Plantain (plante)

Plantain : Le plantain lancéolé, ou plantain étroit ou « herbe à cinq coutures ou à cinq côtes » est une plante herbacée vivace de la famille des Plantaginacées (Nom botanique : Plantago lanceolata).
Le plantain était utilisé en premier lieu contre toutes les maladies des organes respiratoires et tout particulièrement en cas d’engorgement des poumons, de toux, de coqueluche, d’asthme pulmonaire, même en cas de tuberculose pulmonaire. L’abbé suisse Kuenzle, médecin de la nature, connaisseur de la force thérapeutique des plantes, écrit que le plantain est utilisé, quelle que soit l’espèce, avec la racine, la plante avec les feuilles, la fleur et les graines. Il purifie comme aucune autre plante ne peut le faire le sang, les poumons et l’estomac et est indiqué pour cette raison aux personnes anémiques ou dont le sang est de mauvaise qualité, dont les poumons et les reins sont faibles, qui sont de pâleur maladive, qui ont des exanthèmes, des dartres ou qui toussotent, qui sont enroués, et restent maigres comme des clous même si on les gave comme des oies.
Le plantain s’utilise par infusion (1 cuillerée à café bombée de feuilles avec 1/4 de litre d’eau, laisser infuser brièvement), par cataplasme de feuilles broyées ou par sirop.
Usage alimentaire : Les jeunes feuilles se mangent crues. Elles ont un goût de champignon. Les feuilles plus âgées se consomment cuites.
Légende sur la plante plantain : Selon deux récits de haute Bretagne, rapportés par Lucie De V.-H., Revue des Traditions Populaires – R.T.P., T. 15-1900, pp. 336-337
Un tailleur de Ruca avait vendu son âme au diable, à la condition que pendant dix années Satan le comblerait des biens de ce monde. À ce pacte il n’avait mis qu’une restriction, c’est que, s’il présentait à la place de son âme une couture si finement faite que les yeux du diable ne pussent la distinguer, non seulement il serait libéré, mais encore il aurait la possession entière des biens dont il ne devait jouir que dix ans. Le diable, qui est un malin, se croyait certain de découvrir n’importe quelle fine couture et sans hésiter il accepta le marché. Pendant dix ans le tailleur vécut comme un gros Monsieur, mais subitement il devint triste ; l’heure approchait de payer son marché et il n’imaginait pas de couture assez mince, assez fine pour tromper le diable. Désolé, il eut recours aux Fées qui étaient nombreuses à Ruca et l’une d’elle entendit sa plainte. Elle, lui promit de lui venir en aide, et comme il savait que -si le diable est malin, les fées le sont encore davantage-, le pauvre tailleur s’en alla tout joyeux. Au jour convenu, il revint et la bonne fée prenant quelques brins d’herbe les assembla par une couture si fine que le diable ne put jamais la découvrir. Le tailleur fut sauvé et notre pays fut doté de « l’herbe à cinq coutures ».
Un seigneur, riche comme le monde, avait fait bannir dans tous ses états qu’il épouserait la jeune fille qui lui apporterait la couture la plus fine et la mieux exécutée, et encore faudrait-il que cette couture fut faite devant lui afin qu’il put s’assurer qu’il n’y aurait pas de tromperies. Vous pensez si toutes les filles du pays mirent leur aiguille en mouvement, une seule, ne faisait rien que pleurer à longueur de journées. Elle aimait le seigneur et se disait qu’étant la plus maladroite du pays, elle n’arriverait jamais au bonheur rêvé d’être sa femme !… Un soir qu’elle se promenait bien triste dans la lande, elle vit un lutin qui la regardait en souriant. Elle eut peur et voulut fuir, mais ce lutin était un bon lutin, qui la rassura en lui disant qu’il connaissait sa peine et voulait lui venir en aide. « Prends cette aiguille ; quand tu seras devant ton seigneur, demande des brins d’herbe, couds-les ensemble aussi fortement aussi solidement que tu voudrais coudre au tien, le cœur de celui que tu aimes (textuel) et ne t’inquiète pas du reste ». La jeune fille n’en croyait pas ses oreilles, mais la petite aiguille qu’elle avait à la main la rassura, et confiante en la parole du bon lutin, elle attendit le jour de l’épreuve. Enfin ce jour tout à la fois désiré et redouté arriva ; chacune des jeunes filles apporta au château les plus fines toiles de chanvre et de lin, il y avait des coutures merveilleuses, la nôtre, elle, n’avait pour tout bagage que son cœur tout rempli d’amour et ses jolis yeux rieurs (textuel). Surpris, le seigneur lui demanda où était la couture commencée. « Je n’ai rien apporté, mais si vous voulez cueillir quelques brins d’herbe et me les donner, j’en ferai une couture si fine et si solide que vous ne saurez jamais la défaire. ». Les amis du prince la croyaient folle, mais lui, la jugeant la plus jolie, accéda à son désir et vite elle assembla cinq brins d’herbe et en fit cette herbe à cinq coutures que nous voyons partout. Bien entendu, elle épousa le Seigneur qui fit planter l’herbe cousue par sa femme, cette herbe prit racine et se multiplia.
Si jamais vous voulez vous faire aimer de qui ne vous aime guère, faites toucher à cette personne une herbe à cinq coutures, puis dévotement portez-la à votre cou, vous êtes assuré d’avoir vite l’affection que vous souhaitez.

Plantain