Farine de méteil

Farine de méteil : Autrefois, le méteil, comme la majorité des céréales à l’époque, était moulu pour obtenir de la farine, qui servait notamment à faire du pain, base de l’alimentation. La farine de froment pouvait également permettre de confectionner une bouillie nourrissante, mais la farine de méteil, comme la farine de seigle, était peu appropriée pour cet usage. Les caractéristiques du pain de méteil sont intermédiaires entre celles du pain blanc, fait à partir du froment, et celles du pain de seigle, à l’odeur plus marquée. Son prix était donc inférieur à celui du pain blanc, fixé en 1766 aux deux tiers du prix de celui-ci, quand la livre de pain de seigle valait la moitié d’une livre de pain de froment. Il faut toutefois prendre avec précaution le terme de pain de méteil employé à l’époque, puisque les boulangers nommaient, par extension, le pain obtenu à partir de farines inférieures de froment.
Dans son ouvrage, Avis aux bonnes ménagères des villes et des campagnes, sur la meilleure manière de faire leur pain, Antoine Augustin Parmentier décrit le pain de méteil comme « bon, savoureux et très nourrissant : il participe des deux grains farineux les plus propres à nourrir les Européens ».
Aujourd’hui, les détracteurs de la culture du méteil lui reprochent à l’époque la différence de date de maturité des grains l’été, ou de donner une farine inégale. Toutefois, il semble, selon d’autres spécialistes, que l’on puisse trouver une date de récolte intermédiaire, en fin de période de récolte du seigle et au tout début de la période de récolte du blé, à laquelle les deux espèces présentent une maturité satisfaisante. Le problème de la farine est peu à peu atténué par le développement de la mouture économique.