Acore odorant

Acore odorant : L’acore odorant (famille des Aracées – Nom botannique : Acorus calamus) ou jonc odorant est une plante herbacée aquatique, pérenne et rhizomateuse.
Ses autres noms vernaculaires sont : calamus, roseau aromatique, acore vrai, canne aromatique, schoenante.
Caractéristiques de l’acore odorant :
Feuilles : pétiole non différentié, limbe long, linéaire, à nervures parallèles
– Organes reproducteurs :
Type d’inflorescence : spadice de 5−10 cm de long
Répartition des sexes : hermaphrodite
Type de pollinisation : entomogame
– Période de floraison : mai à août
Graine
– Type de fruit : akène
– Mode de dissémination : hydrochore.
– Habitat type : roselières médio-européennes pionnière.
Histoire de l’acore odorant : L’acore sous le nom de changpu 菖蒲, fait partie de la matière médicale traditionnelle de Chine. On considère9 actuellement que le terme peut désigner shuichangpu 水菖蒲 Acorus calamus L. et shichangpu 石菖蒲 Acorus tatarinowii Schott.
L’acore changpu est cité dans la première pharmacopée chinoise Shennong bencao jing (aux environs du début de notre ère).
La notice indique : âcre, chaud. Traite les troubles liés au « vent froid humide », la toux, à s’oppose au Qi ascendant. Il ouvre la porte du cœur. Nourrit les cinq organes, libère les neuf orifices, éclaircit les yeux et les oreilles, aide les articulations de la voix. Pris longtemps, allège le corps, améliore la mémoire, prévient la confusion et prolonge la vie. Autre nom : changyang. Pousse dans les étangs et les marais.
Aire de répartition : Cette espèce holarctique indigène en Asie, a été importée au XIIIe siècle en Europe pour ses propriétés odoriférantes et insecticides. Elle y est naturalisée mais ne produit pas de fruits, car les plantes importées sont généralement des triploïdes stériles.
Propriétés de l’acore odorant : Le rhizome fournit une huile essentielle renfermant, pour la variété européenne, des dérivés mono- et sesquiterpéniques (camphène, p-cymène) et des dérivés phénylpropaniques (moins de 10 % ) représentés surtout par la bêta-asarone. Cette dernière est cancérigène et influe négativement sur la fécondité. La variété Americanus ne contient pratiquement pas de bêta-asarone, alors que les plantes en provenance d’Inde ont la plus forte concentration (jusqu’à 96 % ).
Cependant, malgré une utilisation ancestrale, en Inde, la plante entière n’aurait jamais été responsable de cancer.
Il pouvait, appelé aussi schoenante, être un des multiples constituants de la thériaque de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle.
Principaux constituants :
Huile essentielle : β-asarone, camphène, p-cymène, β-gurjunène, linalol
Saponines
– Principe amer (acorone)
Mucilage.

Utilisation de l’acore odorant : Les Tartares l’employaient pour désinfecter leur eau de boisson.
Dans certains pays, cette plante sert à parfumer la bière, l’eau-de-vie et l’absinthe.
L’huile essentielle, extraite des rhizomes par distillation, est utilisée en parfumerie.
L’huile essentielle est également un digestif après un repas en cas de difficultés à digérer. A proscrire pendant la grossesse et l’allaitement.
Elle est réputée éloigner les punaises et donc bien protéger les fourrures.
Usage traditionnel : La plante est cultivée dans les régions marécageuses et le long des cours d’eau en Europe orientale. Seuls les rhizomes sont employés.
Récolté au printemps et à l’automne et séché à l’ombre, l’acore odorant est un tonique amer qui stimule les glandes digestives. Employé en tisane, il est efficace contre tous les troubles gastriques tels que les ballonnements, les nausées, les brûlures gastro-œsophagiennes. Maria Treben le mentionne pour de nombreux troubles de l’appareil digestif ainsi que pour goutte, gelures et cancer des intestins.
C’est aussi une plante apéritive dont on peut tirer une liqueur : 100 g de rhizome séché, ¹⁄₂ l d’alcool, ¹⁄₂ l d’eau ; agiter et  filtré au bout d’une semaine.
Au Canada – où la plante est appelée belle-angélique par les Québécois et sweet flag par les anglophones – certains Indiens en chiquent les rhizomes pour leurs effets stimulants et thérapeutiques. À forte dose, il peut provoquer des hallucinations visuelles.
L’acore et ses produits sont autorisés en Europe avec une limite maximale tolérée de β-asarone de 0,1 mg/kg dans les denrées alimentaires et de 1 mg/kg dans les boissons alcoolisées.
En Chine, les feuilles et les rhizomes broyés sont utilisés comme insecticides contre les pucerons, les cicadelles, les ravageurs du riz et les acariens. La plante est aussi utilisée en fumigation avec l’armoise contre les moustiques.
En Inde, il est utilisé dans la cuisine ayurvédique sous le nom de « Vacha » comme stimulant nerveux, digestif, émétique (à haute dose), expectorant et décongestionnant des sinus, et comme diurétique.