Beaujolais nouveau

Beaujolais nouveau : Le beaujolais nouveau est un vin de primeur produit dans le vignoble du Beaujolais (AOC) au sein des appellations d’origine contrôlée beaujolais et beaujolais-villages, essentiellement à partir du cépage gamay noir à jus blanc.
La commercialisation est autorisée immédiatement à la fin de la vinification ; il est mis en vente dans le monde entier le troisième jeudi de novembre.
La vinification du beaujolais nouveau fait appel à la méthode de macération carbonique. Le beaujolais nouveau n’est pas un vin de garde. Ce sont généralement des vins qui se conservent peu longtemps, environ 6 mois.

Histoire du beaujolais nouveau : L’arrivée du beaujolais nouveau est une tradition fêtée depuis plusieurs années dans de nombreux pays. Le 3e jeudi du mois de novembre de chaque année marque le début de la vente des premiers vins beaujolais. A précisément 00.00 heure (soit le mercredi à 24.00 H), la commercialisation peut commencer. Pour cause de décalage horaire, les Japonais peuvent ainsi déguster la nouvelle récolte avant même les Français.
Le 8 septembre 1951, un arrêté paru au Journal officiel dispose que les vins d’appellation d’origine ne peuvent être vendus qu’à partir du 15 décembre. Cependant, suite aux réclamations des syndicats viticoles, une note du 13 novembre 1951 précise « dans quelles conditions certains vins peuvent être commercialisés dès maintenant sans attendre le déblocage du 15 décembre. » C’est cette note qui de fait crée l’appellation « Beaujolais nouveau ».
Pendant les quinze années suivantes, la date fut variable, et ce n’est qu’à partir de 1967 qu’elle fut fixée au 15 novembre jusqu’en 1985, année lors de laquelle, elle fut fixée au troisième jeudi de novembre pour des raisons de calendrier — il tombait trop près du jour férié du 11 novembre (anniversaire de l’Armistice de 1918) — et pratique — il arrivait que cela tombe un week-end.
Chaque année, le lancement solennel du vin primeur a eu lieu lors de la fête traditionnelle des Sarmentelles à Beaujeu (Rhône, centre est), la « capitale historique du Beaujolais », où une procession de brouettes remplies de sarments enflammés a précédé la mise en perce des premiers tonneaux aux douze coups de minuit.

Situation géographique : Le beaujolais nouveau est produit sur l’ensemble de l’aire d’appellation des beaujolais et beaujolais-villages, soit sur une zone de 55 kilomètres de long entre Mâcon au nord et L’Arbresle, près de Lyon, au sud.
L’aire couvre la majeure partie de la plaine de Saône et du piémont des monts du Lyonnais, dans l’arrondissement de Villefranche-sur-Saône (département du Rhône) et le canton de la Chapelle-de-Guinchay (département de Saône-et-Loire).
Le vignoble beaujolais regroupe près de 3 000 exploitations (9,8 ha en surface moyenne), 12 coopératives, 169 négociants (Beaujolais, Mâconnais, Bourgogne). La superficie totale du vignoble est de 16 572 ha. Le rendement autorisé est de 52 hl/ha et 99 % de la production provient du seul cépage gamay noir à jus blanc.
Deux AOC sont productrices de Beaujolais nouveau en vins rouges et vins rosés couvrant plus de 10 000 ha de vignes :

  • Beaujolais : cette appellation comprend 72 villages de la partie sud et est du vignoble. Implantée sur des sols argilo-calcaires et granitiques, elle est commercialisée à près de 60 % en Beaujolais nouveau
  • Beaujolais Villages : les Beaujolais Villages sont situés sur 38 communes, aux sols granitiques, avec des coteaux escarpés. Ils représentent plus du tiers des vins vendus en « nouveau »

Selon le décret de 2009, la récolte des raisins, la vinification et l’élaboration des vins sont assurées sur le territoire des communes suivantes :
Département du Rhône : Alix, Anse, L’Arbresle, Les Ardillats, Arnas, Bagnols, Beaujeu, Belleville, Belmont-d’Azergues, Blacé, Bully, Cercié, Chambost-Allières, Chamelet, Charentay, Charnay, Châtillon, Chazay-d’Azergues, Chénas, Chessy, Chiroubles, Cogny, Corcelles-en-Beaujolais, Dareizé, Denicé, Émeringes, Fleurie, Frontenas, Gleizé, Jarnioux, Juliénas, Jullié, Lacenas, Lachassagne, Lancié, Lantignié, Le Bois-d’Oingt, Le Breuil, Légny, Létra, Liergues, Limas, Lozanne, Lucenay, Marchampt, Marcy, Moiré, Montmelas-Saint-Sorlin, Morancé, Nuelles, Odenas, Oingt, Les Olmes, Le Perréon, Pommiers, Pouilly-le-Monial, Quincié-en-Beaujolais, Régnié-Durette, Rivolet, Saint-Clément-sur-Valsonne, Saint-Cyr-le-Chatoux, Saint-Didier-sur-Beaujeu, Saint-Étienne-des-Oullières, Saint-Étienne-la-Varenne, Saint-Georges-de-Reneins, Saint-Germain-sur-l’Arbresle, Saint-Jean-d’Ardières, Saint-Jean-des-Vignes, Saint-Julien, Saint-Just-d’Avray, Saint-Lager, Saint-Laurent-d’Oingt, Saint-Loup, Saint-Romain-de-Popey, Saint-Vérand, Sainte-Paule, Salles-Arbuissonnas-en-Beaujolais, Sarcey, Ternand, Theizé, Vaux-en-Beaujolais, Vauxrenard, Vernay, Ville-sur-Jarnioux et Villié-Morgon.

Département de Saône-et-Loire : Chaintré, Chânes, La Chapelle-de-Guinchay, Chasselas, Crêches-sur-Saône, Leynes, Pruzilly, Romanèche-Thorins, Saint-Amour-Bellevue, Saint-Symphorien-d’Ancelles et Saint-Vérand. Certaines parcelles sur ces communes bénéficient du droit à l’appellation jusqu’à leur arrachage ou jusqu’à la récolte 2013 incluse.

Orographie et géologie : Le Beaujolais viticole est partagé entre deux formations géologiques séparées par la rivière Nizerand.
Au nord du Nizerand, le long du versant oriental des monts du Beaujolais, se situe une formation de roches plutoniques (granite) dite « granite de Fleurie ». Cette roche affleure en altitude sur des coteaux très pentus ; elle se désagrège en sable de pH acide (appelé arène granitique). Depuis longtemps, l’érosion a amassé du sable au pied du relief : c’est essentiellement dans cette partie que le vignoble a été planté. Cependant, la vigne a aussi conquis le bas du relief, donnant des vignes difficiles à travailler et à mécaniser avec des pentes importantes. La vigne pousse sur un sol plus ou moins profond, bien drainé par le sable et pauvre. Il fallait ces conditions de culture pour freiner la fertilité importante du gamay.
Au sud du Nizerand, se situe une formation géologique sédimentaire. Il s’agit de coteaux calcaires entre le Nizerand et l’Azergues appelé « pierres dorées » ; le gamay doit y être maîtrisé par le viticulteur sur un terrain qui ne le limite pas. C’est cette partie du vignoble qui est la vitrine du vignoble, visible depuis l’autoroute A6 après le péage de Limas près de Villefranche-sur-Saône. Sur la partie amont de la vallée de l’Azergues, le sous-sol est constitué de schistes, centré sur les communes de Sainte-Paule, Ternand, Saint-Vérand et Létra, le gamay retrouve un terrain à pH acide et pauvre. Il y donne des vins fins, fruités, charpentés et de bonne garde.

Climatologie : Le climat du Beaujolais est un climat continental. Les hivers sont froids et relativement secs. L’influence continentale est renforcée par le vent du nord. Favorable à l’état sanitaire du raisin, il est bénéfique l’été et l’automne. En revanche, au printemps, il peut amener des gelées tardives dévastatrices. La fertilité des yeux secondaires du gamay N ne permet pas toujours de rattraper la perte et de donner un rendement correct. La Saône joue un rôle modérateur sur la rudesse du climat continental.
L’influence océanique est nettement atténuée par l’abri naturel des monts du Beaujolais. Parfois, les vents d’ouest donnent même un effet de fœhn. Ce vent d’ouest asséché et réchauffé sur le relief assainit le vignoble et accélère la maturité du raisin.
Le Beaujolais, le plus méridional des vignobles bourguignons, reçoit aussi une influence non négligeable du climat méditerranéen. Les étés sont généralement ensoleillés, aidant la maturité du gamay, un cépage précoce. Une sécheresse estivale modérée donne de la concentration au raisin. En revanche, les orages sont redoutés, particulièrement lorsqu’ils amènent de la grêle.
Les parcelles sont majoritairement orientées vers l’est ou le sud, assainissant le raisin des rosées matinales. L’altitude des coteaux par rapport à la rivière isole la plus grande part du vignoble des brouillards hivernaux qui envahissent fréquemment la vallée de la Saône.
La palette des vins du Beaujolais doit une partie de sa variété aux microclimats (liés à la pente, l’exposition, la protection du relief) tout autant qu’aux sols.

Encépagement (*)°: L’essentiel de la production est fait avec du gamay N, appelé aussi « gamay noir à jus blanc » pour le différencier des autres gamay, mais la législation autorise d’autres cépages : le chardonnay B, l’aligoté B, le melon B, le pinot gris G, le pinot noir N, le gamay de Bouze N et le gamay de Chaudenay N. La proportion de ces cépages accessoires est limitée à 15 % de l’encépagement.
Le gamay noir à jus blanc est un cépage précoce, débourrant tôt. Il est un gros producteur (il peut atteindre des rendements de plus de 200 hectolitres par hectare), à tel point que pour faire un vin de qualité il faut limiter le rendement en plantant sur des sols peu fertiles (notamment sur les arènes granitiques de l’aire d’appellation beaujolais-villages, donnant un sol pauvre et acide), densément (plus que les 5 000 ou 6 000 pieds par hectare), en faisant des tailles sévères ou encore en faisant une vendange en vert. L’irrigation est interdite.

(*) Le code international d’écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.

Rendement : Les rendements sont les mêmes que ceux de l’ensemble des appellations beaujolais et beaujolais-villages : 64 (rendement d’entrée en production) à 69 (rendement butoir) hectolitres par hectare pour la première appellation, 60 à 65 hl/ha pour la seconde.
La production du beaujolais nouveau représente environ 450 000 hectolitres, variant selon les années, soit un tiers de la production de l’ensemble du vignoble du Beaujolais (regroupant les appellations beaujolais, beaujolais-villages et les dix appellations communales).

Vinification du beaujolais nouveau : La vinification du beaujolais nouveau fait appel à la méthode de la vinification beaujolaise, qui utilise notamment la macération carbonique. Il s’agit de faire macérer les grappes entières environ quatre jours (ce qui est court) dans des cuves saturées en CO2. Cet oxyde de carbone est obtenu en faisant d’abord fermenter une partie de la récolte (10 à 30 %) en fond de cuve, foulée et levurée, auquel on rajoute le reste de la récolte dont les grappes doivent être le plus intact possible (non éraflées et non foulées, les baies ne doivent pas être écrasées).
Ce procédé favorise la production de vins peu tanniques, une coloration pas trop soutenue et des arômes fruités aux nuances amyliques (bonbon anglais, banane, vernis à ongles) dues à un ester, l’acétate d’isoamyle. En contrepartie le beaujolais nouveau n’est pas un vin de garde, il ne se conserve pas au-delà de six mois.
L’arôme amylique étant très caractéristique et reconnaissable, des levures ont été sélectionnées, notamment l’ensemencement des cuves par la levure 71B, pour donner une année, un goût de banane, et l’année suivante, un goût de bonbon anglais. La tendance actuelle est d’évoluer vers des arômes moins simplificateurs en sélectionnant d’autres souches de levures qui donnent des arômes de fruits rouges, la macération carbonique intervenant désormais faiblement dans la vinification.

Production du beaujolais nouveau : La production du beaujolais nouveau représente environ 450 000 hectolitres, soit un tiers de la production du Beaujolais. Environ la moitié de ce volume est exportée, jusqu’en Asie (Japon, Corée du Sud).
Le succès commercial du beaujolais nouveau a entraîné un développement des vins de primeur dans les autres vignobles, d’abord en France, puis dans les autres pays producteurs de vin, comme l’Italie (vino novello).
En 2013, plus de 100 000 hl de beaujolais nouveau était exportés dans 110 pays, ce qui représente plus de 40 % des volumes mis en marché. Ces 13 millions de bouteilles placent donc le Beaujolais parmi les leaders des vignobles français à l’export.
Pour 2013, les 10 premiers marchés importateurs de Beaujolais nouveau dans le monde sont les suivants :

– Japon : 52 183 hl (7 millions de bouteilles)
– États-Unis : 13 311 hl (1,8 millions de bouteilles)
– Allemagne : 5 500 hl (730 000 de bouteilles)
– Belgique : 2 483 hl (331 000 bouteilles)
– Pays-Bas : 2 313 hl (308 000 bouteilles)
– Royaume-Uni : 2 270 hl (303 000 bouteilles)
– Chine : 2 154 hl (287 000 bouteilles)
– Italie : 1 191 hl (175 000 bouteilles)
– Canada : 1 469 hl (159 000 bouteilles)
– Suisse : 981 hl (131 000 bouteilles)

Total Union Européenne : 19 867 hl soit 2,6 millions de bouteilles.

Commercialisation : Environ la moitié du volume produit est exportée, jusqu’en Asie, notamment au Japon et en Corée du Sud. L’arrivée du beaujolais nouveau est une tradition fêtée depuis plusieurs années dans de nombreux pays. Le troisième jeudi du mois de novembre de chaque année marque le début de la vente des premiers vins beaujolais. À précisément 0 h (soit le mercredi à 24 h), la commercialisation peut commencer. Pour cause de décalage horaire, les Japonais peuvent ainsi déguster la nouvelle récolte avant même les Français.
Le succès commercial du beaujolais nouveau a entraîné un développement des vins de primeur dans les autres vignobles, d’abord en France, puis dans les autres pays producteurs de vin, comme l’Italie (vino novello).
Le prix du Beaujolais nouveau devrait se situe entre 4 et 6 € la bouteille et au comptoir, c’est au bon cœur du bistrotier. Ils étaient en 2013 plus de 200 bistrots en France et dans le monde, Paris, Lyon, Villefranche, Munich, Londres, Chicago, Brooklyn… à fêter le Beaujolais Nouveau, l’unique grande fête populaire internationale dédiée au vin. Auparavant, elle sera ouverte par la fête des Sarmentelles à Beaujeu dans le Rhône, capitale du Beaujolais  où une procession de brouettes remplies de sarments enflammés a précédé la traditionnelle mise en perce du tonneau, donnant le coup d’envoi de l’ouverture des bouteilles en France et dans le monde. En 2015, le Beaujolais nouveau s’était massivement exporté à 13 millions de bouteilles (presque une bouteille sur deux) le consacrant comme l’un des leaders du vignoble français à l’export.
Il doit sa popularité internationale au négociant Georges Duboeuf : 110 pays dans le monde le réclament chaque année dont le Japon qui a lui seul en avale près de 7 millions de bouteilles grâce à un énorme battage médiatique (*). Il est vrai que les Japonais apprécient fort ce côté rituel (chaque année à la même date) et qu’ils sont, par le décalage horaire (avec une dérogation de 8 h), les premiers au monde à le déguster. Ils sont suivis de loin par les Etats-Unis (1,8 millions de bouteilles) et l’Allemagne (730 000), ces trois pays représentant les principaux clients du Beaujolais nouveau. En ligne de mire, l’Asie et principalement la Chine, la Corée et le Vietnam.

(*) L’image chaque année fait le tour du monde. Aux sources d’eau chaude d’Hakone, proche du Mont Fuji, à l’ouest de Tokyo, pour célébrer l’arrivée du Beaujolais nouveau, les visiteurs peuvent se baigner dans une piscine où a été versé ce vin.

La tendance depuis quelques années est à la baisse malgré le lancement d’un Beaujolais nouveau rosé en 2006. Il faut se rappeler que dans les années 1990, on écoulait en France et dans le monde 60 millions de bouteilles, une époque où sans vergogne, on faisait pisser la vigne. Pour atteindre de telles ventes, le Beaujolais nouveau fut porté à ses sommets par un négociant éleveur de génie, Georges Duboeuf, surnommé à juste titre le roi du Beaujolais (derrière lui 400 vignerons et une vingtaine de coopératives). Il reçut le soutien de nombreux producteurs, journalistes, hommes de lettres, gens du spectacle, publicitaires et politiques. Mais pour quel résultat ! Un vin qui très vite n’eut plus rien à voir avec son cépage (et si peu avec son terroir et son millésime !). Pire, il brouillait l’image des autres Beaujolais et surtout de ses 10 crus prestigieux. Dans bien des cas il fut chaptalisé, maquillé aux levures, dopé aux enzymes pour le formater et accélérer son processus de vinification. Résultat un naufrage dans une mer de Beaujolais. Il eut l’image d’un vin industriel ponctué de scandales à répétition et de tromperie sur la marchandise (avec de retentissants procès).

Gastronomie : D’une façon générale, les beaujolais nouveaux ont une robe rouge vif, limpide et brillante, rubis avec des reflets violets, un nez fruité le plus souvent amylique (banane mûre, bonbon anglais), avec une bouche gouleyante (il se boit facilement), peu tannique, acidulée et fruitée.
Ce vin est amicalement et affectueusement dénommé par les Français « beauj’ », « beaujol’ » ou « beaujolpif », « pif » désignant le nez.
(Voir Beaujolpif sous Argot de Bouche).
Il s’accorde traditionnellement avec des cochonnailles (saucisson, grattons, tripes, boudin, cervelas, etc.) et des châtaignes.

Le fameux goût de banane : Chaque année, les fameux arômes fermentaires de banane, de griotte, de cassis, de cerise écrasée… sont attendus par tous mais que chacun s’empresse à la première gorgée de brocarder. Et pourtant le gamay est un cépage exceptionnel apte à donner à ses vins tout juste faits, fruits et fraîcheur. Ce fameux goût de banane (à peine détectable par une personne sur dix) est dû à une levure baptisée 71 B. C’est elle qui favorise l’expression des arômes, tout particulièrement des esters, comme l’acétate d’isoamyle (le goût de banane) conséquence de la macération carbonique utilisée dans l’élaboration de ce vin primeur. Ainsi peut-on trouver sur une année, un goût de banane, et la vendange suivante, un goût de bonbon anglais. Dans le Beaujolais, les vignerons utilisent désormais d’autres souches de levures, sélectionnées dans leur terroir, offrant des arômes de fruits rouges, qu’elles soient des levures indigènes ou des levures importées.
Pour son image et depuis quelques années, la profession a réagi en essayant de revaloriser sa production avec une sévère campagnes d’arrachage (on est passé en quinze ans, de 25 000 ha à près de 17 000 ha). Il y eut aussi une modification du cahier des charges pour limiter à 52 hl/ha la production du paradis, nom donné en Beaujolais au premier jus issu du pressurage (c’est lui qui révèle les premiers arômes du futur Beaujolais). Ensuite, pour le vigneron, obligation est faite à ne pas consacrer plus de la moitié de sa récolte au Beaujolais nouveau. Il faut savoir que l’hectare ici vaut environ 15 000 € soit 6 fois moins que dans les crus du Beaujolais (Chiroubles, Brouilly, Morgon…). Comment alors orienter les meilleurs terroirs vers une production de qualité ? Les grandes maisons de Bourgogne ne s’y sont pas trompées. Elles investissent à tour de bras en Beaujolais, vignoble il est vrai, aux marches de la Bourgogne (1).
Et puis, le gamay (2) n’est-il pas le descendant direct du pinot noir.

1) Le vignoble du Beaujolais est légalement rattaché au vignoble de Bourgogne par un jugement du 29 avril 1930 du tribunal de Dijon. Il l’est également en pratique puisque le négoce de Bourgogne est le plus gros acheteur des vins du Beaujolais au point que la majorité des représentants du négoce à l’Inter-Beaujolais sont des bourguignons. Mais quant à la fusion des interprofessions, elle est loin d’être à l’ordre du jour.

2) Le gamay serait issu du croisement entre le gouais, cépage blanc aujourd’hui presque disparu et le pinot noir.

Pastel sur le Beaujolais nouveau