Myrrhe

Myrrhe :  La myrrhe aromatique fournie par l’arbre à myrrhe appelé aussi balsamier (ou baumier), qui est un arbre ou arbuste (famille des Burséracées – Nom botanique : Commiphora myrrha ou Commiphora molmol) des régions chaudes.
Le mot vient du latin murra ou myrrha, lui-même emprunté au grec, l’étymon est certainement dérivé de la racine sémitique mrr « être amer » (une des composantes de l’odeur de la myrrhe) attesté dans toutes les langues sémitiques anciennes (hébreu: mōr).
L’histoire de la myrrhe est aussi ancienne que celle de l’encens. Les Égyptiens la connaissent depuis quatre millénaires et en faisaient un des composants du kyphi (encens sacré).
Pour les Hébreux, la myrrhe est l’un des principaux composants d’une huile d’onction sainte. À ce titre, la myrrhe est le troisième présent, après l’o et l’encens offert à l’Enfant Jésus par les Rois Mages.
Les Grecs l’ont aussi associée à une légende : Myrrha était la fille de Cinyras, roi de Chypre. Des Gorgones la poussèrent à avoir des relations incestueuses avec son père. Après quoi elle fut transformée en arbre à myrrhe, dont l’écorce se fendit pour donner naissance à Adonis. Les Grecs ont fait un grand usage de la myrrhe, allant jusqu’à en parfumer leur vin. Du vin mêlé de myrrhe a été proposé à Jésus (qui l’a refusé) avant sa crucifixion pour atténuer les douleurs immenses de ce supplice.
La gomme résineuse est récoltée sur le tronc de l’arbre d’où elle suinte naturellement. La gomme liquide durcit à l’air pour former des concrétions brun-rouge pouvant parfois atteindre une masse de plus de 200 grammes. Elle est ensuite distillée en une huile essentielle épaisse de couleur orangée. Une couleur foncée ou une trop grande fluidité indique l’altération par un solvant.
La myrrhe était transportée, depuis les lieux de production situés dans l’actuel Yémen, par les caravanes de chameaux des Nabatéens jusqu’à Petra, à partir de laquelle elle était redistribuée dans tout le bassin méditerranéen.
La forte demande, la difficulté d’augmenter la production ainsi que les contraintes liées au transport ont fait de la myrrhe un produit particulièrement coûteux, qui se négociait au même prix, au poids, que l’or.
Ce commerce déclina avec l’arrivée du christianisme ; en effet, même si l’utilisation d’encens était acceptée dans l’Église catholique, l’église chrétienne primitive du temps de l’Empire romain avait interdit son usage, ce qui mena à un rapide déclin de son commerce.

Emplois de la myrrhe : La myrrhe est très utilisée au Moyen-Orient comme encens, parfum, pâtisserie et pharmacie. On s’en sert aussi dans de nombreuses infusions ou décoction.
La myrrhe entre dans la composition de la liqueur Bénédictine, fabriquée par des moines à Fécamp (Normandie).
C’est surtout la parfumerie qui continue à en faire la gloire, notamment dans les parfums de type oriental, où elle accroît la sensualité des notes de rose.
En aromathérapie, on extrait une huile essentielle de cette gommo-oléorésine.