
Hôtel d’Europe à Avignon – France
La maison fut construite en 1580 par le Marquis de Graveson. Les familles de Graveson et de Forbin ont vécu dans cette luxueuse demeure donnant sur la plus belle place d’Avignon jusqu’à la Révolution française de 1789. Madame Pierron y crée son hôtel particulier et sur l’insistance de son ami Napoléon Bonaparte (1769-1821), elle lui donne le nom qu’il porte encore aujourd’hui : Hôtel d’Europe.
L’implantation dans la ville, proche du Rhône, prend toute son importance quand on réalise qu’au début du 19e siècle les voyages dits «de grand confort » se faisaient par voie fluviale, plus sûrs, sans poussière et sans les secousses dues aux chemins de l’époque. Encore aujourd’hui, la clientèle profite de l’emplacement unique de l’hôtel au cœur de la ville.
Le palais des Papes, le pont St Bénezet (le fameux pont d’Avignon) et les magasins sont à quelques pas.
L’accès par les remparts n’est situé qu’à une centaine de mètres de la porte d’entrée de l’hôtel facilitant ainsi les arrivées et départs en voiture.
De nombreuses personnalités y ont séjourné durant le XIXe siècle : la Reine Astrid d’Espagne en 1832, Victor Hugo (1802-1885) en 1839, Charles Dickens (1812-1870), le philosophe économiste anglais John Stuart Mill (1806-1873).
Dans le premier Guide Michelin, édition 1900, l’Hôtel d’Europe est le seul hôtel mentionné à Avignon. L’hôtel a ensuite été présent dans chaque édition du fameux guide.
Au début du XXe siècle, l’hôtel devient la propriété d’une famille d’aristocrates italiens, le Comte Guida. Le chef de cuisine de ces années-là recevait des Louis d’Or en guise de pourboire. Trop avare pour les dépenser, il les cachait dans sa canne qui était creuse ; ainsi lorsqu’il arpentait les rues d’Avignon, on l’entendait arriver de loin grâce au bruit que faisaient les pièces à l’intérieur de sa canne.
Artistes, acteurs de cinéma, chefs d’Etat sont venus enrichir l’historique de la maison. Picasso et Salvador Dali étaient parmi les clients fidèles de l’après guerre. Jacqueline Kennedy a choisi d’y séjourner lors de sa dernière visite en terre natale de sa famille en 1993. Les présidents de l’Inde, d’Italie, de la France ont su profiter des suites luxueuses au 3e étage. En 1996, lors du sommet franco-allemand, Monsieur Chirac, Monsieur Kohl et Monsieur Jospin ont passé la nuit dans l’Hôtel dont le nom n’a peut-être jamais été si bien porté. Beaucoup de ces personnalités ont profité de leur séjour pour découvrir ou redécouvrir le festival d’Avignon.
L’écrivain français Jean Genet (1910-1986) séjourna à l’hôtel d’Europe à de nombreuses reprises entre 1965 et 1976.
Né de père inconnu, pupille de l’Assistance publique, Jean Genet s’engage dès l’adolescence dans une existence de marginal, rebelle à toute discipline sociale. Il s’enrôle dans la Légion étrangère, déserte, vagabonde, connaît quelques aventures homosexuelles intenses, vit des expériences qui le mènent à plusieurs reprises en prison. C’est à la prison de Fresnes qu’il compose en 1942 sa première oeuvre, Le Condamné à mort, un long poème en alexandrins sur un ami guillotiné. Viennent ensuite plusieurs romans autobiographiques, de tonalité réaliste, sur le monde des bas-fonds ; transfiguré en ballet féerique et poétique par la magie d’un style qui mêle savamment le lyrisme classique et l’argot le plut cru. Notre-Dame des Fleurs (1944) évoque la vie de quelques travestis de Pigalle entre les deux guerres, Miracle de la Rose (1946) a pour cadre l’univers carcéral. Querelle de Brest (1947) est un poème prose sur la pègre des ports, Pompes funèbres (1947) fixe l’atmosphère étouffante de l’Occupation finissante à Paris.
Jean Cocteau puis Jean-Paul Sartre mettent leur prestige au service de Jean Genet qui devient vite un personnage parisien recherché. En quelques années, il est reconnu comme l’un des écrivains les plus originaux de l’après-guerre. Les Temps modernes accueillent en 1946 ses « Confessions », Journal du voleur, dont la version complète paraît en 1949.
Sensible aux arts Plastiques ou aux spectacles qui cultivent hiératisme des formes ou des attitudes (Le Funambule, 1948 ; L’Atelier d’Alberto Giacometti, 1957), il trouve au théâtre un moyen d’expression privilégié. Il y déploie son goût des tableaux saisissants. Haute Surveillance (1949) montre la prison et les passions homosexuelles ; Les Bonnes (1947, 1954, 1959), qui adapte à la scène un fait divers célèbre, le meurtre d’une bourgeoise par ses « employées de maison », est un durable succès. Le Balcon (1956, 1961 et 1962) rassemble dans une maison de rendez-vous quelques notables menacés dans leurs privilèges et figés dans leur imposture. Le jeu des masques, du théâtre dans le théâtre, le sens du cérémonial et l’attrait de la profanation cèdent le pas au thème de la protestation politique (Les Nègres, 1959 ; Les Paravents, 1961, 1966 — sur la guerre Algérie). Puis vient le temps de l’engagement sans réserve auprès des opprimés révoltés, des Black Panthers aux Palestiniens dont il rend compte dans Le Captif amoureux (1986) et dans L’Ennemi déclaré (œuvre posthume. 1991). L’oeuvre de Jean Genet —doit une partie de son succès à l’essai Sartre, Saint Genet, comédien et martyr 1952) — fait appel en même temps à la rêverie et à l’innocence, à la naïveté du primitif et à l’art consommé du grand comédien. Il entretient un rapport singulier avec les maîtres anciens et récents de la subversion, de Sade à Artaud : un rapport fondé sur le prestige culturel de la provocation lorsque la dénonciation sociale et l’exaltation de la marginalité ont pour adjuvant le plaisir des mots. Cet « écrivain maudit » obtient en 1983 le grand prix national des Lettres.
Élégance et luxe sont les maîtres mots des 39 chambres et des 5 suites de l’hôtel. Une décoration soignée avec du mobilier de style comme les magnifiques commodes et armoires anciennes. Un style d’époque associé à un grand confort. Très bien équipées, les chambres bénéficient de tous les services de l’hôtel.
Hôtel d’Europe
12, place Crillon
84000 – Avignon – France
Tél. : +33 (0) 4 90 14 76 76
Site internet l’Hôtel d’Europe
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