Spaghetti – Histoire et généralités des spaghettis

Histoire des spaghettis : La plus ancienne mention de pâtes sèches remonte au XIIe siècle, où Al-Idrissi, dans le Livre de Roger, décrit une fabrique de pâtes allongées légèrement arrondies appelées itrya, de l’arabe itryah qui signifie « pâte fine coupée en bandes », dans la ville de Trabia en Sicile. Ces pâtes, ancêtres des spaghettis, se diffusent rapidement dû au fait qu’elles sont sèches, et donc moins périssables et plus faciles à transporter.
De fabrication ménagère ancestrale, ils furent commercialisés sous la Renaissance, en même temps que les macaronis.
En Italie, ils sont préparés selon différentes recettes traditionnelles, en général sans bouillon, souvent accompagnés d’une sauce tomate et parsemés de fromage râpé (essentiellement du grana padano, du parmesan ou du pecorino romano).
Dans les autres pays, ils se préparent aussi selon de multiples variantes de recettes, souvent dictées par la simple recherche de l’originalité ou par la transposition de recettes d’autres types de pâtes. On peut trouver, par exemple, des « spaghetti aux fruits de mer », accompagnés de larges tranches de jambon, sans autre assaisonnement, ou bien des « spaghettis à la bolognaise » (que l’on trouve même vendus en boîtes dans le Nord de l’Europe), contenant une sorte de sauce bolognaise et les spaghettis déjà cuits.

Les spaghettis au théâtre et au cinéma : Les spaghettis sont les mémorables héros d’un gag de la comédie « Miseria e nobiltà » (d’Eduardo Scarpetta), interprété également au cinéma par Totò, dans lequel ils finissent à un certain point dans les poches du protagoniste miséreux, qui devant les cacher, les met en lieu sûr dans sa veste.
Un plat de spaghettis est également le « protagoniste » d’une très célèbre et hilarante séquence du film Un Américain à Rome, avec un jeune Alberto Sordi dans le rôle du yankee aux prises avec un très grand plat (extra-large) de spaghetti (très) assaisonnés à la tomate : « Des spaghetti ! — s’exclame, assis à table, le protagoniste Nando —.. vous m’avez provoqué, et moi, je me’ ve magno … ».
Dans Le Retour de don Camillo à la 17e minute, Peppone est attablé devant des spaghetti et en offre une assiette à Don Camillo.
On les trouve également comme élément central de la scène du restaurant de La Belle et le Clochard (1955) des studios Disney.
Parce qu’ils symbolisent précisément l’Italie, les spaghettis ont donné leur nom à un genre cinématographique, le « Western spaghetti », c’est-à-dire le western produit et dirigé par des metteurs en scènes italiens — parmi les nombreux cinéastes qui se sont attaqués à ce genre avec des budgets divers, on peut citer notamment Sergio Leone (Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand, Il était une fois dans l’Ouest…)
Dans une des cinématiques du jeu Hotel Mario sur CD-i, au début du jeu, Luigi raconte à Mario qu’il « espère qu’elle (la princesse Peach) a fait plein de spaghettis ». Cette scène n’a pas manqué d’être parodiée plus d’une fois, y compris dans sa version en anglais.
Les spaghettis dans la littérature : Le conte Confession publique faite par la dernière mangeuse de spaghettis, du recueil Le Génie de l’aubergine et autres contes loufoques, de Pierre Cormon (1997), met en scène une femme qui refuse d’abandonner les spaghettis traditionnels au profit des spaghettis en cube, dernière innovation de l’industrie agro-alimentaire en 2053, et le paie au prix fort.