Bofinger (brasserie) : La brasserie Bofinger a été fondée en 1864 par l’Alsacien Frédéric Bofinger, à Paris au 5, Petite rue Saint Antoine (rebaptisée rue de la Bastille en 1877).
» La plus belle brasserie de Paris » marquera l’histoire de la capitale française. C’est en effet dans cet établissement que sera installée la première pompe à bière pression de la ville.
Cette année-là, les Parisiens découvrent chez Bofinger la bière “ à la pression ”- qui titre alors entre 18 et 25°.
Depuis l’Ancien Régime, les Alsaciens étaient venus s’installer dans le quartier Saint-Antoine afin de travailler dans la menuiserie et l’ébénisterie.
Ces artisans venaient ici pour consommer de la bière en apportant leur chope, c’était la tradition à l’époque. L’enseigne représente d’ailleurs une petite Alsacienne avec un kouglof et un petit Alsacien avec sa chope de bière et un bretzel courant de la brasserie.
À la Belle Époque, l’établissement, repris par le gendre de Bofinger, s’étend du 3 au 5 rue de la Bastille, se modernise et s’embellit. La salle de la coupole est érigée sur un ancien dépôt de charbon, et deux nouvelles salles prennent la place d’une crémerie et d’une boulangerie dont les piliers demeurent visibles.
Entre 1919 et 1921, l’architecte Legay, le décorateur Mitgen et les maîtres verriers Néret et Royé donnent à Bofinger le faste qui lui vaudront le surnom de “ plus belle brasserie de Paris ”.
À l’occasion de l’Exposition coloniale internationale de 1931, on pare les murs de ce salon de marqueteries de bois, représentant les cinq continents, une fois de jour et une fois de nuit, réalisées par Panzani. Les lustres sont l’oeuvre des Frères Müller maîtres-verriers de Lunéville.
C’est dans cette même salle, qu’en 1924, le président du parti radical, Edouard Herriot avait formé le » Cartel des Gauches. »
La Seconde Guerre Mondiale porte un coup d’arrêt au foisonnement de Bofinger.
Lorsqu’en 1968, Éric de Rothschild et Isidore Urtizverea rachètent la brasserie, les figures du Tout Paris de la politique et de l’art se pressent à nouveau chez Bofinger, où François Mitterrand viendra même célébrer son entrée à l’Élysée.
Le 13 mars 1989, Bofinger est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
A l’origine cour aveugle, qui a longtemps servi d’endroit de stockage pour du charbon. En 1919, une coupole ovale a été installée pour lui donner de la lumière et la décorer ; elle est ornée de motifs floraux et a été réalisée par les peintres-verriers Gaston Néret (verrier d’Hector Guimard) et Royé. Au centre de la salle, une desserte rehaussée d’une glycine (qui a remplacé la cigogne initiale) sépare les 32 tables les plus prisées de l’établissement.
Autour de la salle, les murs sont ornés de frises, de médaillons sur toile et de peintures représentant les villes de vin. Les hérons et les barbotines à motifs floraux dispersés dans tout l’établissement sont des céramiques de Jérôme Massier (la dynastie Massier est considérée comme fondatrice de la céramique de Vallauris).
L’escalier est à large révolution et permet une vue panoramique sur la grande salle de la coupole. Sa très belle rampe en fer battu est décorée de motifs végétaux. En montant, on peut remarquer un tableau de marqueterie de Charles Spindler représentant la cathédrale de Strasbourg (la maison alsacienne Spindler est toujours en activité).
Site internet officiel de la brasserie Bofinger à Paris
Menus et cartes de la brasserie Bofinger
