Palmier de Palmyre

Palmier de Palmyre : Le palmier de Palmyre (famille des Arécacées – Nom botanique : Borassus flabellifer L.), aussi appelé rônier ou palmier rônier (parfois palmier à sucre mais d’autres espèces portent aussi ce nom, principalement Arenga pinnata), un arbre tropical de la famille des Arécacées souvent cultivé en Asie du Sud et du Sud-Est à diverses fins et notamment pour la production de sucre.Le palmier à sucre est un palmier de grande taille, pouvant atteindre 35 mètres de haut avec un stipe de 60 cm de diamètre. Ce dernier est couronné par un bouquet 25 à 40 feuilles costa-palmées. Le pétiole de 60 cm à 1,2 mètre est armé d’épines irrégulières.
C’est comme toutes les espèces du genre Borassus, une plante dioïque.
Les longues inflorescences mâles en spadices recourbés (de 90-150 cm de long), portent de petites fleurs composées de 3 sépales, 3 pétales et de 6 étamines ainsi qu’un pistil dégénéré. Les pieds femelles portent des épis courts de fleurs femelles composées 3 sépales, 3 pétales, 6-9 staminodes et un ovaire globuleux. La floraison s’étale de novembre à fin juin.
Il commence à fleurir vers l’âge de 20 ans. Il peut vivre plus d’une centaine d’années.
Les fruits sont des drupes fibreuses, de 10-20 cm de diamètre environ, ovoïdes, de couleur vert marron, groupées en grappes serrées. Ils comportent 3 noyaux (pyrènes) de 6-7 mm, noirs.
Cette espèce est originaire du sud de l’Inde et du Sud-Est asiatique (Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos, Vietnam, Indonésie).
Dans ces régions, ce palmier est aussi cultivé pour sa production de sucre mais c’est dans le sud de l’Inde (en particulier dans les états du Kerala et du Tamil Nadu) et le nord du Sri Lanka que cette culture est la plus importante. C’est en nombre d’arbres, le troisième palmier cultivé après le cocotier (Cocos nucifera) et le palmier à huile (Elaeis guineensis). Toutefois, sa culture ne cesse de reculer en raison de la concurrence du cocotiers ou d’autres cultures plus rentables.
Le palmier de Palmyre est aussi cultivé à titre ornemental dans plusieurs régions tropicales. Il a ainsi été introduit aux États-Unis (Floride, Hawaï). Des sujets peuvent être admirés au jardin botanique de Pamplemousses à Maurice.
La méthode généralement utilisée consiste à pratiquer des incisions sur les spadices (inflorescences) mâles ou femelles, puis à recueillir la sève qui s’en écoule dans des récipients fabriqués avec des tiges de bambous au Cambodge ou en Thaïlande et des jarres en Inde. L’inflorescence laisse couler sa sève pendant un mois et demi. La sève doit être récoltée rapidement pour éviter qu’elle ne fermente. Un palmier à sucre peut produire de 10 à 20 litres de sève par jour pendant la période de production qui peut durer cinq à six mois. La récolte s’étale de décembre à mai. En Inde du Sud, elle est effectuée par des grimpeurs Nadar. Les Nadars forment une caste qui au XIXe siècle était principalement impliquée dans la culture des palmiers de Palmyre.
Cette sève, qui contient de l’ordre de 15 % de sucre, peut être consommée fraîche, comme une boisson nourrissante car outre le sucre (saccharose), elle apporte des protéines et des sels minéraux. Le sirop de palmier peut être vendu frais sur les marchés. Mis à fermenter, il permet de produire du vin de palme (ou toddy hindi, et par distillation de ce dernier de l’alcool.
La cuisson du jus de palme donne une pâte dure ou semi-solide, formée de saccharose et de mélasse. Une fois refroidi, il donne un pain de sucre non raffiné ou jaggery. Si on extrait le saccharose par centrifugation, on obtient un sucre raffiné qui est mis en sachets pour la vente. La mélasse est fermentée puis distiller pour produire de l’alcool. La vente du sucre de palme en sachet s’industrialise lentement au Cambodge, en Thaïlande ou en Indonésie.
Avant l’arrivée de la canne à sucre, importée par les colons, le sucre de palme était la seule source de sucre de ces régions. Dans les années 1950, il était produit environ 50 000 tonnes de sucre de palme par an, au Cambodge. Dans le sud de l’Inde, le sucre de palme est encore exploité pour l’usage local ou pour l’exportation vers les restaurants indiens du monde entier.
Les fruits ovoïdes et fibreux du palmier de Palmyre contiennent trois noyaux de consistance gélatineuse. Accommodée avec un sirop de sucre de palme (ou avec un jus de coco), cette chair gélatineuse constitue un excellent dessert rafraîchissant, appelé localement nungu en tamil.
Les pousses du palmier de Palmyre sont comestibles. De la forme d’une ogive, elles sont très prisées en Inde pour leur richesse en féculents. Jusqu’à récemment, l’amidon des pousses constituait la base de l’alimentation de certaines castes.
En Asie du Sud et du Sud-Est, les feuilles de palmier ont longtemps servi de support d’écriture. En Inde, au Sri Lanka et en Birmanie, les palmiers les plus souvent employés sont le palmier de Palmyre (Borassus flabellifer) et le tallipot (Corypha umbraculifera). Les feuilles de Borassus prélevées sont séchées au soleil avant d’être mises à tremper dans de l’eau jusqu’à ce qu’une odeur de pourriture apparaisse. Elles sont ensuite séchées à l’ombre partielle puis découpées en bandelettes, en général de 34 cm sur 5 cm. Une autre technique consiste à les immerger trois jours dans de la boue ou de la chaux, à les sécher puis à les tremper dans une décoction de fruits de Murraya exotica pour les protéger des attaques de termites et de champignons. Le traitement des feuilles de Corypha est différent.
Les feuillets sont reliés en liasses grâce à une cordelette passée dans un trou fait au préalable. Les inscriptions se font en écorchant la cuticule de la feuille avec un stylet métallique4. Pour prévenir les attaques d’insectes, les feuillets sont régulièrement enduits de poudre de curcuma.
En général, les feuillets de Corypha umbraculifera sont plus larges et de qualité supérieure à celles du Borassus flabellifer. En conséquence, la majorité des anciens manuscrits ayant survécus à l’humidité tropicale sont sur feuilles de Corypha.
On désigne en français ces feuillets employés pour l’écriture des manuscrits de l’Inde et des pays indianisés du Sud-Est asiatique, par le terme de ôle ou olle depuis la fin du XVIIe siècle, par emprunt au tamoul ölei signifiant « feuille ».
En Inde, les inscriptions sanscrites sur feuilles de palmier remonteraient à l’antiquité. Au Kerala, les feuilles de palmier de Palmyre et de tallipot ont été abondamment utilisées pour écrire les horoscopes et les textes ayurvédiques et religieux. La Bibliothèque des Manuscrits et l’Institut de recherche orientale de l’université du Kerala (à Thiruvananthapuram) ont une collection de plus de 70 000 feuillets de palmier manuscrits, certains vieux de 500 ans.
Avant le milieu du XVIIIe siècle, les manuscrits concernaient la religion et l’ayurveda. Après cette date, ils servaient aussi comme documents administratifs. De nos jours au Kerala (Padmakumar et al. 2003), les feuillets de palmier continuent à être utilisés par les astrologues pour inscrire leurs horoscopes. Dans certaines localités, les jeunes enfants hindous apprennent à tracer leur premier alphabet sur ces feuillets de palme.
Au Cambodge, de nombreux textes anciens datant de l’époque de l’Empire khmer (du IXe au XIIIe siècle) sont écrits sur feuilles de palme.
En Malaisie, la feuille de lontar (Borassus) fut utilisée du XIIIe au XVIIe siècle pour tous les travaux d’écriture. En Indonésie, la feuille de lontar, a longtemps servi de support à l’écriture, notamment à Bali, à Java et dans le sud de Sulawesi (où il a donné son nom à l’alphabet lontara des Bugis).
Voir Rônier.