Courge

Courge : Le terme « courge » (ou plus rarement cougourde), désigne plusieurs espèces de plantes de la famille des Cucurbitacées. Ce sont des légumes-fruits, charnus, aqueux, protégés par une « écorce » plus ou moins épaisse et qui peuvent être consommés immatures, comme le pâtisson ou à maturité.
Les courges sont généralement cultivées pour leurs fruits comestibles mais il arrive qu’elles le soient pour leurs graines oléagineuses. Le terme désigne également leurs fruits, qui ont la propriété de se conserver facilement à maturité et qui sont utilisés en cuisine comme un légume ou donnés aux animaux.

Étymologie de « courge » : Le mot « courge », dont la première attestation écrite date de 1256 sous la forme cohourde, dérive du latin cŭcŭrbĭta, qui a donné aussi en français le mot « gourde ». « Courge » (forme dialectale de l’Ouest) et « gourde » sont en fait des doublets lexicaux, qui se sont spécialisés tardivement. En effet les Anciens ne connaissaient pas nos courges introduites en Europe après les voyages de Christophe Colomb en Amérique, mais ils connaissaient depuis très longtemps les gourdes (ou calebasses) du genre Lagenaria, qui sont citées sous le nom de cucurbita par Pline l’Ancien notamment et que l’on retrouve sous ce nom dans le capitulaire De Villis à l’époque de Charlemagne. Jusqu’au XVIIIe siècle, en France, le terme « courge » a désigné les calebasses, et ce n’est que dans le courant du XIXe siècle qu’il s’est imposé pour désigner nos courges actuelles, c’est-à-dire les potirons et citrouilles, en même temps que se stabilisait la classification botanique.

Acceptions du terme courge : Le terme « courge » n’a pas toujours un sens très précis dans le langage courant. On peut considérer trois niveaux d’acceptions :
– dans une acception large, « courge » désigne de nombreuses espèces de Cucurbitacées, ou plus spécifiquement leurs fruits particuliers qui sont des péponides, grosses baies à très nombreux pépins et à épiderme coriace ; il est souvent employé en concurrence avec d’autres termes plus ou moins synonymes : potiron, citrouille, giraumon, coloquinte, calebasse… comme l’illustre la liste suivante : liste des plantes appelées courges ;
– dans son acception plus restreinte, les « courges » sont les plantes appartenant aux espèces Cucurbita pepo et moschata qui comprend de nombreuses variétés cultivées, sélectionnées soit comme courges d’été, dont on consomme les fruits verts (les courgettes), soit comme courges d’hiver dont on consomme les fruits mûrs (courges proprement dites et citrouilles), et qui est l’objet de cette entrée.
– dans une acception la plus restreinte, qui pourrait être celle des botanistes, « courge » désigne les plantes appartenant au genre Cucurbita, qui regroupe plusieurs espèces dont quatre cultivées couramment (en Europe notamment) : la courge proprement dite, le potiron, la courge musquée et la courge de Siam.
Reproduction de la courge : Les courges sont monoïques. Les fleurs femelles se reconnaissent à la petite courge (en fait, un ovule non encore fécondé) présente sous la fleur. Leur pistil doit être fécondé par le pollen d’une fleur mâle qui pousse en pointe érigée. Ce pollen, transporté par les insectes lorsqu’ils viennent butiner, se dépose sur le pistil qui est recouvert d’une substance un peu gluante qui permet au pollen de se fixer. Chaque grain de pollen germe et une minuscule (presque microscopique) radicelle se développe, descend le long du pistil, atteint l’ovaire de la fleur qui est alors fécondé. Chaque grain de pollen permet la formation d’une graine à l’intérieur de la courge pour assurer la reproduction de l’espèce.
Les fleurs des courges ont une durée de vie très brève. Elles s’ouvrent le matin vers 9 heures et se referment vers midi pour ne plus se rouvrir. Chaque fleur femelle dispose donc d’un laps de temps de seulement 3 heures pour être fécondée. En l’absence de fécondation, la fleur femelle avorte et le fruit naissant tombe avec la fleur.
Les courges ont un hermaphrodisme successif. Les fleurs femelles apparaissent souvent après les mâles. Il vaut donc mieux étaler les semis afin de favoriser des périodes de croisement entre les différents plants. Les variétés de courges se croisent facilement, pourvu qu’elles appartiennent à la même espèce. Lorsque ces croisements impliquent certaines variétés décoratives, du type « fausses coloquintes » (appartenant à l’espèce Cucurbita pepo) ils peuvent produire des fruits éventuellement toxiques ou pour le moins à chair amère.
Les courges ont la particularité de produire des organes de soutien nommés « vrilles » qui leur permettent de s’accrocher aux éléments environnants pour soutenir leur croissance.

Espèces de courges : Les courges dénommées aussi potirons mais surtout citrouilles dans l’usage courant, appartiennent à plusieurs espèces botaniques appartenant au genre Cucurbita et dotées d’une étonnante variabilité génétique, qui se traduit, chez les fruits, par d’innombrables formes et couleurs et aussi une grande diversité de tailles.
Sauf exceptions les espèces différentes ne s’hybrident pas entre elles et le plus souvent donnent des graines hautement stériles. Cependant, en culture, une certaine distance entre pepo et moschata est souvent recommandée bien qu’une hybridation naturelle fertile soit peu probable.
Voir ici : Tableau des caractéristiques des espèces de courges.

La comestibilité des Cucurbitacées
Difficile de s’y retrouver entre citrouilles, potirons ou coloquintes… Lesquels peut-on utiliser pour décorer et lesquels peut-on cuisiner ?
Les potirons, potimarrons, courges de Muscade, citrouilles ou coloquintes appartiennent à la grande famille des Cucurbitacées.
La coloquinte est une plante purement décorative, une sorte de courge aux couleurs diverses : crème, jaune, orange, vert foncé, vert plus clair. Elle fait le bonheur des décorateurs en herbe, des fleuristes, des pépiniéristes mais sûrement pas des cuisiniers.
En effet, ingérer des coloquintes n’est pas sans danger pour la santé. La vigilance s’impose, en particulier en présence d’enfants, si vite tentés.
Attention, aussi : dans leur forme sauvage (coloquinte vraie ou médicinale), les cucurbitacées contiennent une toxine naturelle, la cucurbitacine, responsable de l’amertume du légume. Ingérée même à faible dose, elle peut causer une intoxication, avec comme symptômes des vomissements, des coliques et de fortes diarrhées, parfois accompagnées de saignements.
En principe, les variétés de courges cultivées dans nos jardins ne sont pas dangereuses. Toutefois, la toxine peut réapparaître en raison de croisements et de mutations. D’où l’importance d’acheter des graines de bonne qualité, de ne pas réutiliser des graines comme semis, ni évidemment des graines de courges sauvages.
Pour prévenir les risques liés à la pollinisation, et donc les croisements potentiellement nocifs, il faut éviter de cultiver à la fois des coloquintes décoratives et des courges dans le même espace.

Production mondiale de la courge :

 

Production en tonnes de courges et potirons – Chiffres 2014-2015
Données de FAOSTAT (FAO) Base de données de la FAO,
2014 2015
 Chine 5 667 398 29 % 5 767 700 30 %
 Inde 3 500 000 18 % 3 500 000 18 %
 Ukraine 1 023 200 5 % 1 072 000 5 %
 États-Unis 815 320 4 % 861 870 4 %
 Égypte 678 254 4 % 690 000 4 %
 Mexique 535 000 3 % 560 000 3 %
 Cuba 517 151 3 % 520 000 3 %
 Iran 505 000 3 % 505 000 3 %
 Italie 495 372 3 % 488 083 2 %
 Afrique du Sud 367 755 2 % 378 776 2 %
 Turquie 374 000 2 % 376 000 2 %
 Corée du Sud 304 337 2 % 310 000 2 %
 Espagne 300 000 2 % 300 000 2 %
 Roumanie 290 832 2 % 300 000 2 %
 Argentine 296 000 2 % 296 000 2 %
Autres pays 3 640 985 19 % 3 602 520 18 %
Total 19 310 604 100 % 19 527 949 100 %

En 2015, la France a récolté près de 140 000 tonnes de courges sur une surface de plus de 3 600 ha. Les principales régions productrices sont la Provence (40 % de ce volume) et l’Aquitaine (10 %).

Aspects culturels de la courge : Chez les Amérindiens d’Amérique du Nord, les courges sont considérées comme le fruit de la santé (askootaskwash) et constituent l’une des trois cultures, pratiquées traditionnellement, appelées les trois sœurs.
En Islam, L’arbre que Dieu fit croître pour donner une nourriture et un remède à Jonas : « Jonas était certes, du nombre des Messagers. Quand il s’enfuit vers le bateau comble, il prit part au tirage au sort qui le désigna pour être jeté (à la mer). Le poisson l’avala alors qu’il était blâmable. S’il n’avait pas été parmi ceux qui glorifient Allah, il serait demeuré dans son ventre jusqu’au jour où l’on sera ressuscité. Nous le jetâmes sur la terre nue, indisposé qu’il était. Et Nous fîmes pousser au-dessus de lui un plant de courge » (Coran, 37 : 139-146).
Les exégètes disent que le terme « Yaqtin » désigne la courge. Certains d’entre eux attribuent à cette plante des avantages parmi lesquels la rapidité de sa croissance, l’ombre qu’offrent ses feuilles en raison de leur grande taille et de leur souplesse, la qualité nutritive de ses fruits, la possibilité de les consommer cuits ou crus, l’utilité de ses écorces et le fait que les loups ne s’en approchent pas.
Le prophète des musulmans, Mahomet, aimait la calebasse et en récupérait des fragments des bords du récipient.
La romancière Agatha Christie, dans le prologue pétri d’humour des Travaux d’Hercule, parus en recueil en 1947, a prêté à son héros, le détective belge Hercule Poirot, l’intention de prendre sa retraite pour se consacrer à l’amélioration du goût des courges, auxquelles il lui semblait possible d’apporter « un certain bouquet ».

Voir aussi Courge sous Argot de bouche.

Emplois de la courge : Du point de vue de la saveur, on trouve principalement des arômes de fruits secs. Leur chair rappelle celle des châtaignes.
Elles se consomment de toutes sortes de façons. De la soupe au gratin, en passant par les tartes et les frites, mais aussi comme des pâtes : la courge spaghetti dont la chair filamenteuse évoque les spaghettis.
Nombreuses sont les recettes existantes pour se réconcilier avec ce légume trop souvent vulgarisé en potage, sans parler des desserts sucrés.
La courge est un légume pauvre en calories qui convient à tout régime alimentaire.
De nos jours, on peut trouver toutes sortes de produits dérivés et préparations à base de courge. Par exemple, l’huile de pépin de courge est utilisée pour soulager les troubles bénins de la prostate et les graines possèdent quant à elles des propriétés de vermifugation (Ascaridiose et ténia), prévenir les caries dentaires ou encore équilibrer les acides gras insaturés.
D’autres produits tels que potages ou confitures sont commercialisés. La graine de courge est également consommée directement, ou ajoutée fraîchement moulue dans certaines recettes.
Au Canada, on apprête les fibres blanches, longues et minces de la courge spaghetti comme les pâtes alimentaires (après avoir fait cuire le fruit en entier) ; les petites courges sont souvent cuites au four avec du beurre et du sirop d’érable ; les graines de courge sont bouillies puis grillées au four.

Les Américains et les Canadiens ont l’habitude de transformer des citrouilles en Jack-o’-lantern pour Halloween.

Quelques préparations culinaires à la courge :