Suffire : v.t.dir. (mot venant de l’ancien français soufire d’après le latin sufficere : « supporter, résister »).
Le verbe « suffire » a plusieurs acceptions :
I) Choses :
1. Suffire à : représenter juste la quantité, la qualité, la force nécessaire à, pour (quelque chose).
Citation de l’écrivain et poète français Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval (1808-1855) : Je dissipe « le bien modeste […] qui pouvait suffire à ma vie ».
Cela suffit à mon bonheur.
Locution proverbiale : À chaque jour suffit sa peine.
Suffire à, pour (et l’infinitif).
– Citation de l’écrivain français Romain Rolland (1866-1944), prix Nobel de littérature en 1915 : « Il faut un siècle pour construire ce qu’un jour suffit à détruire ».
Suffire pour que (et subjonctif).
– Citation du naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain français Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) : « Les moutons sont timides, le moindre bruit extraordinaire suffit pour qu’ils se précipitent ».
2. Suffire à : être de nature à contenter (quelqu’un) sans qu’il ait besoin de plus ou d’autre chose.
Cela me suffit. Familier : Ça me suffit.
– Citation de l’écrivain français Honoré de Balzac (1799-1850) : « Votre signature et vos promesses leur suffiront ».
3. Absolu : Être suffisant.
Un seul peut suffire.
Cela ne suffit pas.
Ça suffira pour aujourd’hui.
– Citation de l’écrivain français André Gide (1869-1951) : « Tout effort suffit lorsque le flot vous porte ».
4. Impersonnel : il suffit à (quelqu’un) de… Il lui suffit d’être tranquille : il se contente de.
Il vous suffira de le lui dire (avoir, n’avoir qu’à…).
– Citation du sociologue, historien et géographe français, pionnier de la sociologie électorale André Siegfried (1875-1959) : « Il ne leur a pas suffi d’exporter du coton, du cuivre ».
– Citation de l’écrivain et officier de carrière français Pierre Choderlos de Laclos (1741-1803) : « Ne te suffit-il pas de m’avoir tourmentée ? ».
Ça ne te suffit pas ?
Absolu : il suffit de.
Il suffit de cinq minutes pour finir.
Il suffirait de quelques efforts.
Ça suffirait pour…
Il suffit d’une fois !
Avec l’infinitif : Il suffisait d’y penser.
– Citation de l’écrivain francophone belge, Maurice Polydore Marie Bernard Maeterlinck, dit Maurice Maeterlinck (1869-1862), prix Nobel de littérature (1911) : « Il ne suffit pas de posséder une vérité, il faut que la vérité nous possède ».
– Citation de l’écrivain français Émile Henriot (1889-1961) : Avec le subjonctif : L’auteur « n’est pas tenu d’avoir du talent, il suffit qu’il soit exactement informé ».
Sens vieilli : il suffit : cela suffit, c’est assez.
Citation du dramaturge et poète français Jean Racine (1639-1699) : « L’honneur parle, il suffit ».
Suffit !
– Citation de l’écrivain français André Gide (1869-1951) : « Suffit sur ce sujet, n’est-ce pas ».
Sens moderne : ça suffit ! ; ça suffit comme ça ! : je suis (nous sommes) excédé(s) (assez ; en voilà assez ; familier : basta, ça va comme ça).
II) Personnes suffire à :
1. Être capable de fournir ce qui est nécessaire à…, de satisfaire à (quelque chose).
Il pouvait désormais suffire à tous ses besoins.
Avec l’infinitif : Citation de l’écrivain français Pierre Loti (1850-1923) : « Ils ne suffisaient plus à servir les narguilés ».
Je n’y suffis plus : je suis débordé.
Absolu : Je ne suffis plus.
2. Complément personne : Être pour quelqu’un tel qu’il n’ait pas besoin d’une autre personne.
Sa famille lui suffit, il ne voit personne.
III) Se suffire (Verbe pronominal) :
1. Réfléchi : Avoir en soi-même, trouver par ses propres moyens de quoi satisfaire à ses besoins matériels ou à ses aspirations morales (autarcie, autosuffisance).
– Citation de l’écrivain français Émile Zola (1840-1902) : « Pour se suffire, le paysan doit produire de tout ».
Par extension (Choses) : Citation du poète et romancier français Pierre Félix Louis, dit Pierre Louÿs (1870-1925) : « La beauté pure n’a besoin d’aucun ornement et se suffit à elle-même ».
2. Réciproque : Citation de l’écrivain et poète français Victor Hugo (1802-1885) : « Ils se suffisaient, ils pensaient à deux la même pensée ».