
Hammam : Un hammam (« حمّام » soit « bain d’eau chaude » en arabe), appelé bain maure (en référence à l’Espagne musulmane d’Al-Andalus) et bain turc par les Occidentaux, est un bain de vapeur humide puisant ses origines dans les thermes romains. Dans sa forme actuelle, le hammam s’est développé dans l’Empire ottoman, de l’Afrique du Nord jusqu’au Moyen-Orient (comme en Syrie) à la faveur de l’expansion de l’islam. C’est donc un établissement de bains.
Les variantes locales du hammam :
Afrique du Nord : En Afrique du Nord, le hammam est un phénomène social et toutes les catégories de la société fréquentent ce lieu public. Il se compose souvent de trois ou quatre chambres, la première à température ambiante, la deuxième un peu plus chaude, et ainsi de suite. Dans le hammam les pores se dilatent sous l’effet de la chaleur, ce qui permet un nettoyage en profondeur. Le hammam s’est développé en Tunisie au cours de ces dernières années à tel point que celui-ci a su s’adapter aux exigences des différentes classes sociales : ainsi, des hammams accueillant une clientèle aisée ont vu le jour dans différentes régions du pays.
France : En France, le hammam est introduit plus récemment, il ne se compose généralement que d’une seule salle, et la température varie entre 5 °C et 50 °C ou bien entre 40 °C et 50 °C.
Les thermes romains traditionnels (ancêtres du hammam) comportaient :
– le frigidarium (pièce tempérée à 20 °C) salle de repos, relaxation, thés à consommer
– le tepidarium (pièce tiède à 32 °C) salle de soins : massage…
– le caldarium (petite pièce chaude à 42 à 48 °C).
Le hammam désigne aussi l’établissement, le bâtiment dans lequel s’organise ce bain. L’architecture des hammams varie selon l’aire géographique et les époques.
Aujourd’hui, s’ils ont disparu totalement de certains pays comme l’Égypte (jadis réputée pour ses 365 hammams, Le Caire n’en compte plus que six), avec le développement des salles de bains privées, la pratique demeure encore vivace en de nombreux endroits et tend à se développer en Europe.
Terminologie : Le substantif masculin « hammam » [a(m)mam] est emprunté — soit directement soit par l’intermédiaire du turc — à l’arabeام / ḥammām (« bain à étuves, bain chaud, bain public ») dérivé du verbe ḥamma (« chauffer »). Un hammam est un établissement de bains, public ou privé, qui comporte des étuves saturées de vapeur d’eau. « Bain maure » et « bain turc » sont deux désignations alternatives du hammam.
Historique : Le hammam a évolué à partir des thermes romains. Des vestiges archéologiques attestent de leur existence dès les Omeyyade. Le premier établissement public connu est celui de Bassora, en Irak.
Comme les thermes romains, un hammam est constitué d’au moins quatre pièces : al-maslakh, l’entrée et le vestiaire ; bārid, la première pièce de baignade, non chauffée ; wastānī, la deuxième salle de baignade, modérément chauffée ; et ḥarāra, la troisième pièce de baignade, complètement chauffée.
Effets : L’action principale du hammam est une importante vasodilatation, induisant une relaxation très efficace.
Le hammam est très recommandé après une activité musculaire. Il procure une relaxation intense qui va détendre les muscles, soulager (voire éviter) les courbatures et douleurs ligamentaires. Le bénéfice en termes de récupération le rend recommandable à l’entraînement des sportifs de haut niveau.
Cela permet aussi de décongestionner les bronches.
Par la relaxation qu’il procure, le hammam induit une torpeur bénéfique au sommeil.
Contre-indications : Éviter d’y aller en phase de digestion : il est recommandé d’attendre trois heures après un repas copieux avant de se rendre dans un hammam.
Éviter de s’être rasé le jour même : la peau irritée par le rasage peut démanger, la plupart des hammams diffusant des vapeurs de pin et d’eucalyptus aux propriétés urticantes.
Le hammam induisant une baisse de la tension artérielle est évidemment déconseillé aux personnes souffrant d’hypotension. (Pour les mêmes raisons, il est absolument déconseillé d’y aller sous l’emprise de l’alcool).
Tellaks : Traditionnellement, les masseurs des hammams, appelés tellak en turc, aidaient les clients à se laver en les frottant et les savonnant et à se raser.
Ils étaient recrutés parmi les rangs de non-musulmans de l’empire turc, à savoir les Grecs, Arméniens, Albanais, Bulgares, Roumains et autres.
Au milieu du XVIIIe siècle, les soldats haut gradés de l’armée ottomane avaient souvent un » tellak » comme amant. Quand les hommes d’un autre régiment enlevaient ce dernier et le passaient au commandant, une bataille de plusieurs jours entre les deux régiments pouvait s’ensuivre, laquelle se terminait seulement quand le sultan ordonnait la pendaison du » tellak ».
Après la défaite et le démembrement de l’Empire ottoman, lorsque la république de Turquie s’occidentalisa, les garçons tellak perdirent leur rôle sexuel. De nos jours, le rôle du tellak s’en tient à des formes plus prosaïques, telles que les massages.
