Gastronomie

Gastronomie : n.f.  La gastronomie est l’art de faire bonne-chère, que l’écrivain épicurien Charles Monselet (1825-1888), à la fin du XIXe siècle, définit comme « la joie de toutes les situations et de tous les âges ».
Le mot fut en faveur à partir de 1801, date de la parution de la Gastronomie ou l’Homme des champs ô table, de Joseph Berchoux ; deux ans plus tard paraissait le Gastronome ô Paris, de Croze Magnan. En 1835, l’Académie française officialisa le mot « gastronomie » en l’accueillant dans son dictionnaire. Mais, au XVIe siècle déjà, Rabelais, dans le Quart Livre, avait mis en scène messire Gaster, honoré par les gloutons. La meilleure trouvaille verbale revient au « Prince des gastronomes », fondateur de l’Académie des gastronomes, Curnonsky, qui créa le terme « gastronomades » pour désigner les touristes amateurs de spécialités régionales. Le véritable gastronome, tout en estimant les productions les plus raffinées de l’art culinaire, n’en use qu’avec modération. Il recherche, au quotidien, les préparations les plus simples, mais les plus difficiles à réaliser dans leur perfection. Cependant, comme le dit Jean-François Revel dans son livre Un festin en paroles : « Le gastronome est à la fois investigateur et craintif, il explore avec pusillanimité. Il passe la moitié de son temps à évoquer les satisfactions passées et l’autre moitié à supputer avec scepticisme les possibilités à venir. Il y a gastronomie lorsqu’il y a permanente querelle des Anciens et des Modernes et lorsqu’il y a un public capable, à la fois par sa compétence et par ses richesses, d’arbitrer cette querelle ».