Raser : v.tr. (mot venant du latin populaire °rasare, refait sur rasus, participe passé du latin classique radere).
Le verbe « raser » a de nombreuses acceptions :
I)
1. Couper (le poil) au ras de la peau (tondre).
Raser la barbe, les cheveux de quelqu’un.
Par extension : Couper le poil au ras de.
Raser les joues, le menton de quelqu’un.
Se raser la tête.
Elle s’est rasé les jambes, les aisselles.
Crème, gel, mousse à raser, que l’on passe sur la peau avant le rasoir.
Technique : Raser le drap, le velours.
Dépouiller (quelqu’un) de son poil en le rasant.
Raser quelqu’un avant une intervention chirurgicale.
Spécialement : Couper à ras les cheveux ou la barbe de (quelqu’un).
Raser un condamné ; un prêtre (tonsurer).
Coiffeur, barbier qui rase un client.
Locution plaisante : Demain on rase gratis.
Pronominal : Se raser : se faire la barbe.
2. Couper à ras (une plante).
Par extension : Citation de l’écrivain français Émile Zola (1840-1902) : « On brûlait sa chaumière, on rasait son champ ».
3. Sens familier : Ennuyer, fatiguer (spécialement par des propos oiseux) (assommer, barber, barbifier, embêter ; rasant, rasoir).
Ce professeur rase ses élèves.
Ça me rase d’aller les voir.
Pronominal : S’ennuyer.
Citation de l’écrivain français Marcel Proust (1871-1922) : « Comme vous devez vous raser ! Vous ne trouvez pas qu’on se bêtifie à rester […] sur la plage ? ».
II)
1. Abattre à ras de terre. Raser un bâtiment, une fortification, une muraille (démanteler, démolir, détruire).
Tout le quartier a été rasé par un bombardement.
Raser un immeuble.
Raser un navire, en abattre les mâts.
2. Technique : Mettre à ras, de niveau (araser).
Raser une mesure à grains, en ôter le trop-plein afin que le grain ne dépasse pas le niveau des bords.
Mettre au niveau du sol, sans remblais ni tranchées (une route, une voie de chemin de fer).
3. Chasse : Bête qui rase les oreilles, qui les rabat.
Pronominal : Bête qui se rase, qui se tapit contre terre.
III) Passer très près de (quelque chose.).
Véhicule qui rase un piéton (frôler).
L’avion rase le sol (rase-motte).
Balle qui rase le filet.
Locution : Raser les murs (pour ne pas être vu) ; sens figuré : chercher à se dissimuler (Se faire tout petit).
Citation de l’écrivain français Beaumarchais (1832-1899) : « D’abord un bruit léger, rasant le sol comme l’hirondelle avant l’orage ».
Citation de l’écrivain français Jean Giono (1895-1970) : « Un épervier passa. […] Il rasait l’herbe et il remontait en criant ».
Contraires de raser : intéresser, élever.