Bien : adv. et adj. inv. (mot venant du latin bene).
Le mot bien a de très nombreuses acceptions :
Comparatif de bien (mieux).
I) Adverbe :
1 (opposé à mal) : D’une manière satisfaisante, conforme à ce que l’on peut attendre (convenablement).
Très bien (admirablement, parfaitement).
Elle danse bien.
Une femme bien faite.
Il raisonne bien.
Bien vu, bien joué (astucieusement, habilement).
Aller bien. Cela tombe bien (À pic).
Tiens-toi bien (correctement).
On l’a bien conseillé (judicieusement, sagement).
Il a bien pris ma remarque (En bonne part).
Ni bien ni mal (médiocrement, moyennement).
Tant bien que mal.
Locution littéraire : Bien lui en prit.
Proverbe : Qui aime bien châtie bien.
– Citation du philosophe et moraliste français Blaise Pascal (1623-1662) : « Travaillons donc à bien penser : Voilà le principe de la morale ».
2. D’une manière conforme à la raison, à la morale.
Agir, se conduire bien (honnêtement, honorablement).
Bien faire. (Personnes) : Faire ce qu’il faut.
J’ai cru bien faire.
Vous avez bien fait.
Proverbe : Bien faire et laisser dire : agir selon sa conscience, sans tenir compte des dires des autres.
Faire bien de… (avec un infinitif).
Vous feriez bien de partir (devoir).
C’est bien fait ! c’est une punition méritée.
Bien fait pour lui ! (Il ne l’a pas volé).
Par antiphrase : Cela commence bien !
3. Indiquant le degré, l’intensité, la quantité : Avec un adjectif ou un participe passé positif ; avec un adverbe : tout (à fait), très. Vous vous y prenez bien mal.
Du linge bien blanc.
Servez bien chaud.
Nous sommes bien contents.
Ce serait bien étonnant.
Bien sûr, bien entendu.
Il y en a bien assez.
Bien souvent.
Bien avant l’heure.
Bien au contraire (tout (au).
Devant un comparatif : Plus. Bien mieux, bien pire.
Spécialement : Il est bien jeune pour ce poste (trop).
Absolu : Je le trouve bien jeune. Vous êtes bien sûr de vous !
Avec un nom sans article : (fort, très).
J’ai eu bien peur.
C’est bien dommage.
Merci bien.
Avec un verbe : beaucoup.
Nous avons bien ri.
J’espère bien vous revoir.
Je t’aime bien (moins fort que je t’aime).
Bien de, bien des : beaucoup de.
Il nous donne bien du souci.
Vous avez bien de la chance.
J’ai pris cette route bien des fois (nombreux).
Il en a vu bien d’autres.
Il a bien d’autres occupations. Fam. Bien des choses à votre mari.
Bien à vous, bien à toi (formule de politesse, à la fin d’un message).
4. Par extension (avec un numéral, une quantité) :
Au moins (largement).
Il y a bien une heure qu’il est sorti.
J’ai bien appelé vingt fois.
Cela vaut bien le double.
5. Renforçant l’affirmation : (réellement, véritablement, vraiment, tout (à fait).
Il part bien demain ?
Il faut bien l’avouer.
Voulez-vous bien vous taire.
Nous le savons bien, je le vois bien.
C’est bien fini. Il peut très bien le faire tout seul.
C’est bien lui, c’est bien la même.
C’est bien de lui : son comportement est tout à fait conforme à son caractère, c’est ce qu’on attendait de lui.
Ce n’est pas un oubli, mais bien une erreur (plutôt).
Ou bien (ou).
Bel et bien (beau).
Il a bien un vélo, mais il ne s’en sert pas (peut-être).
Par antiphrase : Il s’agit bien de cela ! C’était bien la peine !
6. En fait et en dépit des difficultés (quoi qu’on dise, pense, fasse ; quoi qu’il arrive).
Vouloir bien : accepter, daigner.
Aussi bien.
Attendons, nous verrons bien.
Il faut bien le supporter.
Il le fait bien, pourquoi pas moi ? puisqu’il le fait.
Avec un conditionnel : Je lui écrirais bien, mais me répondra-t-il ? je pourrais lui écrire.
Souhait : J’irais bien avec vous.
7. Eh bien ! Interjection marquant l’interrogation, une hésitation dans la réponse (familier : ben, ben oui, ben non).
Eh bien ! qu’en dites-vous ? (alors) ;
Le reproche : Eh bien ! ne vous gênez pas. Eh bien ! soit, j’accepte.
II) Adjectif invariable :
1. Attribut : Satisfaisant, qui convient.
Proverbe : Tout est bien qui finit bien.
Ce sera très bien comme cela.
Elliptique : Bien ! (bon, bravo, parfait).
En bonne santé, en bonne forme. Je me sens bien.
Le malade est moins bien.
Se porter bien.
Familier : Il n’est pas bien, lui : il est fou.
Juste, moralement convenable.
Ce n’est pas bien d’agir ainsi, je ne trouve pas cela bien.
Capable de faire ce qu’il faut.
Elle est bien, dans ce rôle. Il a été très bien (parfait).
Beau. Je le trouve bien, ce vase.
Elle est encore très bien pour son âge.
Commerce : Bon. Elle est bien votre entrecôte ?
À l’aise. Nous sommes bien ici, chez nous (bien-être).
Êtes-vous bien dans ces chaussures ?
Se trouver bien de…
Par antiphrase Nous voilà bien, dans une situation désagréable (familier : Dans de beaux draps).
Être bien avec (quelqu’un), être en bons termes avec lui.
Ils sont bien avec leurs voisins.
Faire bien : produire un bel effet.
Ce tapis fait bien dans le salon.
Par extension, familier : Avoir bon effet, paraître élégant.
Une référence qui fait bien sur une carte de visite.
Il trouve que ça fait bien d’utiliser des mots anglais (C’est bien porté).
Elliptique : Bien, fort bien, très bien, marquant l’accord, la soumission, l’assentiment (parfait).
– Citation de l’écrivain français Thierry Jonquet (1954-2009) : « encore des ordres, il fallait courber la tête, dire “ Oui, monsieur, bien monsieur ” ».
2. Épithète, après le nom : Convenable dans son aspect, comme il faut, distingué, en parlant de quelqu’un.
Un monsieur très bien.
Des gens bien (chic).
Qui a des qualités morales, de la valeur.
Une fille bien, un type bien.
Bien sous tous rapports (annonce matrimoniale).
Par extension, familier (Choses) : Qui a de l’intérêt, de la valeur (intéressant).
Il fait des choses bien.
Mention bien, assez bien, très bien (à un examen).
III) Locution conjonctive bien que.
Marque la concession : encore (que), malgré (que), quoique.
Suivi du subjonctif : J’accepte, bien que rien ne m’y contraigne.
Suivi du participe présent : Bien qu’ayant son permis, elle ne conduit pas.
Avec ellipse du verbe et du sujet : (opposé à parce que)
– Citation de l’écrivain français Gustave Flaubert (1821-1880) : « Bien que philosophe, M. Homais respectait les morts ».
Contraire de bien : mal.