OGM

OGM : « OGM » est l’acronyme de organisme génétiquement modifié. est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l’intervention humaine. Selon les définitions européennes, ces modifications doivent être issues du génie génétique. La définition américaine inclut également les modifications issues de la sélection artificielle. Le génie génétique permet de modifier des organismes par transgénèse, c’est-à-dire l’insertion dans le génome d’un ou de plusieurs nouveaux gènes. Un « organisme transgénique », terme qui désigne les organismes qui contiennent dans leur génome des gènes « étrangers », est donc toujours un organisme génétiquement modifié, l’inverse n’étant pas toujours vrai.
La mise en œuvre de transgénèses permet un transfert de gènes héritables entre espèces évolutivement plus ou moins séparées (par exemple un gène prélevé sur le ver luisant et transféré chez le taureau) mais aussi de transférer des gènes entre espèces proches quand les techniques de croisement classique ont échoué (pomme de terre Fortuna). L’aspect novateur de ces nouvelles techniques ainsi que leurs applications potentielles, notamment dans les secteurs médical et agricole, ont provoqué une controverse, une réflexion éthique ainsi qu’une guerre commerciale et des réglementations. Au sein des biotechnologies, les OGM sont un domaine de recherche qui fait depuis les années 1990 l’objet de nombreux investissements en recherche et développement à partir de financements tant publics que privés.
Inexistantes avant 1993, les surfaces cultivées OGM, représentent en 2011, selon l’ISAAA, une association non-gouvernementale de promotion des biotechnologies, 160 millions d’hectares, dont près de 50 % dans les pays en développement. Cela représente 3 % des terres agricoles à l’échelle mondiale, bien que pour certains pays, comme les États-Unis d’Amérique, elles représentent 17 % des surfaces agricoles et 47 % des surfaces arables. Selon le même organisme, le marché du produit final des cultures commerciales de maïs, de soja et de coton est évalué à plus de 160 milliards de dollars en 2011, et à 13,2 milliards de dollars pour celui des semences. Des organisations écologistes estiment cependant que les chiffres concernant les surfaces cultivées sont surévalués.
En mai 2010, le journal Science rapporte la réalisation du premier organisme dont l’intégralité du génome a été synthétisée par des scientifiques. Il ne s’agit pas d’une « création » en tant que telle mais de la fabrication artificielle d’un génome préexistant.
Plusieurs méta-analyses, portant sur des milliers d’études et plusieurs décennies d’observations, permettent d’établir que les OGM ne sont pas nocifs. Ce consensus scientifique, établi depuis au moins 2012, est confirmé par de nombreuses organisations scientifiques internationales, et notamment le Conseil international pour la science, qui affirment également que les OGM commercialisés ne sont pas dangereux pour la santé humaine, et que les risques de dissémination sont correctement contrôlés. Des associations, comme le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) financé par des acteurs du bio, en France, ou le Independant Science Panel, au Royaume-Uni, estiment que les études auxquelles les organismes d’accréditation font référence sont insuffisantes, et que dans le domaine des cultures en plein champ les précautions prises ne permettent pas d’éviter la pollution génétique de l’environnement. Elles sont relayées en ce sens par les partisans du mouvement anti-OGM.
En 2016, 107 Prix Nobel signent une pétition demandant à Greenpeace d’arrêter sa campagne anti-OGM ciblant notamment le riz doré, précisant que les OGM sont aussi sains que les autres productions agricoles et qu’aucun effet négatif de leur part n’a jamais été constaté, ni sur la santé, ni sur l’agriculture, et permettent de combattre la mortalité infantile due à la malnutrition. Cette pétition a par la suite été critiquée, notamment parce-que le riz doré en question n’est pas encore au point (il ne permet donc pas de combattre la malnutrition). D’après l’anthropologue Glen Stone « il s’agit d’une manipulation de l’opinion publique par l’utilisation de scientifiques qui ne sont pas informés des faits sur le sujet »