Pimbina

Pimbina : Le pimbina (en anglais, squashberry) est le fruit de la viorne trilobée qui est un arbrisseau des haies et des clairières (famille des Caprifoliacées – Nom botanique : Viburnum trilobum), à floraison en bouquets blancs et à petites baies rouges.
Le mot « pimbina » vient de l’algonkin de nipimina, langue de la tribu indienne algonquine du Canada) et qui signifie « graines ou fruits amers ».
Le pimbina est une petite baie qui reste accrochée aux tiges tout l’hiver canadien et qui fournit une graine salutaire aux oiseaux, surtout aux tétras dont elles parfument la chair.
En Scandinavie, on faisait autrefois une sorte de bouillie avec de la farine, du miel et les fruits du pimbina. On en a également distillé un alcool. Quoique plutôt âpre, le fruit du pimbina était et est encore un aliment important chez les Amérindiens. Chez certaines peuplades, on ne le cueillait traditionnellement qu’en plein hiver tandis que chez d’autres, on le ramassait en septembre pour le consommer sans délai ou encore le conserver jusqu’à ce qu’il s’attendrisse. On l’a également fait sécher. Une façon très courante de conserver les fruits frais, quelle que soit l’espèce, consistait à les recouvrir de graisse d’animal ou d’huile de poisson ou à les immerger dans l’eau. Dans certaines peuplades de l’Ouest, le fruit de la viorne était considéré comme un aliment prestigieux et seules les personnes de haut rang avaient le droit de le cueillir, dans des endroits dont ils avaient la jouissance exclusive, de par leur statut.
Élément important des échanges commerciaux ou cadeau de grande valeur, ce petit fruit apparaît dans de nombreux mythes des Haida, une peuplade de la Colombie-Britannique, qui croyaient que c’était l’aliment de choix des êtres surnaturels.
Les Carrier le mangeaient avec de la graisse d’ours, les Nishgale le faisaient bouillir et le mélangeaient ensuite avec de l’huile. Parfois, ils en faisaient une sorte de crème glacée, en le battant avec de l’huile de poisson-chandelle et de la neige. On le faisait également cuire dans la soupe. Dans l’Est, les Algonquins et les Abénakis consommaient le fruit de  : Viburnum cassinoides, les Iroquois, Saulteux, Micmacs et Malécites celui du Viburnum lentago et du  Viburnum trilobum.
On cueille le pimbina pendant les grands gels, car sa pulpe est devenue moelleuse.
Comme les canneberges, on en fait de la compote ou de la gelée, qui est un peu âpre mais qui accompagne très bien les volailles ou les gibiers.
Aujourd’hui, on n’emploie plus guère le fruit de la viorne que dans les confitures et la gelée ou sous forme de jus ou de vin.
Mais on peut toujours renouer avec une tradition fort ancienne (surtout pour les enfants), celle de la neige nappée de sirop de pimbina.