Sensoriel

Sensoriel : adj.  « Sensoriel »  qualifie quelque chose qui concerne les organes des sens, la sensation (considérée sous son aspect objectif, représentatif), les modalités différentes de la sensation.

Sens

Sens : n. m.  Un sens est la faculté d’éprouver les impressions que font les objets matériels. Système récepteur unitaire d’une modalité spécifique de sensations (correspondant, en gros, à un organe déterminé). Les cinq sens traditionnels sont le goût, l’odorat, le toucher, la vue. et l’ouïe.
La définition la plus largement admise est celle qui fait des sens un système de récepteurs, ou cellules sensitives, capable de capter et de traduire plusieurs formes d’énergie (stimuli) et de les transmettre au système nerveux central sous forme d’influx nerveux. Ces influx nerveux, les sensations proprement dites1, sont alors interprétés par l’encéphale, ou son équivalent chez les espèces qui en sont dépourvues, pour en permettre la perception. L’influx nerveux est ensuite codé sous forme de potentiels d’actions et l’information transmise à des régions spécialisées du cerveau. Selon le type de stimulation, les centres de traitement du cerveau diffèrent. Il existe en effet une zone spécialisée dans le traitement des stimuli olfactifs, visuels, tactiles, etc.

– L’odorat : Le nez est un organe très sensible qui est capable de percevoir des milliers d’odeurs. L’olfaction est le deuxième des sens après le goût à utiliser une réaction moléculaire donc « chimique ». Selon la théorie physiologique actuellement en vigueur, des configurations spécifiques combinant des centaines de cellules olfactives, sont amenées à réagir à une certaine particularité de la molécule odorante. Si on respire par le nez, l’air passe directement dans la gorge et une toute petite partie arrive alors aux cellules olfactives. Ces cellules vont transmettre des impulsions informatives au nerf olfactif qui envoie un signal électrique au cerveau, lui permettant de reconnaître l’odeur par le système olfactif. Les neurones récepteurs olfactifs diffèrent des autres neurones en cela qu’ils meurent et se régénèrent à intervalles réguliers.

– Le goût : La langue, organe du goût, compte 3000 papilles gustatives formées de cellules spécialisées dans les saveurs de base : salé, sucré, amer et acide (ou aigre) et umami. On croyait autrefois que chaque saveur disposait d’une partie de la langue qui lui est réservée, toutefois des études ont démontré le contraire par application d’une goutte de substance salée ou sucrée au même endroit : le sujet parvenait à reconnaître la saveur quelle que soit la localisation de la goutte, la « cartographie des saveurs » est donc obsolète. Les cellules réceptrices captent les stimulations et transmettent au cerveau les signaux correspondants. Ce qui permet de ressentir le goût.

– Le toucher : Il fournit des informations par contact de la peau avec la surface des objets. La peau a deux couches, son épaisseur est de un à quatre millimètres selon les parties du corps. Elle est très élastique, ce qui lui permet une certaine plasticité. C’est par la peau que proviennent les sensations du toucher : tactile (reconnaissance de textures), thermique (le chaud, le froid), ou même émotionnelle (douleur, sensualité …). La première couche superficielle de revêtement s’appelle « épiderme ». La deuxième couche est une partie profonde où se trouvent les terminaisons nerveuses, elle s’appelle « derme ».

– La vue (ou vision) est le sens dédié à la perception visuelle du monde à l’aide de la partie visible du rayonnement électromagnétique soit, pour l’œil humain, les longueurs d’onde comprises environ entre 350 et 750 nm.
La vision recouvre l’ensemble des mécanismes physiologiques et psychologiques par lesquels la lumière émise ou réfléchie par l’environnement détermine les détails des représentations sensorielles, comme les formes, les couleurs, les textures, le mouvement, la distance et le relief. Ces mécanismes font intervenir l’œil, organe récepteur de la vue, mais aussi des processus cognitifs complexes mis en œuvre par des zones spécialisées du cerveau.
La fonction psychologique de ce système très complexe est donc la mise à jour visuelle permanente de la représentation mentale du monde réel de l’individu.

– L’ouïe (ou l’audition) : C’est la capacité de percevoir des sons. Elle résulte de la propagation d’ondes longitudinales dans l’atmosphère émises dans une bande de fréquences allant de 20 à 20 000 hertz chez l’Homme (voir jusqu’à 24 000 hertz selon les personnes), puis reçues et adaptées par l’organe de l’audition, l’oreille. Le pavillon de l’oreille externe focalise et amplifie l’onde qui passe dans le conduit et met en vibration le tympan. Puis il est transmis par la chaîne d’osselets jusque dans l’oreille interne. Le son est transmis au cerveau par les cellules nerveuses à l’intérieur du colimaçon et le nerf auditif. Il est ensuite analysé et interprété.

Les cinq sens dans les arts plastiques : Dans l’histoire de l’art, le thème des cinq sens, traditionnel depuis le Moyen Age, est illustré de façon symbolique ou allégorique par un bestiaire foisonnant, étrange ou amusant. L’œil du lynx ou de l’aigle, l’oreille du cerf ou de la taupe, le nez du chien ou du vautour, la gueule du singe ou le bec du faucon, la peau de tortue et les amants enlacés…
A la Renaissance (XVe et XVIe s.), on s’intéresse à l’Homme et les cinq sens sont souvent personnifiés par des femmes ou de jeunes garçons ; les unes comme les autres pouvant être ange ou Satan, porteurs du péché, de délices et de démons. La vanité nous conte cette dualité qui disparaît à la fin du XVIIe siècle et devient célébration des sens, luxuriance des tables et des bouquets de fleurs.
Le toucher est alors représenté par des sculptures, une bourse ou une caissette d’argent, un jeu de société, la caresse d’un oiseau. On trouve aussi des mappemondes, des images de la Terre. L’ouïe est souvent représentée par des instruments de musique (luth, violon, triangle, …) et des partitions musicales.
La vue est souvent représentée par un miroir ou éventuellement un tableau.
L’odorat est souvent représenté par des fleurs (œillets ou roses notamment).
Le goût est bien sûr représenté par de la nourriture, le plus souvent des fruits. Mais on trouve aussi du pain et du vin, des pâtisseries.
Avec le temps, le thème tombe en désuétude. La nature morte, qui était son support principal, est surtout prétexte à des recherches esthétiques.
Au XXe siècle finissant et au XXIe siècle, les sens sont largement sollicités, installations visuelles et sonores, jardins de parfums, musées du vin, recherches de saveurs antiques…