L’Hôtel à Paris – France

Oscar Wilde en 1882

Je me contenterai du meilleur (Oscar Wilde)

L’Hôtel à Paris – France
L’Hôtel est le nom que porte depuis 1963 un établissement hôtelier sis 13, rue des Beaux-Arts dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, l’un des quatre quartiers du 6e arrondissement de Paris.
Le bâtiment, construit en 1816, est connu pour être le lieu où Oscar Wilde (1854-1900) est mort et pour les séjours que Jorge Luis Borges (1899-1986) y a fait.
Le bâtiment est situé à l’emplacement de la résidence de Marguerite de France (1553-1615) dite « Marguerite de Valois » ou encore « la Reine Margot » (par Alexandre Dumas dans son roman éponyme).
En 1816, au-dessus de grandes caves, est construit un « pavillon d’amour » qui est ensuite rehaussé de six étages, pour constituer une maison Directoire à vocation d’hôtellerie.
En 1825, la rue des Beaux-Arts fut ouverte, sous le nom de passage des Beaux-Arts, à l’emplacement de l’hôtel de Larochefoucauld.
En 1963, un industriel du textile achète l’immeuble et confie sa rénovation à l’architecte Robin Westbrook. Au début des années 2000, les nouveaux propriétaires en confient la rénovation au décorateur Jacques Garcia. En 2013, c’est un restaurant et un hôtel 4 étoiles de vingt chambres, répertorié au registre des hébergements classés depuis le 8 août 2012.
Portant le nom d’« Hôtel d’Allemagne » puis « Hôtel d’Alsace » après la guerre franco-allemande de 1870, le bâtiment est renommé « L’Hôtel » en 1963.

La fin de la vie d’Oscar Wilde : À sa sortie de Reading, au terme de deux ans de travaux forcés, Oscar Wilde traverse la Manche pour ne plus jamais revenir en Angleterre.
La Ballade de la geôle de Reading, adressée à Alfred Douglas est son dernier livre. Il n’écrira plus que quelques lettres pour se plaindre de la canicule ou de l’affreuse solitude qui empoisonne l’air autour de lui. Reading l’a détruit et l’alcool se charge d’achever la caricature de celui qu’il fut. Wilde n’est plus.
Seul survit à Paris, à l’hôtel d’Alsace, rue des Beaux-arts, un esthète ravagé, dissimulant sa présence, comme ses dents abîmées par sa main, sous un nom d’emprunt : Sebastian Melmoth. Ceux qui ne l’ont pas oublié le fuient. Souvent insolvable, le propriétaire de l’hôtel lui fait grâce de ses reproches et ferme les yeux sur les mœurs dépravées que laissent présager les allées et venues de jeunes gens de mauvaise vie. Proust lui rend visite sans se faire voir et sans le faire savoir.
La source de la création tarie, il ne reste que l’usage des corps… « Comme il est horrible d’acheter l’amour, comme il est horrible de le vendre, et pourtant que d’instants merveilleux on peut ainsi soustraire à cette lente machine appelée Temps », confie-t-il par lettre. Mais la nécessité physique de débauche qui anime ses journées et ses nuits parisiennes s’accompagne d’une aspiration à la purification ; bénédictions papales à Rome, baptême catholique in extremis suivi des derniers sacrements, dans la chambre d’hôtel du débauché : l’ultime Ostie sur le lit des orgies.
Reggie Turner et Robbie Ross, ses deux amants les plus fidèles, sont présents, parrains de ses derniers instants. Ils ont engagé une infirmière et le médecin passe chaque jour constater l’évolution de sa méningite. Ne pouvant payer ses soins, Wilde-Melmoth leur dira avant d’entrer en agonie à quarante-quatre ans : « Je meurs comme j’ai vécu au-dessus de mes moyens ».
Oscar Wilde (de son vrai nom Oscar Fingal O’Flahertie Wills) est un écrivain et poète d’origine irlandaise il est né à Dublin le 6 octobre 1854 et décédé à Paris le 30 novembre 1900.
Fils cadet d’un chirurgien réputé et d’une mère qui tenait un salon littéraire, il étudie à Dublin (Trinity Collège) puis à Oxford (Magdalen Collège), où il fait de brillantes études classiques et remporte le prix Newdigate de poésie en 1878. Très tôt, il est influencé par la poésie de Swinburne, les études de Ruskin et de Pater sur l’art, tandis qu’il voyage en Italie et en Grèce. Dans la société londonienne, il se distingue par ses goûts d’esthète, le brio de sa conversation et ses manières provocatrices. La réception de ses Poèmes (Poems, 1881) est mitigée. Après une tournée de conférences aux États-Unis en 1883 où il rencontre Walt Whitman et Henry James, il épouse Constance Lloyd en 1884, avec laquelle il aura deux enfants. Collaborateur à la Pall Mall Gazette et rédacteur en chef de The Woman’s World, il publie Le Prince heureux et Autres Contes (The Happy Prince, and Other Tales, 1888), inspiré des contes de fées allemands, où apparaît son goût pour le merveilleux et la préciosité : Pater devait en louer « la beauté et la tendresse ». Dans ses essais Le Déclin du mensonge (1889) et Le Critique comme artiste (1890), il revendique l’autonomie de l’œuvre d’art par rapport à la moralité et à la société. Son intérêt pour l’art du costume, le théâtre et la peinture apparaît dans sa nouvelle Le Portrait de Mr. W. H. (1889), qui propose une interprétation fictive du mystérieux dédicataire des Sonnets de Shakespeare. En 1890, il commence à publier Le Portrait de Dorian Gray dans le Lippincott’s Monthly Magazine, avant de l’étoffer pour la publication en roman (The Picture of Dorian Gray, 1891). Cet unique roman d’inspiration fantastique est un chef-d’œuvre de l’esthétique décadente, où le raffinement côtoie le sordide, et où la figure du peintre assassiné est un portrait prophétique de l’artiste. La même année, il rencontre le jeune Lord Alfred Douglas, qui devient son amant. Il publie Intentions (1891), un recueil d’essais, et Le Crime de Lord Arthur Savile et Autres Histoires (Lord Arthur Savile’s Crime and Other Tales, 1891). À Paris, il rencontre Stéphane Mallarmé et côtoie les symbolistes. Oscar Wilde connaît le succès au théâtre avec les comédies brillantes et remplies d’aphorismes que sont L’Éventail de Lady Windermere (Lady Windermere’s Fan, 1892), Une femme sans importance (A Woman of No Importance, 1893), et L’importance d’être constant (The Importance of Being Earnest, 1895), mais Salomé (1891-1893), interdite en Angleterre, devra être jouée à Paris, au théâtre de l’Œuvre (1896). Au marquis de Queensberry qui dénonçait sa relation avec son fils, Oscar Wilde intente un procès qu’il perd en 1895 : il est condamné à deux ans de travaux forcés.
C’est depuis la prison de Reading qu’il compose La Ballade de la geôle de Reading (The Ballad of the Reading Gaol, 1898) et sa lettre à Lord Alfred Douglas, De profundis (1905). Sa vie est désormais brisée. Sorti de prison en 1897, il voyage entre l’Italie (Rome, Naples, Palerme) et Paris, où il mène une vie errante et oisive. Il sort avec ses amis ou fréquente de jeunes hommes prostitués à Paris. Commence alors une période de déchéance dont il ne sortira pas et, malgré l’aide de ses amis qui lui prêtent de l’argent (ses revenus littéraires étant devenus insuffisants), notamment André Gide et le critique d’art Robert Ross, il finit ses jours dans la solitude et la misère. Oscar Wilde meurt probablement d’une méningite, âgé de 46 ans, en exil volontaire à Paris, le 30 novembre 1900.
Plusieurs causes de cette mort ont été données par ses biographes : méningite consécutive à sa syphilis chronique (cependant il n’en a jamais montré de symptômes); consécutive à une opération chirurgicale, peut-être une mastoïdectomie selon Merlin Holland, unique petit-fils d’Oscar Wilde ; les médecins de Wilde, Dr Paul Cleiss et Tucker A’Court, pensent que cette inflammation des méninges est la conséquence d’une « ancienne suppuration de l’oreille droite d’ailleurs en traitement depuis plusieurs années ».
Le propriétaire de l’hôtel d’Alsace est alors Jean Dupoirier qui se montre patient pour les impayés de son client : « Ce cher Monsieur Melmoth, il en raconte des histoires… et toujours un mot aimable… ».
Le 10 octobre 1900, l’écrivain fut opéré à l’oreille par le chirurgien Cleiss dans sa chambre de l’hôtel d’Alsace.
Oscar Wilde mourut dans sa chambre d’hôtel le vendredi 30 novembre 1900 « exactement à 2 heures moins dix de l’après-midi ». L’écrivain fut photographié sur son lit de mort par son ami Maurice Gilbert, ce qui permet de se faire une idée du papier peint.
Le 28 octobre 1900, il s’était converti au catholicisme. Il reçut le baptême catholique et l’extrême onction ; le père Cuthbert Dunne, prêtre catholique anglophone, se déplaça dans la chambre d’hôtel pour cela : le malade ne pouvait déjà plus parler et donna son accord par geste.
À cette occasion, la tradition voulant que l’on offre une coupe de champagne à un adulte qui se convertissait, il aurait eu ce mot « Je meurs comme j’ai vécu, largement au-dessus de mes moyens ». Ses derniers mots, dans une chambre d’hôtel au décor miteux (Hôtel d’Alsace, 13 rue des Beaux-arts à Paris, devenu aujourd’hui L’Hôtel  auraient été : « Ou c’est ce papier peint qui disparaît, ou c’est moi ».
Le lundi 3 décembre 1900, le corbillard partit de l’hôtel d’Alsace pour l’église Saint-Germain-des-Prés où ce catholique in extremis eut droit à une cérémonie avant d’être inhumé au cimetière parisien de Bagneux. On remarqua la couronne des Dupoirier portant l’inscription À notre locataire.
La dernière note d’hôtel a été pieusement conservée : établie le 2 Xbre (décembre) 1900 par J. Dupoirier (Hôtel d’Alsace, « appartements & chambres meublés »), elle s’élevait à 2 068 francs. Robert Ross tint à régler cette note au si bon Jean Dupoirier en 1902, dès qu’il eut un peu rétabli les affaires (posthumes) de l’écrivain.
Guy-Louis Duboucheron, propriétaire de L’Hôtel, l’écrivain Jacques de Ricaumont et la princesse Maria Pia de Savoie présidente de l’Association des amis d’Oscar Wilde, ont créé le Prix Oscar Wilde remis par le Cercle Oscar Wilde lors de la réouverture de l’établissement en 2000.
Après une inhumation au cimetière de Bagneux, ses restes sont transférés en 1909 au cimetière du Père-Lachaise, division 89, à Paris. Son tombeau surmonté d’un monument représentant un sphinx ailé allégorique dont le visage est celui du dramaturge (allusion au poème La Sphinge de Wilde), a été sculpté par l’artiste expressionniste Sir Jacob Epstein en 1912. Il abrite les cendres de Robert Ross depuis 1950. Classé monument historique en 1997, il est restauré en 2011 (à l’exception du sexe du sphinx qui aurait été amputé par un vandale en 1961, remplacé par une prothèse en argent sur une idée de l’artiste Leon Johnson en 2000) grâce à la famille d’Oscar Wilde et le gouvernement irlandais. Des vitres plastiques de deux mètres de hauteur ont été apposées sur les parois de pierre pour empêcher que ses admirateurs ne s’approchent et déposent le traditionnel baiser sur ce haut-lieu du romantisme, le monument étant couvert de rouge à lèvres depuis le début des années 1990.
Souvent caricaturé et vilipendé en son temps, mais apprécié en France, Oscar Wilde a laissé une œuvre foisonnante et originale, tant sur le plan de la création que de la critique, qui en fait l’un des esprits les plus brillants et subtils du XIXe s. anglais.

Aujourd’hui, l’hôtel d’Alsace rénové n’est plus « d’Alsace ». C’est l’un des hôtels les plus luxueux et exclusifs de Paris, « L’hôtel » à Saint-Germain-des-Prés, fut la dernière résidence de l’écrivain irlandais Oscar Wild. Ainsi, tout le décor et l’ambiance du lieu sont inspirés de la vie artistique et décorative de l’époque. Les lourds rideaux dans les chambres, les tapis de velours, les tissus d’ameublement, les tentures qui donnent de la texture aux murs, et en particulier les vues magnifiques sur la rue des Beaux-arts et des jardins intérieurs du site permettent de faire voyager tous les clients à travers le temps, profitant du charme magique de la Belle Epoque à Paris.
Aucune chambre ne se ressemble, chacune est décorée d’une manière, en tenant compte de chaque détail pour garder le sentiment d’être à Paris dans les années 1900, en étant dans une chambre authentique et bien inspirée de l’époque. De plus, le bar est transformé en bibliothèque, où le mobilier du restaurant est agencé avec les salons parisiens, ce qui fait de cet hôtel 4 étoiles parisien un hôtel de rêve. Même la piscine intérieure est de style hammam, ce qui offre une expérience intime à chaque client, vous pouvez aussi l’utiliser seul en réservant l’exclusivité à la réception.
Et il n’est pas nécessaire d’être un hôte pour le visiter. Chaque lundi, “L’hôtel” ouvre ses portes au public pour offrir à partir de 20h30 un spectacle de jeunes talents musicaux tout en dégustant les fameux cocktails de l’hôtel.
Dehors, sur la façade, une plaque commémore la date de la mort d’Oscar Wilde, en 1900. Une autre apprend au passant que l’écrivain argentin Jorge Luis Borges y descendit plusieurs années, après 1950. Une troisième sera peut-être apposée un jour, qui l’instruira des années qu’y vécut l’écrivain Emil Cioran (1911-1995) lorsqu’il décida en 1941 de ne pas rentrer en Roumanie. Il est vraisemblable qu’au moins une partie du Précis de décomposition a été écrit ici, et le titre, si l’on songe à l’état de Wilde dans ces murs, semble avoir été soufflé par son esprit frappeur d’aphorisme.
De nombreux écrivains, dont deux irlandais, fréquentent de nos jours cet hôtel mythique, parmi eux :
Salman Rushdie, l’auteur des Versets sataniques publiés en 1988. Sir Ahmed Salman Rushdie est essayiste et romancier britannique d’origine indienne, né à Bombay le 19 juin 1947. Son style narratif, mêlant mythe et fantaisie avec la vie réelle, a été qualifié de réalisme magique. Objet d’une fatwa de l’ayatollah Khomeiny, il est devenu un symbole de la lutte pour la liberté d’expression et contre l’obscurantisme religieux.
– L’écrivain irlandais John Banville né en 1945 à Wexford, Irlande. Il est journaliste et écrivain irlandais qui vit actuellement à Dublin. Il est considéré comme l’un des auteurs vivants les plus importants de langue anglaise. Il est lauréat d’un prix Booker.
Il écrit exclusivement en anglais, surtout de la prose et des critiques littéraires. Il rédige en particulier la section littéraire du Irish Times.
Connu pour son style précis, que certains qualifieraient de froid, son ingéniosité et son humour évoquent Nabokov. Il a fait également une incursion dans le roman noir sous le pseudonyme de Benjamin Black. Son roman Doctor Copernicus a obtenu le James Tait Black Memorial Prize en 1976 et son roman The Untouchable (1997) s’inspire de la vie de l’espion Anthony Blunt.
Colm Tóibín (en anglais Tobin) qui est un romancier et un journaliste irlandais né en 1955 à Enniscorthy, Comté de Wexford. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de fiction et d’essais, tout comme il contribue à des journaux et des revues. Il a obtenu le prix E. M. Forster, en 1995, de l’American Academy of Arts and Letters. Il est membre d’Aosdána, une organisation irlandaise de promotions des arts.
– Jorge Luis Borges (1899-1986) s’y serait installé pour traduire en espagnol Le Prince heureux et autres contes, précisément parce qu’Oscar Wilde y était mort.
Autres occupants célèbres : Vanessa Paradis et Johnny Depp y auraient séjourné, ainsi que Jim Morrison, Mistinguett et Jean Cocteau, Ava Gardner, Grace de Monaco, Liza Minnelli, Salvador Dalí, Nathalie Wood, Annie Leibovitz, Monica Bellucci, Susan Sontag.

L’Hôtel
13, rue des Beaux-arts
75006 – Paris – France
Tél. : +33 (0) 1 44 41 99 00

Site internet de L’Hôtel

Achetez ici et au meilleur prix les livres d’Oscar Wilde, dont le magnifique « Portrait de Dorian Gray »  :