laine en Angleterre. Aujourd’hui, MacArthur est généralement considéré comme le père de l’industrie ovine australienne.
Le développement de l’industrie du mouton en Australie a été explosif. En 1820, le continent avait 100 000 moutons, dix ans plus tard, il en avait un million. En 1840, la Nouvelle-Galles du Sud avait à elle seule 4 millions d’ovins ; dix ans plus tard le chiffre était passé à 13 millions. Même si la majeure partie de la croissance dans les deux pays est due au soutien actif de la Grande-Bretagne dans son désir de se fournir en laine, les deux pays (Australie et Nouvelle-Zélande) ont travaillé indépendamment pour développer des races : Corriedale, Coolalee, Coopworth, Perendale, Polwarth, Booroola Merino, Peppin Merino, et Poll Merino sont toutes des races créées en Nouvelle-Zélande ou en Australie8. La production de laine était une activité économique bien adaptée pour une colonie très éloignée de sa mère-patrie. Avant l’avènement de moyens de transports maritimes et aériens rapides, la laine était un des rares produits viables qui ne risquait pas de se gâter avant d’arriver dans les ports britanniques. L’abondance de nouvelles terres et les hivers doux de la région ont également contribué à la croissance de l’industrie du mouton en Australie et en Nouvelle-Zélande.
En Australie, les moutons ont toujours été en grande partie élevés sur de vastes terrains clôturés et étaient destinées à la production de laine superfine pour les vêtements et autres produits ainsi qu’à la production de viande. Les troupeaux néo-zélandais étaient gardés comme en Angleterre, dans des exploitations clôturées sans bergers. Bien que la laine fût autrefois la principale source de revenus pour les propriétaires de moutons de Nouvelle-Zélande, aujourd’hui, c’est la production de viande qui est cette source.
L’élevage de moutons australiens est le seul à recevoir des critiques véhémentes internationales pour ses pratiques. Les élevages de moutons en Australie sont cités dans Animal Liberation, le livre du mouvement des droits des animaux, comme principale preuve de la nécessité de supprimer l’élevage de moutons de l’agriculture animale. La pratique du mulesing, dans laquelle la peau du périnée de l’animal est retirée sans anesthésie pour prévenir les cas de myase, a été largement condamnée comme inutile et douloureuse. En réponse, un programme d’élimination progressive du mulesing est actuellement en cours d’exécution, la Nouvelle-Zélande a déjà supprimé le procédé.
La plupart de la viande ovine exportée par l’Australie est soit des carcasses congelées vendues au Royaume-Uni soit des animaux vivants vendus au Moyen-Orient. Transportés dans d’anciens bateaux pétroliers reconvertis en transporteurs de bétail dans des conditions déplorables pour les critiques, les moutons sont transportés vivants comme souhaité par les nations du Moyen-Orient afin de répondre aux exigences de l’abattage rituel halal. Les opposants à l’exportation d’animaux vivants disent que les ovins exportés vers ces pays hors des lois australiennes sur la cruauté envers des animaux sont traités avec une brutalité horrible alors que des installations halal existent en Australie, pour rendre l’exportation d’animaux vivants inutile. Quelques célébrités et entreprises se sont engagées à boycotter tous les produits ovins australiens en signe de protestation

Religion et folklore du mouton : Le symbolisme religieux et rituel des moutons a commencé avec quelques-unes des premières religions : les crânes de béliers (et de taureaux) occupaient un emplacement central dans les sanctuaires de Çatal Hüyük, il y a environ 8 000 ans. Dans la religion égyptienne antique, le bélier était le symbole de plusieurs dieux : Khnoum, Harsaphes et Amon (dans son incarnation comme dieu de la fécondité). D’autres divinités sont parfois montrées avec des attributs de mouton comme la déesse Ishtar, le dieu phénicien Baal et le dieu babylonien Ea-Oannes. Il existe aussi de nombreuses références au mouton dans la civilisation grecque ancienne. Le mouton Chrysomallos fait partie de la légende de la Toison d’or qui continue d’être racontée encore aujourd’hui.
Une corne de bélier dite chofar (shophar) joue un rôle important dans les religions abrahamiques. Abraham, Isaac, Jacob, Moïse le roi David et Mahomet étaient tous bergers. Les moutons sont aussi les premiers animaux mentionnés dans l’Ancien Testament. Selon l’histoire, un bélier est sacrifié comme un substitut à Isaac (ou Ismaël selon le Coran) après qu’un ange a retenu la main d’Abraham qui allait sacrifier son fils. L’Aïd el-Kebir est l’une des principales fêtes rituelles annuelles de l’islam au cours de laquelle des moutons (ou autres animaux) sont sacrifiés en souvenir de cet acte. Les Grecs et les Romains sacrifiaient aussi régulièrement des moutons dans leur pratique religieuse. Le judaïsme traditionnel offrait des moutons dans le cadre du Korban. Les traces de moutons, comme avec l’agneau de Pâques et l’emploi du shophar sont encore présentes dans les traditions juives modernes. Dans le christianisme, une congrégation est souvent évoquée comme un troupeau, et les moutons font partie de l’iconographie chrétienne de la naissance de Jésus. De nombreux saints chrétiens sont considérés comme des bergers. Le Christ est aussi décrit comme l’agneau sacrificiel de Dieu (Agnus Dei) et les célébrations de Pâques en Grèce ou en Roumanie s’accompagnent traditionnellement d’un repas avec de l’agneau « pascal ». Voir L’agneau dans la religion et la culture.
En astrologie, le bélier est le premier (21 mars au 20 avril) signe du zodiaque occidental. Le mouton est aussi la huitième des douze animaux, avec les 12 ans de cycle de l’astrologie chinoise. Les moutons n’étaient pas consommés à Madagascar car on croyait qu’ils étaient les incarnations des âmes des ancêtres.