Quinquina

Quinquina : Le quinquina (famille des Rubiacées – Nom botanique : Cinchona officinalis) est un arbuste ou un petit arbre à feuillage persistant (ou sempervirent), originaire de l’Équateur. Il est exploité pour son écorce dont on tire la quinine, fébrifuge et antipaludéen naturel.
Le terme quinquina est polysémique : il peut aussi bien désigner l’arbre de l’espèce Cinchona officinalis que le genre Cinchona et donc servir de terme générique pour n’importe quelle espèce du genre. Par ellipse, il désigne aussi l’écorce de quinquina (une drogue) ou le vin de quinquina (un apéritif).
Pour éviter tout risque de confusions, l’espèce Cinchona officinalis est aussi appelée Quinquina gris et son écorce l’écorce brune du Pérou.
Étymologie : Au XVIIe siècle, Sebastiano Bado, un médecin génois n’étant jamais allé en Amérique du Sud, fut le premier à employer le terme de quinquina ; jusque-là les Jésuites parlaient de l’arbol de las calenturas, « l’arbre des fièvres ». Il justifia ce terme en prétendant que kinakina, en langue quechua, désignait l’arbre donnant l’écorce du Pérou. Cette information était erronée et il est maintenant établi que ce terme désigne un tout autre arbre : le Myroxylon peruiferum.
Le témoignage du responsable de l’expédition scientifique en Amérique du Sud au milieu du XIXe siècle est limpide à cet égard.

Description du quinquina : Cinchona officinalis est un arbuste pouvant atteindre 6 m de hauteur, aux jeunes branches densément pubescentes à sub-glabres.
Les feuilles décussées sont à l’état sec, de 6-11 × 3-4,6 cm, elliptiques ou plus ou moins ovales, à base cunée. Les inflorescences sont des cymes, à axe plus ou moins densément pubescent, en position terminale sur les branches latérales. Le calice d’environ 2 mm est glabre à l’intérieur. La corolle rose ou pourpre, comporte un tube de 8-13 mm de long et des lobes de 3-5 mm. Les étamines sont insérées dans le tube ; elles peuvent être longues (6 mm) pour les fleurs à style court ou courtes (1-3 mm) pour les fleurs à style long.
Les fruits sont des capsules en forme d’ellipsoïde ou sub-globuleuses, de 10-20 × 6-10 mm.
Histoire de l’écorce de quinquina : Les propriétés antipaludiques de l’écorce de quinquina ont commencé à être connues en Europe vers 1630 grâce aux Jésuites du Pérou qui en ramenaient à Rome lorsqu’ils se rendaient dans cette ville très impaludée. Dans le siècle suivant, l’écorce du Pérou s’imposa peu à peu comme le traitement de choix des fièvres intermittentes sans que les botanistes européens ne disposent de descriptions précises de l’arbre sur lequel elle était prélevée. En 1649 Louis XIV est guéri d’une fièvre tenace grâce à l’écorce de quinquina.
En 1735, l’Académie royale des Sciences envoie une expédition scientifique au Pérou avec plusieurs mathématiciens, un géographe Charles Marie de La Condamine et un médecin naturaliste Joseph de Jussieu, pour effectuer des mesures d’un arc méridien.
À la suite de vols et de naufrages, et en raison des perturbations psychologiques de J. de Jussieu, ses descriptions et ses collections de spécimens de quinquina seront perdues, seule parviendra en Europe une étude des quinquinas qu’il fit dans la région de Loja et remit à La Condamine. Celui-ci s’empressa d’envoyer en France ces notes « revues et corrigées de sa main. L’étude du quinquina, de ses vertus, de la meilleure manière d’en extraire le suc fournissant le fameux médicament, sont l’œuvre de Jussieu et La Condamine ne le cache d’ailleurs pas. Mais la communication à l’Académie sur le quinquina paraît non pas sous le nom de Jussieu, mais sous celui de la Condamine. » (F. Trystan).

L’écorce fournit de nombreux alcaloïdes dont la quinine (Voir Quinine) très utilisée dans certaines boissons toniques. Le quinquina est aussi utilisé dans la fabrication d’un vin apéritif qu’on appelle « quinquina » et des boissons alcoolisés contenant une certaine proportion de quinquina qui donne une saveur légèrement amère.