AOC/AOP

AOC/AOP : L’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) est le système de classification des vins français mis en place en 1935 (*). L’appellation d’origine constitue un signe d’identification de la qualité et de l’origine.
Il est reconnu :

  • en France depuis 1905 ;
  • depuis 1958 sur le plan international (dans le cadre de l’Arrangement de Lisbonne) ;
  • depuis 1992 au niveau européen sous le vocable AOP (appellation d’origine protégée).

Depuis août 2009 et l’adoption de la réglementation européenne sur les vins, les AOC sont officiellement devenues AOP. La reconnaissance d’une AOC en France est une étape préalable à sa reconnaissance finale au niveau européen en tant qu’AOP (Appellation d’Origine Protégée). En cas de refus d’enregistrement en AOP, le produit perd le bénéfice de l’AOC.
La France possède aujourd’hui quelques 470 AOC/AOP composant les deux tiers du vignoble et produisant 3,3 milliards de bouteilles pour un chiffre d’affaires de près de 16 milliards d’euros. C’est le premier solde du commerce extérieur agroalimentaire français.
(*) Au XXe siècle, la France est le premier pays à avoir reconnu dans sa réglementation, avec les Appellations d’Origine Contrôlée (AOC), la notion d’origine comme signe de qualité. Les vins ont été les premiers produits reconnus comme AOC.

Les AOC avant 2009

L’appellation d’origine contrôlée désigne un vin originaire d’une région ou d’un lieu déterminé dont les caractéristiques sont dues essentiellement à ce milieu géographique. Elle résulte de la combinaison d’une production et d’un terroir qui s’exprime par le savoir faire des vignerons. La production est soumise à des procédures d’agrément comportant :

  • une habilitation des opérateurs,
  • un contrôle des conditions de production,
  • un contrôle du vin lui même.

La reconnaissance d’une AOC est proposée par l’INAO (Institut National des Appellations) aux pouvoirs publics après avis de l’organisme de défense et de gestion, qui représente et rassemble les opérateurs de la filière du vin. L’AOC concrétise essentiellement la notion de terroir. Pour faire simple, l’AOC offre cinq garanties :

1/ L’aire de production est délimitée géographiquement à l’intérieur d’une région vinicole selon des critères de tradition, mais aussi d’après des facteurs géologiques, pédologiques, liés au terroir.
2/ Les cépages sont sélectionnés pour faire le meilleur vin sur un terroir précis, en fonction des conditions climatiques.
3/ Le rendement à l’hectare est fixé par décret. Un rendement maximal qui, en aucun cas, ne peut dépasser cette norme. On parle en hectolitres par hectare (hl/ha). Est également règlementée, la façon de cultiver et d’entretenir la vigne.
4/ Le degré d’alcool minima, en dehors, bien entendu, de toute addition de sucre.
5/ Les procédés de culture et de vinification, avec le souci de conserver les pratiques traditionnelles de vinification.
A cela s’ajoute une dégustation d’échantillons conduisant au certificat d’agrément. Les premiers décrets de classement en AOC datent de 1936 (Arbois, Cassis, Tavel, Monbazillac).

Attention : Une AOC est une garantie d’origine et de tradition. Elle n’apporte aucune assurance gustative. Un vin d’AOC ne présente pas obligatoirement un meilleur goût qu’un autre. Par contre, il apporte une typicité, c’est-à-dire ce qui est typique, ce qui est similaire aux autres crus de la zone d’appellation. Ce système logique mais très complexe n’est toujours pas bien compris par les consommateurs.

Les AOC/AOP après 2009 : Les producteurs de chaque AOP, par le biais de leur syndicat, ont créé un Organisme de Défense et de Gestion (ODG) qui a été chargé de la réécriture d’un cahier des charges de l’AOP. D’autre part, ils ont mis en place un Organisme d’Inspection (OI), indépendant du précédent et chargé de veiller à l’application de ce cahier des charges. Sa mise en place a été suivie par des réunions tripartites entre l’INAO, les ODG (organismes de gestion) et les OI (organismes d’inspection).
La production en AOP, en s’imposant plus de contraintes (comprenant l’ensemble du cycle de production allant de la culture de la vigne à la mise en bouteille, en passant par la vinification et l’élevage) et en acceptant de financer un processus de contrôle indépendant, renforce ainsi son caractère élitiste.
Enfin, pour pouvoir prétendre à mentionner sur l’étiquette une AOP, il faut dorénavant que le vin ait été vinifié et embouteillé sur l’aire d’AOP délimitée dans le cahier des charges. D’autre part, un nombre important d’AOP ont pris des positions claires sur plusieurs sujets majeurs.
Ainsi, 156 AOP/AOC se sont totalement interdit le recours aux copeaux, 81 ont interdit les charbons pour la clarification, une trentaine ont totalement interdit la chaptalisation, dont une dizaine ont également interdit l’enrichissement au MCR (moûts concentrés rectifiés).
Quelques appellations comme Bandol et le Sancerrois ont gardé la dégustation systématique, mais elle a été rapprochée le plus près possible de la commercialisation, tandis que d’autres, comme Pomerol, les grandes appellations de Bourgogne et encore Bandol, ont réaffirmé ou officialisé l’obligation d’élevage dans l’aire d’appellation.

Alors que la majorité des cahiers de charges des AOP ont été validés pour l’INAO, s’est maintenant ouvert le chantier du dossier lien au terroir qui doit compléter chaque cahier des charges avant d’être présenté pour validation à Bruxelles. La Commission européenne a jusqu’au 31 décembre 2014 pour valider ou non les dossiers déposés.

L’article 59 de la nouvelle OCM (Organisation commune de marché) précise que les produits commercialisés dans la communauté européenne ou destinés à l’exportation doivent obligatoirement comporter :
– les termes : Appellation d’origine contrôlée (AOC) ou  Indication géographique protégée (AOP),
– la dénomination de l’Appellation d’origine protégée ou de l’Indication géographique protégée, et ce, pour les vins bénéficiant d’une Appellation d’origine protégée ou d’une Indication géographique protégée.
Ce même article prévoit que par dérogation les termes Appellation d’origine protégée et Indication géographique protégée peuvent être omis lorsqu’une mention traditionnelle (article 54) figure sur l’étiquette.
Pour la France, la mention AOP peut être omise si figure sur l’étiquette une des mentions suivantes : Appellation d’origine contrôlée (AOC),  Appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure (AO-VDQS) ou Vin doux naturel (VDN).

En conclusion, les dispositions de l’OCM en matière d’étiquetage de la mention AOP/IGP sont celles qui prévalent. Cependant dans l’attente de parution d’un décret français, il est préconisé d’utiliser le nom de l’appellation (ex : Corbières, Gaillac, Madiran…) suivie de la mention Appellation d’origine contrôlée (AOC).