Rabelais (François)

Rabelais (François) : François Rabelais est un écrivain français (La Devinière au sud de Chinon, Indre-et-Loire vers 1483 ou vers 1494- Paris 1553). Successivement moine, médecin et professeur d’anatomie, c’est aussi un prodigieux érudit versé dans l’hébreu, le grec et plusieurs langues vivantes de son temps ; il accompagne à plusieurs reprises le cardinal Jean du Bellay en mission diplomatique à Rome.
Rabelais est l’un des plus grands écrivains français, auteur de Pantagruel (1532), de Gargantua (1534), du Tiers Livre (1546) et du Quart Livre (1552), dont les héros, de taille souvent imposante, sont amateurs de bonne chère et gros mangeurs.
Son œuvre puissante et originale, qu’il faut « briser comme un os » pour en retenir la « substantifique moelle », fait en effet une large place au domaine du boire et du manger. Les termes «  pantagruélique » et « gargantuesque » évoquent un appétit, un repas, un estomac de géant, à la mesure de la truculence d’une table de festin chargée de victuailles.
Dans le Quart Livre, au chapitre XI, Rabelais nous donne « le nom des preux et vaillans cuisiniers, lesquels, comme dedans le cheval de Troie, entrèrent dedans la truie ». C’est l’occasion pour lui (d’évoquer nombre de termes de cuisine et de préparations courantes de son époque : Andouillette ‘caparaçonnée de moutarde), Saulpicquet, Paimperdu, Grasboyau, Carbonnade, Hoschepot (pot-au-feu médiéval), Gualimafré, Croquelardon, Fricandeaux, Salladier, Macaron, Cochonnet et Talemouse.
Tout ce qui vole ou trotte passe à la casserole : comme les porcs –épics ou les « connilsz » (lapin de garenne). Sans oublier les oiseaux : butor à l’aigrette en passant par les tadornes, les courlis, les pluviers et les flamands.
Dans le livre IV de Pantagruel, aux chapitres LIX et LX, il cite une très longue nomenclature de mets et d’aliments, nous donne énormément d’informations sur certains des produits que l’on mange au XVIe siècle. Le patronyme de Rabelais a tout naturellement été donné à une académie gastronomique.
Manger est délectable, certes et la prose de Rabelais laisse penser qu’il se disait lui-même un gastrolâtre et un bon vivant. Mais ce réflexe primitif doit être exercer avec parcimonie pour que « l’appétit (ne) débauche (pas) l’intelligence (…), l’orgie est  un déluge intérieur d’idées ténébreuses qui submerge la pensée ».