Fier : adj. (mot venant du latin ferus « sauvage »).
L’adjectif « fier » a plusieurs acceptions :
1. Féroce, cruel.
– Citation du dramaturge et poète français Jean Racine (1639-1699) : « Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs ».
Animaux : Farouche, sauvage.
2. Littérature : Qui a de l’audace, de la fougue.
– Citation de Fénelon (*) « Quand un fier aquilon, ramenant l’hiver, fait gémir les troncs des vieux arbres » : « Des gens qui couraient sans savoir où tendaient leurs pas ».
(*) François de Salignac de La Mothe-Fénelon, dit couramment Fénelon, surnommé « le Cygne de Cambrai », est un homme d’Église, théologien, pédagogue et écrivain français, né le 6 août 1651 au château de Fénelon à Sainte-Mondane (Quercy, aujourd’hui la Dordogne) et mort le 7 janvier 1715 à Cambrai.
II)
1. Sens vieilli : Qui, par son attitude hautaine, ses manières distantes, montre qu’il se croit supérieur aux autres (arrogant, dédaigneux, distant, hautain, méprisant, orgueilleux, prétentieux, suffisant).
– Citation de l’écrivain français La Bruyère (1645-1696) : « Un homme fier et superbe n’écoute pas celui qui l’aborde ».
– Citation de l’écrivain français Beaumarchais (1832-1899) : « Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier ! » (altier, avantageux, satisfait).
Sens moderne et plaisant : Citation de l’écrivain français Émile Zola (1840-1902) : « Tu es bien fière, que tu passes sans dire bonjour aux amis ».
Locution : Être fier comme Artaban (**), comme un coq, comme un paon, comme un pou, très fier, prétentieux.
Populaire : Il n’est pas fier : il est familier (avec les gens simples) (familier : bêcheur, ramenard).
– Citation de l’historien et un homme politique français, membre de l’Académie française Louis Émile Marie Madelin (1871-1956) : « Lui était de bonne humeur, cordial, jovial, s’arrêtant à causer avec les ouvriers, les soldats, les paysans. “Au moins celui-là n’est pas fier !” disaient-ils ».
Substantif : Faire le fier : être prétentieux, suffisant, se donner des grands airs (familier : crâneur).
Elle fait la fière.
(**) Être « fier comme Artaban » signifie que l’on est imbu de sa personne et que l’on tire une certaine fierté de choses bien futiles. C’est en 1734 que cette expression fit son apparition pour la toute première fois, dans le roman « la vie de Marianne » écrit par l’écrivain français Pierre Carlet Marivaux (1688-1763).
2. Littérature : Qui a un vif sentiment de sa dignité, de son honneur ; qui a des sentiments élevés, nobles (digne, noble).
– Citation du poète et écrivain français Alfred de Musset (1810-1857) : « Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille, Et fier aussi mon cœur ».
Il est trop fier pour accepter votre argent.
Par extension : Un port fier et majestueux.
3. Fier de (quelqu’un, quelque chose) : qui a de la joie, de la satisfaction de (content, heureux, satisfait).
Fier de ses droits, de sa force, de sa beauté.
Elle est fière de ses enfants.
Je l’ai fait et j’en suis fier.
– Citation de l’écrivain français Théophile Gautier (1811-1872) : Il comptait des héros parmi ses ancêtres, et il en était fier, orgueil bien légitime ».
(Avec l’infinitif) Citation de l’ écrivain, philosophe, poète et dramaturge français, membre de l’Académie française, Jules Romains (1885-1972) : « Elle était toute fière de savoir s’y reconnaître, et de lui servir de guide ».
(Avec que et le subjonctif) Je suis fier que tu aies réussi.
Ironique : Tu es fier de toi, maintenant ?
Il n’y a pas de quoi être fier (se vanter ; familier : pavoiser).
4. Avant le nom : fameux, fieffé.
Sens vieilli (personnes)
– Citation de l’écrivain français René Marie Auguste Tardiveau dit René Boylesve (1867-1926) : « Il y a de fières canailles ».
Sens moderne : Il a un fier culot ! (familier : sacré).
Devoir une fière chandelle à quelqu’un.
Contraire de fier : affable ; familier, humble, modeste, simple, indigne, veule, honteux.