Pine de Barbezieux (pâtisserie)

Pine de Barbezieux (pâtisserie) : La fameuse « pine » de Barbezieux-Saint-Hilaire (département de la Charente) revient tous les ans avec les Rameaux. Spécialité locale, le gâteau est aussi une curiosité. Mais personne ne connaît réellement son histoire.
Connaîtra-t-on un jour la véritable origine de  » la pine » de Barbezieux ?
Cette pâtisserie, dont le nom s’accorde malicieusement avec la forme, fait chaque saison à pareille époque la vitrine des pâtissiers et boulangers de Barbezieux, et le délice des dégustateurs. Confectionné avec de la pâte à chou, il est proposé soit nature soit fourré à la crème pâtissière ou à la crème chantilly.
C’est une spécialité locale et une coutume ancestrale dont la fabrication débute environ un mois avant Pâques et se prolonge pendant quelques semaines après.
Symbole du renouveau : La pâtissière connaît parfaitement son sujet puisqu’elle exerce le métier depuis quarante-deux ans et, chaque année, elle constate  » l’étonnement des clients « . « Ils veulent toujours qu’on leur raconte la petite histoire qui va avec. » La commerçante a donc installé dans la vitrine de son magasin un présentoir qui retrace le parcours de ce gâteau à travers les temps.
Les spécialistes de la Société archéologique, historique et littéraire de Barbezieux (Sahlb) ont même mené l’enquête. L’étude fait, entre autres, référence à la mythologie ancienne et propose des explications étymologiques en lien avec la pomme de pin, la pigne.
D’autres interrogations se posent : est-ce un rituel catholique ou une coutume populaire païenne voir priapique (*)
(*) Priapique : De priapée, fête ou chant de l’antiquité dédié à Priape, dieu des jardins.

L’étude de la Sahlb confirme le rituel catholique mais attire également l’attention sur des pratiques paraissant venir du fond des âges et qui se manifestent en dehors de l’église-institution, à la sortie de l’office, donc hors les murs de l’église.
Les cornuelles féminines et pines masculines : En effet, l’arrivée du printemps correspond à une période de ponte intensive. Et l’abondance des oeufs conduisait les paysans à fabriquer des gâteaux qu’ils allaient vendre à la sortie des églises. Autrefois, la messe des Rameaux se déroulait dans toutes les communes du canton et les boulangers allaient vendre leurs pines à la sortie des offices religieux à Barret, Montchaude, Guimps. On parle aussi de la pine à Vaudon, à Malaville.
Ces gâteaux aux formes suggestives symbolisent les deux sexes. Cornuelle ou pine, l’appellation et la forme varient en fonction du lieu de fabrication. À Barbezieux, la distinction est claire : la première faite avec de la pâte sablée est de forme triangulaire avec un trou au centre, elle représente le sexe féminin; la seconde en pâte à chou évoque comme son nom l’indique le sexe masculin.
La « pine de Barbezieux » a encore de beaux jours devant elle. Le bouche à oreille a fait son effet. La spécialité locale est connue et reconnue. La pâtisserie s’emporte dans tout l’Hexagone. Des clients qui espèrent sans doute étonner leur famille, des amis ou des collègues avec ces gâteaux dont la particularité tient autant dans leur goût que dans leur forme.