Serviette

Serviette : n.f.  Une serviette est une pièce de tissu individuelle, servant à s’essuyer les mains et les lèvres, et à protéger les vêtements quand on mange. Le savoir-vivre exige que l’on utilise sa serviette avant de porter son verre à sa bouche et chaque fois que de la sauce ou un mets marque les lèvres. Il interdit de nouer sa serviette autour de son cou, sauf quand il s’agit d’écrevisses ou de fruits de mer à décortiquer, voire sur sa tête comme c’est le cas (unique) pour déguster les ortolans, petits passereaux qui sont désormais protégés et interdits de commerce.
On laisse sa serviette utilisée, froissée à sa place sur la nappe.
Les Romains disposaient d’un sudorium destiné à s’éponger le front et le visage, tandis que des esclaves circulaient avec des bassins pour les ablutions.
Au début du Moyen-âge, les convives s’essuyaient les mains et la bouche à la nappe ou à la « longuière », pièce de toile qui ne recouvrait que les bords de la table et était réservée à cet usage. C’est vers la fin du Moyen-âge qu’apparurent les « touailles », torchons suspendus au mur, que les convives utilisaient à volonté et qui servaient ensuite à recouvrir les restes de nourriture. Vinrent ensuite les serviettes individuelles de lin ou de coton, brodées puis damassées.
Au XVIIIe siècle, la serviette occupe une place de choix dans les arts de la table. Elle est parfois d’une taille et d’un luxe impressionnants (en lin brodé, monogrammé ou en coton damassé). Les pliages rivalisent alors d’inventivité et donnent à la serviette de table les formes les plus extravagantes.
Au XIXe siècle, les serviettes deviennent plus petites et le rond de serviette fait son apparition.
A cette époque et en restauration, le maître d’hôtel porte traditionnellement, comme insigne de sa fonction, une serviette pliée sur le bras gauche de même que les serveurs et les garçons de café. Cette serviette est appelée « liteau », qui est une raie de couleur parallèle à chaque lisière du linge de maison uni.
Pour le dressage de certains mets, il est courant d’utiliser des serviettes blanches à la place des papiers gaufrés ou dentelle : « gondole » pour présenter les poissons entiers dressés sur un plat long, serviette pliée pour y glisser des toasts chauds ou y poser une bombe glacée.

Au début du XXe siècle, les jeunes filles cousent et brodent leur trousseau de mariage. Les nappes et les serviettes, souvent de grande taille, sont ornées de monogrammes ou de motifs brodés à la main. La richesse d’une demeure s’évalue alors à l’importance des piles de nappes et de serviettes.
Les serviettes contribuent au décor de table grâce à des couleurs et des motifs. De plus en plus petites, les serviettes sont même devenues jetables.
De nos jours, la serviette jetable en papier est de plus en plus utilisée tant sur le plan domestique qu’en restauration. Parallèlement, les serviettes en papier ont donné naissance à un loisir créatif : le servietage ou collage de serviettes pour décorer des objets (Voir Origami).
Seuls les grands restaurants et certaines grandes brasseries ont conservé l’usage de la serviette en tissu. Ces établissements ont encore les moyens de payer les coûts non négligeables de blanchisserie et leur remplacement dû à l’usure.
Quelques régions ont aussi conservé, par tradition, l’usage de la serviette en tissu comme c’est le cas en Bretagne.

Voir aussi Serviette sous Argot de » bouche.